
Pour comprendre la genèse d’Aderbot, il faut se pencher sur le pedigree de son géniteur. Geoffroy Ader n’est pas un nouveau venu dans l’arène des enchères. Passé par les plus grandes maisons (Sotheby’s, Artcurial), cet expert horloger de renommée mondiale a scruté des milliers de garde-temps, des pièces de musée aux trésors retrouvés au grenier. Cette ‘‘mémoire de l’œil’’, acquise au fil de trois décennies de marteau, constitue le cœur battant de ce nouvel outil numérique qu’est Aderbot. En transférant ce savoir empirique dans une interface numérique, Geoffroy Ader cherche à pérenniser la transmission d’un savoir, parfois trop confidentielle.
Connaissances vérifiées et structurées
Dans son principe, l’interface Aderbot ne se contente pas de compiler des archives, mais s’appuie sur la technologie Corai, une plateforme d’IA générative optimisée pour le traitement de données complexes. Contrairement aux IA généralistes, à la fiabilité souvent douteuse, ce moteur est nourri par une base de connaissances vérifiée et structurée. Cette architecture permet ainsi à l’agent conversationnel (chatbot) de comprendre les nuances du jargon horloger, garantissant une pertinence historique et technique à chaque requête. S’il s’adresse aux passionnés, Aderbot agit d’abord comme une boussole. Qu’il s’agisse de décrypter le vocabulaire d’un échappement ou de retracer la généalogie d’une manufacture disparue, le chatbot répond en temps réel. Interface développée avec l’agence Baker Park, qui défend une approche pragmatique où l’IA ne remplace pas l’expertise, elle offre une première porte d’entrée permettant de dégrossir un sujet avant d’aborder l’étape cruciale de l’examen physique par un expert réel.
Pour les collectionneurs
Mais la force de ce projet réside aussi dans son utilité pour les maisons de ventes, car pour un commissaire-priseur généraliste, l’horlogerie peut s’apparenter à une jungle. Aderbot aide à structurer l’information, à valider des datations et à enrichir les catalogues avec une précision académique. L’outil ne prétend bien sûr pas authentifier une pièce sur photo, véritable hérésie pour tout puriste, ni fixer de prix ferme. Sa vocation reste documentaire, avec pour mission première de mettre la technologie au service des collectionneurs, de façon à pouvoir leur offrir des conseils personnalisés, fiables et accessibles, aussi bien en ligne que sur mesure. En mariant ainsi l’expertise de terrain à la puissance de l’IA, Geoffroy Ader prouve que la technologie n’est pas l’ennemie de l’horlogerie traditionnelle, mais pourrait être sa meilleure alliée pour traverser le XXIe siècle.
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