
La semaine dernière, les influenceurs installés à Dubaï prenaient leurs smartphones pour se filmer dans leur quotidien. On les voyait sous le soleil en train de bronzer, se balader dans les « malls », boire un verre dans l’une des adresses trendy de la ville… Mais depuis ce week-end, le ton a changé laissant place à l’inquiétude et l’incertitude. Dubaï est en effet la cible d’attaques iraniennes suite au conflit qui fait rage au Moyen Orient.
Depuis deux jours, les vidéos s’enchaînent. Maeva Ghenam, ancienne candidate des Marseillais et résidente à Dubaï suivie par trois millions de personnes sur Instagram, racontait : « Oh les missiles, regardez de chez moi. On a tous nos passeports. On est Français hein, protégez-nous ! ». Kamila, ancienne participante de Secret Story, racontait : « Il n’y a aucun mensonge dans cette vidéo, il y a encore eu un bombardement au-dessus de chez nous. Je suis en panique je suis désolée ». Pour Fidji Ruiz, également aperçue dans de plusieurs télé-réalités françaises, la peur est aussi omniprésente : « J’ai perdu tous mes sens, je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus où me poser même dans la maison. On dirait que mon cerveau est choqué. »
Dubaï et l’argument de la sécurité
Les influenceurs ont déménagé en masse vers Dubaï à la fin des années 2010 et début des années 2020. Des personnes ont ouvert la voie comme Nabilla et Caroline Receveur. D’autres ont suivi souvent issus de la télé-réalité. Les influenceurs sont devenus au fil des années les meilleurs ambassadeurs de Dubaï. À coups de story et de photos, ils font la promotion de l’État des Émirats arabes unis. Des images de cartes postales à la pelle plus efficaces qu’un catalogue d’agence de voyages avec toujours le même leitmotiv : la sécurité.
Certains ont été victimes de cambriolage ou de home-jacking en France. Des incidents qui les ont poussés à prendre leurs bagages – et leurs familles – pour Dubaï. La destination est dépeinte comme plus « safe » avec en prime de super écoles pour les enfants, des aires de jeux géniales, une ouverture aux autres cultures et aux autres langues dès le plus jeune âge, du soleil toute l’année… Ici, pas de peur, pas de risques de cambriolage. En bref, le cadre de vie idéal avec la garantie de l’anonymat. À l’instar de Maeva Ghenam, les influenceurs installés à Dubaï cumulent des millions de followers. Nabilla en compte 9,5 millions, Jessica Thivenin 6,1 millions, tandis que son ex-mari Thibault Garcia est suivi par près de 4,7 millions de personnes… S’ils sont des habitants lambda à Dubaï, leur notoriété est beaucoup plus grande en France.
Mais si l’on gratte un peu plus, on découvre que les raisons ne sont pas seulement sécuritaires. Il y a aussi l’aspect financier. Les influenceurs ne paient ni impôt ni sur le revenu, sur la fortune ou les sociétés. Un avantage de poids pour les influenceurs qui ont souvent le statut d’autoentrepreneur pour leurs placements de produits.
« Les influenceurs de Dubaï finalement on est bien en France n’est-ce pas ? »
Cet environnement parfait est donc ébranlé avec le conflit au Moyen-Orient. L’aéroport de Dubaï a été touché, tandis que des explosions et des interceptions ont été observées dans le ciel de la ville ces dernières 48 heures. La célèbre île artificielle The Palm a été touchée par des explosions. Sur les réseaux sociaux, de nombreux commentaires ont ciblé les influenceurs pour avoir choisi de s’installer aux Émirats arabes unis. L’influenceur Tibo InShape – qui est toujours installé en France – a pris la parole publiant sur X : « Les influenceurs de Dubaï finalement on est bien en France n’est-ce pas ? ». Un post qui a enflammé les réseaux sociaux. L’homme est entre-temps revenu sur ses propos polémiques écrivant : « La situation reste bien sûr tragique et une pensée pour toutes les personnes présentes ou bloquées sur place. Je voulais simplement pointer du doigt l’hypocrisie de certains influenceurs qui font de l’arnaque leur business sur le dos d’honnêtes gens et se cachent là-bas. »
Certaines personnes ironisent sur le soudain intérêt pour la France de la part de ces influenceurs exilés à Dubaï, eux qui ont souvent critiqué leur pays natal. Dans sa chronique de ce lundi, la journaliste Isabelle Saporta détaille au micro de RTL : « C’est marrant mais avec la guerre et les missiles qui fusent, ils ont tous mais tous retrouver l’amour de la patrie (la France). Il faut les voir brandir leur passeport français, revendiquer leur nationalité, crier haut et fort leur amour de la France et exiger des avions militaires pour les rapatrier. À votre avis, chers influenceurs, ils sont payés comment les avions que vous exigez ? Avec la solidarité nationale avec laquelle vous avez refusé de contribuer. Vous savez à présent à quoi servent les impôts ».
Depuis le début du conflit, les influenceurs installés à Dubaï défendent leur lieu de vie rappelant que la situation reste mouvante et que la sécurité à Dubaï n’a pas été remise en cause. Dans une story mise en ligne ce lundi, Thibault Garcia postait une image – sans doute générée par l’IA – où il est écrit « We Chose This Country and we stand with it » que l’on peut traduire par « nous avons choisi ce pays et nous le soutenons ». Les influenceurs n’avaient pas prédit qu’une guerre viendrait mettre à mal leur vie tranquille à Dubaï. La réalité vient mettre un coup dur à leur vie de rêve et froisser la carte postale.
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