Alors qu’elle termine la tournée de son second seule-en-scène, Glory Alleluia, dont la dernière représentation sera diffusée en direct dans plusieurs cinémas, l’humoriste ajoute une nouvelle corde à son arc avec Cordialement, un EP faussement léger. Les mélodies sucrées y habillent des textes acides sur les relations toxiques, la jalousie… Des thèmes inspirés de son vécu, qu’elles abordent aussi sur scène. Une façon pour elle aussi d’exorciser des démons, d’avancer… et d’inspirer.
Sur scène, vous tournez tout avec humour. Sur votre EP, la couleur rose prédomine. Pourtant, dans les deux cas, vous abordez des thèmes sombres…J’aime faire du beau avec du moche, et à l’inverse, prendre parfois des références très mignonnes et venir les salir avec une réalité moins mignonne. C’est ma façon aussi de digérer les choses sombres, de les raconter à ma sauce et de les voir différemment, d’amener un autre regard sur les épreuves. Le monde qui nous entoure est compliqué, violent, donc tous ces thèmes font toujours partie de mes créations. Mais j’aime bien leur mettre une petite touche décalée, une musique joyeuse. J’aime proposer une façon différente de les voir, peut-être plus positive. En tout cas, je n’aime pas les tabous et j’aime bien aller dans les choses qui questionnent et qui grattent un peu.Est-ce que vous vous appliquez à trouver le positif ?Dans la vie, je suis quelqu’un de très anxieux, je me suis vraiment efforcée à essayer de changer mon état d’esprit, parce que sinon je suis tout le temps en train de me dire « Qu’est-ce qui peut mal se passer ? Il y a ça qui ne va pas, il y a ça qui ne va pas… ». J’ai essayé des exercices très concrets pour entraîner mon cerveau à voir le positif et à ne pas voir le négatif. Il y a tellement de positif dans ma vie mais c’est un vrai exercice de le voir, de le retenir, de le souligner, d’en être reconnaissante… Tout cela n’est pas inné chez moi. Par contre, je trouve ça important, parce que j’ai énormément de chance dans ma vie, donc il n’y a pas de raison d’être tout le temps dans l’anxiété et dans la noirceur. Mais bon, il y a du travail (rires).Doutez-vous souvent ? Même quand vous remplissez Forest National deux soirs de suite ou le Zénith de Paris ?Le doute fait partie vraiment intégrante de qui je suis. Je ne me dis jamais « ça y est, j’y suis arrivée ! » Je me remets tout le temps en question, je suis jamais sûre, je trouve toujours qu’il y a moyen de faire mieux, donc je doute énormément.On a l’impression que vous ne vous mettez aucune limite. Est-ce juste une impression ?(Elle rit) Non, aucune. En tout cas pas sur les thèmes que j’aborde. Je ne me dis jamais : « On ne peut pas faire de l’humour là-dessus ». Quand je crée, quand j’écris, je me dis surtout qu’il faut que je sois libre, que je ne dois me demander ce que les gens vont penser. Pour moi, le travail de l’artiste, c’est d’être sincère avec soi et avec les autres ; il ne faut pas essayer de plaire. Je me dis il n’y a qu’en étant moi-même que ça marchera. Quand on essaie de plaire, ça ne marche pas, les gens sentent quand on n’est pas sincère.