
L’automne est officiellement arrivé depuis le 22 septembre. Certaines personnes sont affectées par cette nouvelle saison et sont touchées par ce qu’on appelle le blues de l’automne. « Le blues de l’automne est une espèce d’expression modérée de la dépression hivernale. C’est un peu ce qu’on peut expérimenter tout au long de l’année sous la forme d’une petite déprime selon les individus. Mais il y a quelque chose d’un peu plus systématique avec l’automne de par le changement de saison et de lumière » détaille Sarah de Jong, psychologue clinicienne à Bruxelles.
Découvrez en vidéo la mauvaise habitude à abandonner pour ne plus être fatigué tout au long de la journée :
L’impact du manque de luminosité sur le moral
La spécialiste précise que les causes du blues de l’automne sont assez inconnues en raison d’un manque de consensus suite aux différentes études sur le sujet, mais l’hypothèse la plus probable est la baisse de luminosité. « Cela vient agir sur le rythme circadien et hormonal notamment sur la sérotonine, l’hormone du bonheur. L’association baisse de sérotonine et de lumière impacte notre humeur. Nous sommes alors plus tristes ».
Plusieurs symptômes sont à surveiller : « Le blues de l’automne peut se caractériser par un sentiment de tristesse, de « down ». On constate aussi une perte d’intérêt pour les activités qu’on appréciait auparavant, une perte de motivation, on se sent plus fatigué, et ce, même si nous avons dormi 10 heures. Il y a également une baisse de concentration qui impacte la prise de décisions. On a moins d’élan avec dans certains cas un sentiment de désespoir, de culpabilité, voire d’inutilité ». Sarah de Jong précise qu’on peut parler de blues de l’automne lorsque les symptômes persistent plus de deux semaines. « On peut alors se poser des questions, mais si l’on a des changements d’humeur qui montent et qui descendent pendant deux ou trois jours, il n’est pas nécessaire d’immédiatement consulter son médecin ».
Le risque d’un cercle vicieux
Le blues de l’automne peut-il pour autant durer toute la saison c’est-à-dire jusqu’au 21 décembre, date à laquelle débute l’hiver cette année ? « Oui, on peut même parler de cercle vicieux. Plus les symptômes apparaissent, plus on est fatigué. Le sommeil est de moins bonne qualité, on a donc tendance à réduire nos activités en raison de notre état de fatigue. On sort moins à l’extérieur pour faire du sport, pour manger avec ses amis… On s’isole de plus en plus ce qui joue sur notre humeur. On est au cœur d’une boucle qui peut faire persister les symptômes jusqu’à la fin de l’hiver ».
Déprime automnale, blues de l’automne, anxiété automnale, ces termes se ressemblent mais ne définissent pas la même chose rappelle Sarah de Jong. « On peut mettre le blues et la déprime sur la même ligne, même si le blues est une forme plus atténuée de la déprime, mais les symptômes sont globalement les mêmes. Blues et déprime vont comme nous « désactiver ». C’est l’inverse avec l’anxiété où l’on est davantage dans l’activation avec une tension plus forte ». La psychologue clinicienne précise d’ailleurs que le blues peut se transformer en déprime. « L’être humain est un animal d’habitude. Quand on prend une mauvaise habitude, il est difficile de s’en défaire. Les symptômes risquent alors de s’aggraver encore plus. Le blues peut devenir une véritable dépression qui persiste tout au long de l’année ».
Zoom en vidéo sur la méthode « 12 en 12 » qui permettrait de réguler le stress :
Les clés pour surmonter le blues de l’automne
Il existe heureusement des solutions pour contrer le blues de l’automne. On peut être dans la prévention en allant faire une prise de sang pour analyser si on manque de vitamine D et se supplémenter par la suite. Sarah de Jong conseille d’entreprendre un travail psychothérapeutique. « On a tendance à rester chez soi durant l’automne. Si on a l’habitude de faire des activités en extérieur, il ne faut pas hésiter à un peu se forcer car on sait que cela va nous faire du bien. Il est d’ailleurs conseillé de mettre en place des choses qui vont nous faire du bien in fine comme cuisiner des recettes qui nous réconfortent mais restent saines, maintenir une activité physique. Cela ne veut pas forcément dire faire du sport, mais juste sortir de chez soi une demi-heure pour se balader et ainsi prendre la lumière même si elle n’est pas aussi belle qu’en été ».
Pour lutter contre la fatigue, de bonnes habitudes sont à prendre comme se coucher à heures fixes, éviter les écrans avant d’aller se coucher. Eux aussi peuvent nous entraîner dans un cercle vicieux. « Plus on est fatigué, plus on passe de temps devant les écrans car on ne mobilise pas de ressources et d’énergie. In fine, cela n’est pas bon pour le cerveau. On dort moins bien et notre sommeil perd en qualité ». N’hésitez pas à changer la perception que vous avez de l’automne. « Des études ont montré que les croyances et la perception que l’on a du blues peuvent avoir un impact. Si on se dit ‘je sais que je ne vais pas bien car c’est l’automne, on a davantage de risques de voir des symptômes se développer et se focaliser dessus par la suite ». Sarah de Jong mentionne l’importance d’échanger avec son entourage si l’on se sent gagner par le blues de l’automne. « Mettre des mots sur les maux resserre les liens avec les autres. On sait qu’on a un espace où nos émotions peuvent être accueillies. Ce n’est pas magique bien sûr, mais cela permet de se sentir un peu mieux et d’avoir des conseils et des avis plus attentifs ».
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














