
Ce n’est pas la toute première fois qu’on la voit oser des tenues laissant peu de place au voile, mais à la première de A Big Bold Beautiful Journey à Londres ce 11 septembre, Margot Robbie a littéralement redéfini la frontière entre robe et révélation. Elle portait une création Armani Privé printemps 2025, entièrement transparente, rehaussée de broderies, pierre & cristaux, avec un dos nu plongeant, un string décoratif comme seul sous-habit pour nous rappeler que le textile en 2025 est devenu pure suggestion. Les créations haute couture ont longtemps expérimenté la transparence, mais généralement sous couvert d’illusion, de tissus ingénieux. Maintenant, la nudité partielle est directement revendiquée et c’est précisément là que se joue la nuance.

Cette apparition marque un tournant : Margot Robbie assume la nudité. Et ce retour du “naked dress” ne vient pas seule — plusieurs célébrités l’ont adoptée ces dernières années. En 2023 déjà, la naked dress était partout sur les tapis rouges. Déjà en 2023, la “naked dress” faisait fureur. En 2024, Emily Ratajkowski s’était pointé au Met Gala en Versace vintage, version intégrale : tétons et fesses apparents. Aux Vanity Fair Oscars en 2025, c’est Olivia Wilde qui s’affichait avec une robe en dentelle transparente de Chloé, motif brodé, lingerie apparente, pendant que Julia Fox faisait, comme toujours, du Julia Fox. Résultat ? Elles transformaient toutes les deux l’after-party des Oscars en un showroom de lingerie ambulante.
Indécent ou élégant ?

La mécanique est bien huilée : une célébrité ose, ça choque, ça buzze, et trois saisons plus tard, Zara décline une version polyester en vitrine. Comme le rappelle l’exemple de Cardi B, capable de remettre la perruque XXL au sommet de la hype en un claquement de doigts, les stars sont des machines à recycler. La robe transparente ne fait pas exception.
Sauf que cette fois, le débat est plus épineux. Dans un monde post-#MeToo, certains y voient une régression : pourquoi se dénuder encore et toujours, comme si le corps féminin devait forcément passer par le prisme du voyeurisme ? D’autres, au contraire, y lisent un message puissant digne d’une provocation presque politique, comme l’écrivait le journaliste Eugène Rabkin dans Business of Fashion, rappelant que les femmes, après l’abandon des restrictions liées à la pandémie, ont envahi les rues de Big Apple dans diverses tenues très déshabillées. Aujourd’hui, on remarque que la pudeur est devenu has been, et qu’elle a quitté la partie pour être rangée au placard avec les collants couleur chair et les soutiens-gorge push-up. Preuve s’il en faut : les tétons apparents sous le t-shirt sont désormais plus tendance que jamais.
Alors, est-ce qu’on va toutes sortir demain sous un voile transparent, façon Margot Robbie ? Pas encore. La robe transparente reste pour l’instant un geste spectaculaire, presque politique, une arme de tapis rouge. Mais une chose est sûre : la mode a arrêté de nous couvrir. Et, qu’on aime ou qu’on déteste, il faudra bien s’y faire : en 2025, l’habit ne fait plus le moine, il dessine seulement les contours. Prochaine étape logique : le retour annoncé du string apparent façon Britney.
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