Quel est votre rapport aux parfums, aux odeurs ?Il est presque animal. Les odeurs agissent sur moi comme des champs magnétiques. Elles m’attirent ou me repoussent instantanément. Il m’arrive de quitter un endroit simplement parce qu’une odeur m’indispose alors qu’elle passe inaperçue pour d’autres.Comment se traduit votre rapport aux parfums ?Je les associe à des sensations intenses comme le désir, le dégoût, l’extase ou à des voyages. La plupart du temps, elles définissent des personnes ou des fragments de ma vie. Ma mère, c’est la lavande, parce qu’on en avait dans le jardin et qu’elle m’a initiée aux huiles essentielles. Mon père, c’est le cuir, les agrumes mélangés au tabac, et l’ivresse : une peau qui sent la fête. Mon homme, c’est l’odeur du bonheur : des notes boisées, des épices comme celles d’un chaï latte. Il porte un parfum incroyable de la maison Penhaligons… mais qu’ils ne font plus ! C’est terrible car j’y suis très attachée. Dedans, il y a de la cardamome, de la noix de muscade, du poivre noir, du maté, de la rose, du cèdre… et beaucoup d’autres choses qui en font un étrange mélange addictif.Avez-vous des souvenirs particuliers liés à un parfum ?Enfant, ma mère portait Angel de Thierry Mugler, et dans sa petite Twingo, on ne sentait que ça. Tous les matins, nous étions en retard à l’école, alors pour moi, c’est l’odeur des turbulences et du chaos. Il m’arrive parfois d’aller « sniffer » les parfums de personnes que j’ai connues dans les parfumeries, juste pour me souvenir d’elles.Quels parfums vous attirent et pourquoi ?Mon père m’ayant manqué dans mon enfance, j’ai développé une attirance particulière pour les odeurs qui me rappellent sa présence. C’est pourquoi je me tourne naturellement vers des parfums masculins. J’aime particulièrement les agrumes, la bergamote – j’ai même appelé mon chien Yuzu. Les voyages m’ont également beaucoup influencée, notamment les encens de différentes cultures, comme les racines de Sarkhatane du Mali ou le bois de santal.Que portez-vous ?Actuellement, je porte deux parfums que je combine. Le premier, Notes de Yuzu de Heeley, que je vaporise légèrement dans mon cou. Le second, Azahar de la gamme Voyages Imaginaires, à la fleur d’oranger, que j’applique sur mes poignets et derrière mes oreilles. C’est mon rituel. Ces deux fragrances sont assez différentes mais se complètent bien : l’une est légère et acidulée, l’autre plus sucrée et gourmande.Changez-vous de parfum selon les saisons, votre humeur ?Je n’aime pas en changer trop souvent. Pour moi, un parfum est un repère, une partie de mon identité. Je garde le même pendant des années, jusqu’à ce qu’un autre me charme irrésistiblement.Vous arrive-t-il d’offrir un parfum et si oui, comment le choisissez-vous ?Jamais, sauf si je connais celui que la personne porte. C’est tellement personnel. Je préfère emmener la personne dans une parfumerie pointue pour effectuer une recherche. Un parfum se révèle seulement après quelques heures, lorsqu’il se mêle à la peau. Vous seul pouvez savoir s’il vous convient ou non.Si vous deviez créer votre propre parfum, quelles fragrances y mettriez-vous ?J’y mettrais du gingembre, du sarrasin grillé, de la tequila, quelques poils de mon chien… mais aussi la pluie d’été en Belgique, la rosée du matin dans le jardin de mon enfance, et du pamplemousse.Une adresse de prédilection pour acheter du parfum ?À Paris, la boutique Caron, 23 rue François 1er, dans le VIIIe, et Nose, 20 rue Bachaumont, dans le IIe.Retrouvez Claire Laffut dans la série Becoming Karl Lagerfed, sur Disney plus et suivez-la sur les réseaux sociaux ici.