Bien connu des spectateurs et auditeurs de la RTBF, Michel Dufranne y distille ses critiques dans différentes émissions. Passionné de lecture, il lit en moyenne six livres par semaine – « On qualifie aujourd’hui de grand lecteur, quelqu’un qui lit au moins dix livres par an », précise-t-il en souriant, et s’intéresse à tous les types d’ouvrages, mais aussi à l’évolution du secteur. On a voulu connaître ses derniers coups de cœur :

Pourquoi les puzzles et coloriages continuent-ils de séduire les adultes ? La réponse en images :
Johana Gustawsson, « L’île de Yule » (Calmann-Levy) : « Malgré son nom suédois, cette reine du polar nordique est originaire de Marseille. C’est très scripté à la scandinave, avec tous les codes du genre, mais avec des réflexions et des explications françaises. Elle insiste notamment sur des tas de petits éléments qu’on ne peut pas comprendre si on ne vit pas là-bas. Par exemple, dans un roman scandinave écrit par un Suédois, on lirait simplement « Le héros sort de chez lui à 15h », point. Elle va préciser « à ce moment de la journée, à Stockholm, il fait encore nuit ».

Bon à savoir : l’autrice a sorti en janvier un nouveau titre : « Les Morsures du Silence », et son précédent, « L’île de Yule » devrait être adapté à l’écran.
Anne-Sophie Kalbfleisch, « Eureka dans la nuit » (Rouergue) : « Anne-Sophie fait partie des autrices belges que je suis depuis le début. Il y a du vrai cinéma dans son écriture. Son premier roman, c’est du pur polar, ancré dans l’Amérique profonde. On y suit, dans une localité isolée, le parcours de femmes qui ont voulu fuir l’emprise néfaste des hommes… ».

Bon à savoir : l’autrice est belge, elle est ingénieure civile de formation et enseignante en physique.
Shawn A. Cosby, « Le Sang des innocents » (Sonatine) : « un auteur afro américain qui vit dans le sud des États-Unis. On y suit Titus Crown, un ancien agent du FBI, qui devient le premier shérif noir élu à Charon, la terre de son enfance, qui enquête sur une fusillade dans un lycée… Un roman fort sur l’Amérique profonde, marquée par son héritage raciste. Tu sens à chaque page que tu es dans une région où chaque pas, tu marches sur un cadavre… »

Bon à savoir : « Le sang des innocents » (« All The Sinners Bleed ») figurait en 2023 sur la liste estivale de recommandations de lectures de l’ancien président américain Barack Obama.
Mathilde Beaussault, Les Saules (Seuil) : « un premier roman très intéressant, dans la Bretagne des années 80. Une gamine de 17 ans qui s’entiche d’un mec et finit étranglé au bord de l’étang. Une gamine de dix ans, une fille de ferme, a tout vu, mais elle ne parle pas. C’est brillant ! »

Bon à savoir : fille d’agriculteurs, Mathilde Beaussault est prof de français, elle a trouvé dans ses origines la matière de son premier roman, salué par les critiques.
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