Les hôtels interdits aux enfants seraient-ils le nouveau luxe ultime ? - Anissa Hezzaz

Les hôtels interdits aux enfants seraient-ils le nouveau luxe ultime ?

L’hôtellerie s’empare d’une tendance aussi clivante que rentable : les établissements interdits aux enfants. La promesse est claire, presque jouissive : pas de cris au petit dej’, pas de bombes canon dans la piscine, pas de poussette coincée dans l’ascenseur. Bienvenue dans l’ère Adults Only.
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Après les hôtels pet-friendly, vegan-friendly ou kids-friendly, la nouvelle carte de l’hôtellerie coche une autre case : celle du silence. Dans une société qui rêve de calme et d’expériences hyper-ciblées, les enseignes affichent désormais fièrement “18+”, “16+” ou carrément “Kids Not Welcome” sur leur fronton.

Les destinations championnes ? La Grèce et l’Espagne, qui déclinent l’offre à l’infini : plages sans enfants, campings sans enfants, restaurants sans enfants… et bien sûr hôtels. Les Riu Palace Maspalomas (Gran Canaria), Barceló Teguise Beach (Lanzarote) ou Iberostar Sábila (Ténérife) ont fait du “no kids” leur marque de fabrique. En Allemagne, l’hôtel Kleine Strandburg de Zinnowitz a fixé la barre à 14 ans minimum.

Chez nous, le mouvement s’installe doucement mais sûrement. Selon un sondage de l’agence Belga, la demande pour les séjours adults only a bondi de +25 % en un an. À Bruges, l’hôtel The Peelleart se réserve aux plus de 18 ans et revendique son ambiance romantique sans cris ni biberons. En Ardenne, des gîtes “Adults Only” proposent des séjours où le bruit le plus fort reste celui du feu de bois.

Que les hôtels adultes-only existent n’a rien de nouveau ; ce qui change, c’est la communication frontale : on revendique désormais d’exclure les enfants. Pour certains défenseurs des droits de l’enfant, c’est une entorse à l’esprit de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), qui garantit l’accès de tous les mineurs aux espaces publics. Les opposants parlent de violence symbolique.

Mais les adeptes rétorquent que ce n’est pas de la haine des mômes, juste un besoin vital de repos. Et dans le lot… beaucoup de parents. Eux aussi rêvent de quelques jours sans « Maman ! » et sans piscine transformée en club Mickey. Entre les notifications, les transports, les open spaces et le brouhaha permanent des villes, le calme devient une denrée rare. Résultat : le “no kids” s’impose comme l’antidote ultime à la surcharge sensorielle.

Silence !

Les hôteliers l’ont bien compris : le silence se monnaye. Plus de 5 000 établissements en Europe surfent sur cette vague, transformant l’absence d’enfants en argument marketing aussi séduisant qu’un rooftop avec vue mer. Le “no kids” est peut-être le nouveau luxe, mais c’est aussi le miroir d’une époque qui ne supporte plus rien.

De son côté, la Chine voit fleurir des hébergements, bars, gyms et hostels réservés uniquement aux femmes. Des villes touristiques comme Chengdu ou Dali proposent des dortoirs 100 % féminins et des hostels “girls only”, dans un mouvement plus large de lieux sans hommes plébiscités par une partie des voyageuses. On est loin du palace, mais proche d’un besoin primaire : se sentir tranquille.

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