Peut-être vous souvenez-vous de ce moment volé où l’on trempait fièrement notre morceau de sucre dans le café brûlant de mamie espérant au passage capter une lichette du goût amer du café. A l’époque, hors de question d’y tremper nos lèvres car on le sait, le café est à proscrire pour les plus jeunes, au même titre que le thé. C’était avant, à l’époque où les enfants se contentaient de boire un chocolat chaud au réveil ou du lait, point barre. En 2025, les lignes ont bougé et nos jolies têtes blondes refusent de passer à côté du rituel sacré du café. Si bien que sur la carte des coffee shops, on retrouve désormais une nouvelle boisson lactée : le babyccino, soit la contraction du mot “baby” pour bébé et de cappuccino.
Pas de café dans le babyccino – rassurez-vous – juste une mousse de lait bien montée, parfois accompagnée d’un soupçon de cacao. Soit simplement de quoi imiter les grands. Venu tout droit d’Australie (pays inventeur des avocado toasts et autres coffee snobs), le babyccino s’exporte doucement mais sûrement chez nous et pas seulement dans les quartiers huppés de Bruxelles ou les cafés branchés d’Anvers. À Namur, Gand, Liège, et même dans le sud de la Belgique, il n’est plus rare de voir un enfant siroter fièrement sa boisson mousseuse pendant que ses parents dégustent leur équivalent caféiné. Parce qu’après tout, si les parents ont leur café de spécialité, pourquoi pas les enfants ?
Un rituel qui en dit long
Au-delà d’une nouvelle boisson kids-friendly, le babyccino traduit une tendance sociétale plus profonde : celle d’un nouveau modèle de parentalité plus contemporain, et toujours plus inclusif. Aujourd’hui, il n’est plus question d’aller boire son café sans sa progéniture. Le coffee shop, autrefois bastion du travailleur nomade et lieu de rendez-vous par excellence du dimanche où l’on se donne rendez-vous pour bruncher, se transforme petit à petit en nouveau théâtre familial. On y vient en duo parent-enfant, chacun son latte – version caféinée ou non.
Pourquoi ça plait aux enfants comme aux parents ?
L’arrivée du babyccino en Belgique aurait pu passer sous les radars, toutefois dans une époque où l’image prime, il semblerait que le babyccino connaisse son heure de gloire, au même titre que son grand cousin le matcha. La raison ? Son pouvoir hautement instagrammable : sa mousse onctueuse, la tasse XXL à côté des petits mains boudinés de notre marmaille, son nuage de chocolat. Oui, le café devient photogénique même pour les plus jeunes, et les parents, eux, y trouvent l’occasion d’ajouter une nouvelle case à cocher parmi toutes les grandes premières fois de bébé, à côté de la première purée ou du premier “areuuh”. Un moment trop mignon à capturer pour s’en souvenir pour toujours.
En vidéo, on vous explique pourquoi le matcha séduit tant :
Et si les enfants apprécient autant, c’est d’abord et avant tout pour pouvoir jouer au “grand”. Une manière inoffensive, tendre et presque naïve de partager un moment privilégié avec son parent. Et c’est peut-être ça qui séduit tant les parents : en prenant le temps de boire un café avec son enfant, le parent pousse son tout-petit vers encore plus d’autonomie, et le valorise devenant ainsi un “bon parent”, du moins celui qui s’inscrit dans une démarche de parentalité dite “positive” ou encore “bienveillante”. Une notion largement galvaudée mais qui continue pourtant d’incarner le Graal du parent moderne.
En partageant ce rituel du quotidien avec son enfant, en le valorisant via ce simple geste, on coche la case de l’autonomie, de l’écoute, du lien. En somme, on se rapproche – même fugacement – de cette figure du « bon parent », attentive, impliquée, consciente et toujours dans la co-expérience. Car on ne boit pas simplement un café, on vit un moment, même du haut de son mètre 20 et de ses 4 ans.
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