Voici les destinations à éviter en 2026 - En Suisse, Grindelwald est de plus en plus soumis au tourisme de masse. - Audrey Morard

Voici les destinations à éviter en 2026

Le guide de voyages Fodor’s vient de dévoiler sa liste des destinations à éviter en 2026. La raison ? Elles sont particulièrement éprouvées par le tourisme. Tour d’horizon de ces lieux mis en danger par le flot incessant des visiteurs.
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Comme chaque année, le guide Fodor’s livre son palmarès des destinations à éviter pour l’année à venir. Comme il le rappelle sur son site internet, l’objectif « n’est pas d’appeler au boycott mais de mettre en lumière les destinations où le tourisme exerce une pression insoutenable sur les terres et les communautés locales ». Il poursuit : « La liste des destinations à éviter invite, avec tact mais fermeté, à modérer temporairement la pression sur un lieu – pas indéfiniment – ​​et à laisser souffler tout endroit qui en a clairement besoin ». Vous l’aurez compris, Fodor’s cherche à faire davantage de prévention à travers cette liste.

L’Antarctique

L’Antarctique est la première destination citée par Fodor’s. Vous l’avez peut-être remarqué sur les réseaux sociaux de plus en plus de voyageurs se rendent en Antarctique visiter la beauté de ses paysages et rencontrer l’ours blanc. Des croisières organisent d’ailleurs des croisières dans ses eaux glacées. Mais comme le souligne Fodor’s, le lieu « n’a tout simplement pas besoin de touristes. Pourtant, les données les plus récentes montrent que le continent a accueilli 120 000 visiteurs entre 2023 et 2024. Ce chiffre devrait doubler d’ici 2033 ».

Mike Gunter, professeur de sciences politiques et directeur du Rollins College en Floride, spécialiste de l’écotourisme et des politiques environnementales, explique à Fodor’s : « Malheureusement, ces vingt-cinq dernières années, l’Antarctique s’est orienté vers le tourisme de masse, délaissant l’écotourisme traditionnel ». Conséquence, tout l’écosystème de l’Antarctique est mis à rude épreuve.

Voici les destinations à éviter en 2026 - Unsplash - Audrey Morard
Le nombre de touristes en Antarctique va doubler d’ici 2030 selon les prévisions. - Unsplash

Les îles Canaries

L’Espagne est un pays très exposé au tourisme de masse. L’une des destinations les plus représentatives de ce phénomène est Barcelone. Mais les îles Canaries sont elles aussi concernées. Fodor’s rappelle qu’au premier semestre 2025, l’archipel a accueilli 7,8 millions de visiteurs et enregistré plus de 27 millions de passagers dans ses aéroports, soit une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente.

Ce flot incessant de touristes a provoqué la colère des locaux qui sont descendus dans la rue avec pour slogan « Les Canaries ont une limite ». Archipel prisé pour son agréable climat et la variété de ses paysages, les Canaries souffrent avec pour conséquences l’envolée des prix de l’immobilier, une pression environnementale et des problèmes de circulation. John Dale Beckley, fondateur de la plateforme de développement durable CanaryGreen.org affirme : « La circulation est l’un des problèmes majeurs. Ce qui prenait auparavant 40 minutes en voiture depuis le nord peut désormais prendre plus d’une heure aller-retour. »

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Tenerife, l’une des îles les plus prisées des touristes aux Canaries. - Unsplash

Le parc national des Glaciers

L’ouverture du parc national de Glacier en 1910 a déclenché une véritable ruée vers le « tourisme de la dernière chance ». Ces lieux sont convoités en raison de leur disparition qui approche à grands pas. Le parc national des Glaciers se réchauffe près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Sur les quelque 150 glaciers qui entouraient ses sommets au début du XXe siècle, il n’en reste que 27. Eux aussi devraient disparaître d’ici 2030.

Comme de nombreux autres glaciers dans le monde, l’endroit est victime du réchauffement climatique. Selon Michael Jamison, directeur de campagne pour les Rocheuses du Nord au sein de la National Parks Conservation Association, le dérèglement climatique affecte pratiquement tous les aspects écologiques du parc. Il ne s’agit pas seulement de la fonte des glaciers, qui réchauffe les cours d’eau et diminue le débit de l’eau dans le paysage : les feux de forêt sont plus fréquents et plus étendus, des hivers plus doux rendent les forêts plus vulnérables et des animaux clés disparaissent du paysage.

Déjà l’un des parcs nationaux les plus visités des États-Unis, le parc national des Glaciers a accueilli environ 300 000 visiteurs de plus en 2024 qu’en 2023, dont plus de la moitié rien que pour les mois de juillet et août. La fréquentation en septembre et octobre a quant à elle augmenté de 60 %.

Encore plus d’évasion avec Denis Van Weynbergh qui nous raconte son tour du monde solo au grand large au micro du Dictaphone de So Soir :

La région de la Jungfrau

La Suisse n’est elle aussi pas épargnée par le tourisme de masse. L’un des endroits les plus exposés est la région de la Jungfrau. Située dans le centre du pays, elle s’étend des vallées d’Interlaken aux sommets imposants de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau. Elle est surtout connue pour ses villages alpins de Grindelwald, Lauterbrunnen, Wengen et Mürren.

Voici les destinations à éviter en 2026 - Unsplash - Audrey Morard
Lauterbrunnen, village suisse paradisiaque en proie au surtourisme. - Unsplash

Malgré ses paysages époustouflants, la région de la Jungfrau est confrontée à un défi majeur : concilier un tourisme en plein essor avec la préservation de son environnement et de la qualité de vie de ses habitants. La popularité de la région met à rude épreuve ses ressources naturelles et le quotidien de ses résidents, ce qui rend d’autant plus cruciale la mise en œuvre d’une démarche orientée vers le développement durable.

Plus d’un million de personnes ont visité le Jungfraujoch, soit une hausse de 5,1 % par rapport à l’année précédente. La télécabine Eiger Express a transporté plus de 2,1 millions de passagers, tandis que les téléphériques Harderbahn, Firstbahn et Lauterbrunnen-Mürren ont également enregistré des records de fréquentation. Au premier semestre 2025, les recettes des transports ont généré des bénéfices encore jamais vus. Des données qui prouvent l’intérêt trop grandissant des touristes à l’égard de la région…

Mais aussi…

Fodor suggère également d’éviter Mexico où les locaux dénoncent la prolifération d’Airbnb et d’autres locations de courte durée qui contribuent aux déplacements de population et à l’inflation des loyers. Autre destination en proie au tourisme de masse : le Kenya. La plateforme met en avant l’essor touristique de Mombasa où les croisières constituent l’un des nouveaux produits touristiques du secteur, ayant entraîné une augmentation de 164 % du trafic portuaire de cette ville côtière. « Malgré une campagne active menée par le Kenya pour attirer davantage de touristes, le pays manque de données sur sa capacité d’accueil touristique. Les autorités ignorent donc combien de touristes le Kenya peut recevoir sans nuire à son écosystème » détaille Fodor’s. Enfin, Montmartre et Isola Sacra, en Italie, sont également cités.

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