
L’ère de la « collab », entre saturation et créativité
Difficile d’y échapper. Mode, beauté, gastronomie, spiritueux… les collaborations se multiplient à un rythme effréné, parfois jusqu’à frôler l’indigestion. L’horlogerie n’échappe évidemment pas à la règle. Pourtant, certaines associations parviennent à sortir du lot, en proposant autre chose qu’un simple exercice de style.
RAYMOND WEIL x seconde/seconde/, l’impertinence comme signature
Sous le pseudonyme seconde/seconde/, Romaric André s’est imposé comme l’un des créateurs les plus singuliers de la scène horlogère contemporaine. Passionné de montres vintage, ce quadragénaire détourne les codes avec une liberté réjouissante : aiguilles revisitées, cadrans détournés, logos réinterprétés. Rien n’est sacré, sauf peut-être l’amour du bel objet.
Frédérique Constant, Vulcain, Timex, Yema… qu’il s’agisse de collaborations officielles ou de projets plus personnels à partir de véritables pièces de collection, ses créations suscitent autant de sourires que de débats. Et c’est précisément ce qui fait leur force.
Une collaboration qui va plus loin que le détail
Il y a quelques semaines, la maison horlogère genevoise indépendante RAYMOND WEIL dévoilait sa collaboration avec seconde/seconde/. Et cette fois, pas question de se contenter d’un clin d’œil discret. Ici, c’est l’intégralité de la montre qui a été repensée.
La Toccata Heritage x seconde/seconde/, proposée en édition limitée, se présente comme un manifeste d’élégance… teinté d’un humour délicieusement british. Une dress watch, oui, mais qui ose poser une question essentielle : comment porter correctement sa montre sous une chemise ?

« Raymond a dit » : quand l’élégance devient un jeu
À la manière d’un jeu de cour de récréation, où chaque geste n’a de valeur que s’il est précédé de la formule magique, « Raymond a dit » devient ici un prétexte ludique pour interroger les codes du bon goût. À travers ce clin d’œil subtil, RAYMOND WEIL s’amuse des règles non écrites qui régissent le port d’une montre habillée.
La création exprime une dualité assumée : rigueur et légèreté, tradition et irrévérence.
Une règle gravée dans le verre
Sur la partie droite du cadran, directement apposées sur la glace saphir, trois annotations attirent l’œil : biz casual, semi-formal, formal. Une échelle de bienséance horlogère, accompagnée d’une phrase sans équivoque : « Dress shirt cuff should cover at least half of the watch ».
Autrement dit : une montre élégante ne se dévoile jamais complètement. Un détail aussi ironique que pertinent, qui transforme la montre en véritable commentaire stylistique.

L’audace créative comme force d’une maison indépendante
Après le succès de la collection Millésime Small Seconds et de la Toccata Heritage dans sa version classique, RAYMOND WEIL prouve une nouvelle fois que la créativité reste l’un des plus beaux leviers des maisons indépendantes. Cette collaboration avec seconde/seconde/ en est l’illustration parfaite : respectueuse du patrimoine, mais résolument ancrée dans son époque.
RAYMOND WEIL toccata Heritage x seconde/seconde/
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