
Les soirs de match, les pronostics sur les réseaux ne se concentrent désormais plus seulement sur le score ou le VAR. Bienvenue à l’ère du Botox watching. Soit le fait de disséquer à la loupe les visages de ses footballeurs préférés pour y déceler le moindre indice d’une intervention esthétique. Les cibles préférées ? Neymar (34 ans) et Cristiano Ronaldo (41 ans).
Lors de l’élimination du Brésil en huitièmes de finale, les traits figés de « Ney » ont presque fait oublier son but inscrit à la dernière minute. Même scénario quelques jours plus tard après la défaite du Portugal face à l’Espagne : le front ultra-lisse de CR7 se retrouve analysé par des millions de personnes. Le constat est évident : le football est devenu le nouveau terrain de jeu de la toxine botulique masculine.
So Soir vous invite : le marché des Halles Saint Géry renaît après 50 ans
Footballeurs, influenceurs et égéries
Si les deux superstars du foot n’ont jamais officiellement avoué avoir eu recours au Botox, ce n’est qu’un secret de Polichinelle. Neymar se filme régulièrement chez sa dermatologue attitrée, tandis que Ronaldo traîne une solide réputation d’accro aux injections. En 2016 déjà, la presse révélait ses milliers d’euros dépensés en médecine esthétique. Plus récemment, un chirurgien britannique lui réclamait 48 000 euros d’interventions impayées.
Pourquoi une telle frénésie chez les joueurs de foot ?
D’abord parce que les footballeurs passent leur vie dehors. Entre les entraînements et les matchs, leur peau subit des doses massives d’UVA toute l’année, ce qui accélère le vieillissement cutané. Le problème, c’est que les hommes et la crème solaire, ça fait encore deux. Selon une étude de la FEBEA relayée par le magazine Ancré, 46 % des hommes estiment ne pas en avoir besoin et 21 % n’en mettent jamais, même à la mer.
Ensuite, parce qu’en 2026, un joueur de football n’est plus seulement un athlète. C’est une star des réseaux sociaux et une égérie pour maison de luxe dans le même temps. L’arrivée de l’Équipe de France à Clairefontaine ressemble désormais à un défilé de mode où tout est scruté : coiffure, barbe, fringues. Reste la question de la retraite chez ces athlètes (entre 35 et 40 ans en moyenne). Effacer ses rides devient un moyen de retarder l’échéance face à une fin de carrière plus précoce que tout le monde. Le Botox devient ainsi un moyen de défier le chrono et de rester désirable pour les sponsors.
Brotox : la fin du tabou masculin
Le phénomène dépasse largement les pelouses du Mondial. On observe que le marché de l’esthétique masculin progresse à toute vitesse. On appelle ça le « Brotox » (le Botox entre bros). Selon l’International Society of Aesthetic Plastic Surgery (ISAPS), les hommes représentent désormais 16 % des actes de médecine esthétique mondiale. Entre 2018 et 2024, les traitements non chirurgicaux chez les hommes ont bondi de 116 %, contre 55 % chez les femmes.
Les trentenaires (les 26-34 ans) sont particulièrement représentés, avec une hausse des rendez-vous de 76 % en Europe. Portés par les visioconférences et l’exposition permanente sur les écrans, ils consomment le Botox comme une séance de sport ou une crème hydratante. L’objectif ? Ne pas se transformer, mais gommer l’air fatigué ou sévère causé par des muscles du haut du visage souvent plus puissants chez l’homme. Un entretien léger… mais à renouveler tous les trois ou quatre mois.
Double standard, double peine
Cette démocratisation de l’aiguille met en lumière un double standard évident. En réalité, les footballeurs goûtent aujourd’hui à ce que les femmes subissent depuis des décennies : le jugement permanent du physique. Certes, la tolérance reste déséquilibrée — un homme injecté passera plus facilement pour « frais » ou « performant », là où une femme sera accusée d’avoir « gâché » son visage. L’injonction qui leur est faite reste d’ailleurs schizophrénique : rester jeune, mais 100 % naturellement. L’actrice Kate Winslet fustigeait d’ailleurs récemment cette folie des injectables dans le *Sunday
Mais cette liberté de vieillir au naturel reste un luxe difficile à obtenir à Hollywood, et désormais sur les terrains de la FIFA. En devenant des icônes de beauté au même titre que David Beckham – pionnier du genre à avoir lancé sa marque de cosmétiques –, les footballeurs ont ouvert la boîte de Pandore. Ils voulaient simplement effacer les traces du soleil sur le gazon, ils sont désormais piégés par le même miroir de la célébrité.
Pourtant, voir le Botox watching s’étendre aux hommes n’a rien d’une bonne nouvelle ou d’une victoire égalitaire. Cela prouve surtout que l’âgisme est en train de devenir universel. Les hommes n’échappent plus à la panique de la ride. En marchant dans les pas de David Beckham, pionnier des cosmétiques masculins, les footballeurs sont devenus des icônes de beauté, mais ils ont aussi ouvert la boîte de Pandore. ls voulaient simplement effacer les traces du soleil sur le gazon, ils sont désormais piégés par le même miroir de la célébrité.
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














