Camille Laus : «Mon grand objectif maintenant, c’est de battre le record de Belgique du 800 m et de me rapprocher du top mondial» - Anissa Hezzaz

Camille Laus : «Mon grand objectif maintenant, c’est de battre le record de Belgique du 800 m et de me rapprocher du top mondial»

Figure emblématique de l’athlétisme belge, membre du relais 4x400 m féminin des Cheetahs, multiple championne et double olympienne, Camille Laus incarne la rigueur et la lumière d’une sportive accomplie. Derrière la performance, une femme qui s’est construite pas à pas, entre ambition, doutes et quête d’équilibre. Rencontre au micro du Dictaphone de So Soir, où elle nous raconte comment on devient — et surtout comment on reste — une athlète de haut niveau.
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Le sport a-t-il toujours fait partie de ta vie ?
« Oui, j’ai toujours adoré bouger. Petite, j’étais tout le temps dehors, à courir ou à jouer avec mon frère. J’ai fait plus de dix ans de gymnastique, un peu de tennis, un peu de natation… Mais c’est en participant à des cross interscolaires que j’ai compris que je courais plus vite que les autres. C’est là que l’athlétisme s’est imposé naturellement. »
Quel a été ton premier déclic vers une carrière professionnelle ?
« Le vrai déclic, c’est en 2018, avec la création du relais féminin 4x400 m, les Cheetahs. À ce moment-là, le rêve olympique est devenu un objectif concret. C’est là que j’ai compris que ce sport pouvait devenir mon métier. »
Tu es passée du sprint au demi-fond. Pourquoi ce changement ?
« J’ai commencé sur 100 et 200 mètres, puis je suis montée sur 400 m, où ma carrière a vraiment décollé. Après les Jeux de Paris, j’ai eu envie d’un nouveau défi : courir le 800 m sous les deux minutes. J’ai changé de coach, de groupe, et je suis partie m’entraîner à Atlanta. C’était une façon de me réinventer, de repousser mes limites.»
Que t’a apporté cette expérience américaine ?
« Une mentalité différente. Là-bas, le sport fait partie de la culture, dès l’école. Tout est tourné vers la performance, mais dans un esprit positif. Les structures sont privées, ultra professionnelles : on te donne tous les outils pour performer, et en échange, on attend de toi que tu sois au top. Ce rapport à l’ambition, très assumé, m’a énormément portée. »
Tes records sont impressionnants. Lesquels t’ont le plus marquée ?
« Chaque record de Belgique battu avec les Cheetahs a été un moment incroyable à partager. Mais individuellement, passer sous les 52 secondes sur 400 m, puis sous les 2 minutes sur 800 m, ce sont des caps symboliques. Ce sont des barrières que chaque athlète rêve de franchir. »
Comment on forge un mental de championne ?
« Il faut trois choses : oser rêver grand, accepter de travailler dur, et bien s’entourer. Les périodes de doute font partie du jeu, tout comme les contre-performances. J’ai appris à les voir comme des leçons. Et j’ai la chance d’être entourée de gens solides — mon coach, mes coéquipières, ma famille, Kevin (Borlée)… Ils m’aident à garder le cap. »
Justement, tu partages ta vie avec Kevin Borlée. Est-ce plus facile d’être deux athlètes ?
« Oui, parce qu’on parle le même langage. On se comprend sans se juger. Kevin m’a beaucoup aidée à structurer mon quotidien, à trouver le bon équilibre entre intensité et récupération. C’est précieux d’avoir quelqu’un qui connaît les hauts et les bas de cette vie-là. »
À quoi ressemble une journée type pour toi ?
« Je dors huit à neuf heures par nuit, je prends un petit-déjeuner protéiné et je pars m’entraîner. Ensuite, repas, sieste, kiné, parfois un deuxième entraînement. Le soir, on reste tranquilles à la maison. C’est une hygiène de vie très saine, mais c’est aussi ce qui me fait du bien. »
Comment gères-tu la pression avant une grande compétition ?
« La veille, je fais toujours un bain froid —quelques minutes dans l’eau glacée — ça me vide la tête. Puis j’écris le planning de ma journée de course : réveil, repas, navette, échauffement, call room… Tout est minuté. Ça m’apaise. Et je fais aussi de la visualisation : je rejoue ma course dans ma tête, pour programmer mon corps et mon esprit. »
On parle souvent de “down” après les JO. Tu l’as ressenti ?
« Pas vraiment. Après un championnat, on redescend doucement, c’est normal. Je prends un vrai break, je vois ma famille, mes amis, je coupe. C’est une phase essentielle pour récupérer physiquement et mentalement. »
Qu’est-ce qui te guide aujourd’hui ?
« J’ai déjà réalisé mon rêve olympique, mais j’ai encore faim de progrès. Mon grand objectif maintenant, c’est de battre le record de Belgique du 800 m et de me rapprocher du top mondial. Je sais que j’ai encore de la marge, et ça, c’est très motivant. »

Camille Laus en bref

On dit des athlètes que ce sont des machines, mais… « … ils ont aussi de grands cœurs. »

On imagine souvent que le plus dur, c’est la course, mais… « … le plus dur, c’est la préparation. »

Et même si on doit faire attention à son hygiène de vie… « … on reste humains, et il faut parfois écouter ses envies. »

Combien d’heures par semaine consacres-tu au sport ? « C’est un vrai job à temps plein. Même en dehors de l’entraînement, on doit garder le bon mindset. C’est 7 jours sur 7. »

Retrouvez l’entretien complet de Camille Laus dans Le Dictaphone de So Soir, le podcast signé So Soir. Disponible également sur toutes vos plateformes favorites.

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