
Encore un peu de patience, à vous qui attendez le dénouement : le 19 juillet n’est plus très loin. Mais oui, ça semble long, très long, pour celles et ceux qui, même un jour de match des Diables, ne parviennent pas à s’enthousiasmer pour le Mondial, et qui sont dépités quand, à l’heure de l’apéro (prolongé) ou du dîner entre amis, les écrans de téléphone ou les écrans géants sont au centre de la soirée, et que les rires et les verres qui trinquent sont remplacés par des cris (de joie ou non) et des gobelets de bière jetés en l’air.
Vous avez l’impression de ne plus faire partie du groupe, d’être en minorité, voire d’être seul à déplorer que toutes les interactions sociales tournent autour du football, qui vous est un peu étranger. Pourtant, vous n’êtes pas un cas isolé, nous assure Audrey Van Ouytsel, docteure en sociologie et professeure à l’UCLouvain. « Pendant la Coupe du monde, on a parfois l’impression que la maison ne tourne plus qu’autour d’un seul sujet : le football. Les repas s’organisent en fonction des matchs, les conversations aussi, et certains deviennent soudain des sélectionneurs professionnels depuis leur canapé ! En sociologie, on explique cela très simplement : lorsqu’un événement rassemble des millions de personnes autour d’une même passion, il finit par influencer notre façon de vivre. »
Ces phénomènes collectifs s’imposent un peu à tous. « Et la Coupe du monde en est un bon exemple. D’abord parce que le football crée un sentiment d’appartenance. On ne soutient pas seulement une équipe : on partage une émotion avec des milliers d’autres personnes. Quand les Diables rouges gagnent, beaucoup disent spontanément : “On a gagné !” C’est le signe qu’on se sent membre d’un même groupe. Autre élément intéressant : les matchs deviennent de véritables rituels. On retrouve les mêmes amis, on porte parfois le même maillot, on mange les mêmes choses, on vit les mêmes émotions. Ces habitudes renforcent le sentiment d’être ensemble », analyse la sociologue.

Mais comment faire lorsqu’on se fiche du football, Coupe du monde ou pas ? Quand un but de Romelu Lukaku n’éveille aucune émotion en nous... ? (...)
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