
Oubliez les cocktails au bord de la piscine et les apéros à la golden hour à refaire le monde. Oui, il existe sur cette terre des gens qui, en plein cagnard, rêvent d’un ciel gris, de feuilles mortes et d’un chai latte brûlant. Aux États-Unis, le phénomène porte même un nom : Summerween. Traduction : on prend Halloween, on l’étale sur l’été, et on obtient un mix improbable de décos de sorcières, de cocktails rouge sang et de citrouilles-lanternes posées à côté du pastis et des bouées flamants roses. Résultat : des robes gothcore façon Mercredi Addams sur les défilés des maisons de luxe, et des marques qui dégainent leurs bougies parfumées à la cannelle dès le mois de juillet.
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Chez nous, la team « vivement septembre » n’a pas attendu que la tendance traverse l’Atlantique. Impossible à croire pour la « team été », mais certains vivent juillet-août comme une attente interminable avant leur saison préférée. Audrey en fait partie. Pour elle, l’automne n’est pas seulement une question de météo, mais un état d’esprit : « J’adore l’atmosphère de l’automne. Rien que le changement de couleur, c’est un truc tout bête, mais voir les arbres passer au doré et à l’ocre, je trouve ça magnifique. Ça me rappelle mon enfance chez mes grands-parents, un peu comme une madeleine de Proust. »
Ce goût pour les feuilles mortes ne relève pas seulement d’une envie de se la jouer « out of the box ». L’été, Audrey le vit comme une épreuve : « La principale raison, c’est la chaleur. J’ai toujours fui le soleil depuis que je suis enfant, et avec le réchauffement climatique, c’est encore pire. Plus les années passent, plus les étés sont chauds, et ça ne va pas aller en s’arrangeant. Je n’aime pas transpirer et avoir chaud, tout simplement. »
Voir la vie en sépia
Cette résistance au culte de l’été n’est pas nouvelle, mais elle trouve un nouvel écho dans un contexte de canicules à répétition. Les anti-summer n’ont plus honte de le dire : ils préfèrent les journées qui raccourcissent, les terrasses désertes et les soirées passées sous le plaid. « C’est la période de l’année où tu vas chercher un coin cosy pour boire un chocolat chaud ou un chai latte. Il y a une ambiance cocooning qui me parle plus que l’ambiance estivale », poursuit Audrey.
Les codes visuels de l’automne – chandelles, gilets oversize, citrouilles, teintes sépia – se sont même invités en plein mois de juillet sur Pinterest et TikTok, dans ce qu’on appelle l’autumn girl aesthetic. Résultat : la frontière entre saison chaude et saison froide se brouille, au grand bonheur de celles et ceux qui rêvent d’hiberner dès le solstice d’été.
L’autumn girl aesthetic cartonne
C’est peut-être ça, le vrai moteur du mouvement : une forme de résistance climatique, mais avec une esthétique Pinterest s’il vous plaît. L’autumn girl aesthetic cartonne d’ailleurs sur les réseaux. Au menu ? Bougies, citrouilles, teintes sépia… Oui, la saison des glaces à la fraise et des barbecs sent de plus en plus la cannelle et le feu de bois.
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En attendant, le Summerween avance masqué. Aux États-Unis, Home Depot sort déjà ses squelettes géants en plein mois d’août. Ici, on pourrait très bien voir débarquer les gobelets citrouille chez Hema d’ici quelques jours. Après tout, rien n’empêche de porter un gilet noir et d’allumer une bougie cannelle un 18 août. Les gens vous détesteront juste pour ça.
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