Roots Tourism : après Bali et New York, cap sur… les bleds paumés - Et si on voyageait sur les traces de nos ancêtres ? - Camille Vernin

Roots Tourism : après Bali et New York, cap sur… les bleds paumés

La nouvelle obsession des voyageurs ? Mettre le cap sur les villages oubliés de leurs ancêtres. La tendance du « roots tourism » transforme les bleds d’hier en destinations de demain, et brouille au passage la frontière entre quête identitaire et marketing bien huilé.
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Oubliez la Tour Eiffel, les selfies bateaux, et les glaces à 8 euros la boule. La nouvelle lubie des voyageurs ? Faire leurs valises pour… l’endroit d’où ils viennent. Pas là où ils vivent, non, mais bien là d’où viennent leurs arrière-arrière-grands-parents. On appelle ça le Roots Tourism (voyage aux racines en français). Une tendance en plein boom, dopée par les kits ADN de MyHeritage ou 23andMe. Vous savez, ces petites fioles dans lesquelles on crache un peu de salive pour apprendre qu’on est 11 % scandinave, 24 % italien et, apparemment, un chouïa basque (ah bon ?).

Voici l’activité que vous devriez absolument faire en voyage cette année :

Des villages paumés qui se retrouvent en pleine lumière

Ce qui rend le Roots Travel unique, c’est qu’il envoie les voyageurs loin, très loin, des sentiers battus. Finis les capitales balisées à coups de guides Michelin : les nouvelles stars du tourisme sont des bleds minuscules planqués dans les montagnes siciliennes, les campagnes irlandaises ou les vallées polonaises.

Des pays comme l’Italie, l’Irlande, la Pologne, la Grèce, le Portugal, l’Espagne, le Nigeria, le Ghana, le Japon ou la Corée du Sud ont ainsi vu une hausse spectaculaire du nombre de visiteurs « de la diaspora ». Avec en bonus : un tourisme plus local, plus lent, plus sincère, et qui fait vivre des régions souvent délaissées.

Comment ça marche ?

Concrètement, ça commence donc souvent par un test ADN ou un arbre généalogique numérique. En quelques clics, on déterre des archives familiales, on fouille des bases de données en ligne, et on tombe parfois sur une vieille photo sépia. Une fois ses origines géographiques identifiées, place au pèlerinage : on visite les villages d’ancêtres, les églises où ils se sont mariés, les champs qu’ils ont cultivés, voire les musées qui racontent leur époque. Certains sites proposent même des guides spécialisés en généalogie qui aident à retrouver des cousins éloignés sur place.

Le tourisme de la dernière chance, un phénomène inquiétant de plus en plus prisé par les voyageurs :

Les nœuds que ça soulève

Alors oui, tout ça paraît très joli sur papier. Mais le Roots Tourism n’est pourtant pas qu’un album de famille géant. Il pose la question de l’authenticité : cherche-t-on vraiment à comprendre ses racines ou à vivre une jolie fiction bien marketée ? Il peut aussi faire surgir des blessures historiques, notamment dans les cas liés à l’esclavage, aux migrations forcées ou aux génocides. Autrement dit, des voyages émotionnellement puissants, mais pas toujours faciles. Et puis, il y a le revers un peu plus terre à terre : le business. Certains villages surfent sur cette manne soudaine avec des offres touristiques calibrées, parfois aux dépens de la nuance.

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