
Dans son école de cuisine végétale installée à Auderghem, la première du genre en Belgique, Corentin Crutzen a installé des oxalis. L’une des plantes est suspendue dans un pot devant une large fenêtre. Elle se démarque par sa couleur violet foncé et sa forme originale faisant penser à un cœur. Pour Corentin, choisir l’oxalis pour son projet culinaire faisait sens, lui qui a à cœur de faire connaître et transmettre la cuisine végétale au plus grand nombre.
La cuisine végétale accompagne le jeune Belge depuis son enfance passée à la campagne d’Hannut, dans la province de Liège. « On ne consommait pas beaucoup de viande. Ma maman préparait souvent des pâtes avec pas mal de légumes issus de notre potager, des tartes et des quiches aux légumes, on mangeait beaucoup de soupes aussi. Ça ne m’a pas rendu plus grand pour autant (rires). Il n’y avait pas forcément une démarche consciente, avec l’envie d’absolument consommer du végétal. J’ai grandi dans une famille modeste, mon papa travaillait, ma maman s’occupait de mon frère et moi. Forcément, il fallait faire attention au budget et la viande pouvait vite coûter cher. Je garde de beaux souvenirs de mon enfance, entouré de nature. Mes parents m’ont toujours donné beaucoup de liberté, j’ai le souvenir de pouvoir faire un peu ce que je voulais. »

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Le déclic
Corentin Crutzen ne se prédestinait pas à la cuisine. « Je ne me suis jamais dit, enfant, je veux devenir cuisinier. C’est venu plus tard, un peu par surprise. J’ai travaillé dans la restauration en tant qu’étudiant, j’ai fait de la plonge, du service, mais je n’étais jamais allé de l’autre côté : en cuisine. » Le jeune Belge s’oriente d’abord vers le théâtre en réalisant des humanités artistiques, puis un an à l’Institut des arts de diffusion (IAD) à Louvain-La-Neuve. « Le théâtre n’a pas voulu de moi et je pense que je n’étais pas fait pour ce milieu, donc c’est très bien (sourire). »
Un séjour dans une association française en Bourgogne va apporter à Corentin Crutzen ce déclic plus conscient vis-à-vis de la cuisine végétale. « Des chefs m’ont transmis leur savoir-faire et leur passion. Je me souviens d’un potager (…) »
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