
Le monde de l’influence est en effervescence depuis mardi. Chiara Ferragni risque un an et huit mois de prison en raison de « l’affaire de la brioche » qui lui vaut des accusations de fraude. Fin 2023, l’Italienne accordait un parrainage à la marque de pandoro Balocco laissant entendre qu’une partie des recettes serait reversée au profit d’enfants souffrant de cancer des os à l’hôpital Regina Margherita de Turin. Le gendarme italien de la concurrence met son nez dans l’affaire… et découvre que les acheteurs étaient induits en erreur. Le profit de la vente de cette édition spéciale a rapporté plus d’un million d’euros aux sociétés détenues par Chiara Ferragni tandis que la société a fait une donation forfaitaire d’à peine 50.000 euros à l’hôpital.
L’influenceuse s’est toujours défendue en rejetant ces accusations. Le gendarme de la concurrence a par la suite infligé une amende de 1,4 million d’euros à deux des sociétés de Chiara Ferragni pour avoir laissé croire aux consommateurs qu’acheter le « Pandoro rose de Noël » contribuerait à une action de charité.

Pionnière du style à l’ère du digital
Chiara Ferragni fait office de papesse dans l’univers des influenceuses. En plus de 15 années de présence sur internet et les réseaux sociaux, l’Italienne s’est forgé une réputation solide, prise en exemple par des millions de jeunes femmes à travers le monde. Depuis le lancement de son blog The Blond Salad en 2009, Chiara Ferragni a connu une ascension fulgurante au point de devenir l’une des icônes mode les plus incontournable des années 2010.
Avant même que le terme « influenceuse » ne fasse partie de notre vocabulaire, Chiara Ferragni avait compris comment marier mode et internet. À travers son blog, elle ne se contentait pas de publier des looks tous plus stylés les uns que les autres, elle cherchait à créer un univers visuel, une manière de raconter sa vie et sa garde-robe qui donnait aux lectrices l’impression d’être invitées au cœur de son dressing. Elle a réussi à proposer des looks mêlant pièces luxe et plus accessibles ayant rendu son style désirable auprès des fashionistas d’internet. Cette accessibilité a contribué à bâtir une communauté fidèle qui a grandi avec elle.
Une robe de mariée signée Dior
Chiara Ferragni a perduré dans la mode et l’influence car elle a toujours eu une longueur d’avance. Très tôt, elle repère ce qui « va prendre » : les baskets glitter, les accessoires oversize, les looks athleisure chic, les couleurs pop… Cette capacité à anticiper les codes est l’une des raisons pour lesquelles les maisons de mode l’ont courtisée dès les années 2010. Dior a signé sa robe de mariage avec le rappeur italien Feder en 2018. Elle avait pour l’occasion fait appel au talent de Maria Grazia Chiuri, alors directrice artistique de Dior à l’époque. Cette dernière avait d’ailleurs fait le déplacement au mariage. En 2013, Chiara Ferragni devient égérie pour Prada. Il y a quatre ans, elle intégrait le conseil d’administration de Tod’s. Une entrée qui avait fait monter en flèche la marque. Mais depuis le brioche gate, Tod’s a décidé de se séparer de Chiara Ferragni.
Une identité visuelle devenue signature
L’influence italienne est devenue une icone de la mode en construisant un personnage cohérent, mais surtout immédiatement reconnaissable. Cheveux blonds californiens, eyeliner graphique, touches glitter, silhouettes flamboyantes, Chiara Ferragni a su façonner une esthétique qui lui est propre et la démarque des autres influenceuses. Cette identité s’incarne jusque dans The Ferragni Brand, sa marque de mode fondée en 2013, dont le célèbre œil bleu stylisé est devenu un logo générationnel. En mai dernier, elle reprenait le contrôle de sa marque à 99 %. Elle expliquait sur Instagram : « Ce n’est pas seulement une question de parts ou de pourcentages, c’est un début. Cette décision est une étape concrète. C’est le choix de remettre la main sur mon histoire, sans déléguer, sans prétendre que tout va bien quand ce n’est pas le cas. C’est assumer le poids et la beauté de diriger, de décider, de changer. C’est être libre pour la première fois de faire avancer ma marque et mon nom ».

Indépendamment de l’affaire de la brioche, Chiara Ferragni représente encore pour des femmes un modèle d’ascension à l’ère du numérique. Partie d’un simple blog, elle a bâti un empire mêlant mode, beauté, entrepreneuriat, collaborations prestigieuses et présence aux fashions weeks. Elle est la preuve que la mode est accessible à toutes et que l’audace et la créativité peuvent ouvrir des portes et mener à des destins inattendus avec de belles histoires.
Si Chiara Ferragni est reconnue coupable, il est toutefois peu probable qu’elle aille en prison, l’incarcération pour des peines inférieures à deux ans étant exceptionnelle en Italie. L’affaire de la brioche a fait bouger les lignes en Italie. Les principaux influenceurs doivent à présent s’enregistrer depuis le début du mois auprès de l’Autorité italienne en charge des communications (AGCOM), et respecter des règles de transparence.
Encore plus de contenu people avec en vidéo notre rencontre Adeline Blondieau qui nous raconte son parcours de comédienne dans Sous le Soleil à sophrologue :
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














