Envie d’éviter le surtourisme ? Voici les destinations encore méconnues à découvrir en Europe en 2027 - Victoria Henin

Envie d’éviter le surtourisme ? Voici les destinations encore méconnues à découvrir en Europe en 2027

Rome, Barcelone, Amsterdam ploient sous la foule. Pour éviter les hordes de touristes et voyager dans le calme, la plateforme Intrepid Travel a livré sa « Not Hot List » pour cette année 2027 à venir. On y retrouve quatre destinations européennes. On vous emmène.
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Instagram @minogiannisvalantis/best.greece.pictures

On pourrait grimper des heures sans croiser personne, jusqu’à cette tour de pierre plantée là depuis un millénaire. Ou plonger dans cette eau turquoise où se cachent des phoques que presque personne n’a jamais vus. Dans une forêt lettone, on pourrait aussi s’arrêter devant une caserne que le temps grignote. Et encore plus au Nord, mille lacs respirent dans un silence qu’aucun moteur n’est jamais venu troubler. Toutes ces destinations ont été répertoriées dans la « Not Hot List » 2027 d’Interpid Travel. Cette dernière met en lumière des alternatives méconnues et des lieux peu visités où l’argent du tourisme a un impact positif sur les populations locales.

« Si nous voulons que le tourisme reste une force positive, nous devons revoir en permanence notre façon de voyager et les lieux où nous nous rendons », explique Erica Kritikides, directrice générale des expériences chez Intrepid Travel, rapporte nos confrères d’Euronews. « La Not Hot List ne consiste pas seulement à mettre en avant des lieux méconnus, elle vise à faire évoluer le débat et à aider les voyageurs à découvrir de nouvelles destinations où leur visite peut apporter une contribution significative aux communautés et aux économies locales. »

Chacun des lieux de la liste doit disposer des infrastructures et de la capacité nécessaires pour accueillir davantage de visiteurs. Dix ont été sélectionnés en raison de nouvelles initiatives, d’une meilleure connectivité ou de grands événements qui font de 2027 l’année idéale pour s’y rendre. On vous en dit plus que ces quatre endroits encore préservés de la foule.

Mestia, la sentinelle de pierre du Caucase

Elles sont plantées là depuis le neuvième siècle, dressées vers le ciel, et personne ne semble pressé de les faire descendre. Dans les hauteurs de Svanétie, au nord-ouest de la Géorgie, les tours de pierres de Mestia racontent une drôle d’époque : celle où l’on se protégeait de l’envahisseur, mais aussi un peu du voisin. Plus la tour était haute, plus la famille avait de quoi frimer. L’UNESCO, séduite, a classé les tours à son patrimoine mondial. Autour, les sommets du Caucase dépassent les 5.000 mètres, avec le Chkhara en meneur de file.

Pour l’instant, la région n’attire qu’une poignée de curieux, loin des cohues alpines et leurs 120 millions de visiteurs annuels. Mais un aéroport se construit et les routes se dessinent. On en conclut que le compte à rebours a commencé. D’ici là, vous avez encore le temps d’aller marcher jusqu’au glacier Chalaadi sans croiser une âme, ou de grimper à « la tour de l’amour », où, selon la légende, une femme attendait un soldat qui n’est jamais revenu.

Alonissos, le dernier refuge des moines phoques

Autour de l’île grecque d’Alonissos s’étend le plus grand parc marin protégé d’Europe avec 2.260 mètres carrés, sept îles et vingt-deux îlots. En plein cœur de ce sanctuaire, l’îlot de Piperi, zone la plus protégée du parc et strictement inaccessible aux visiteurs, abrite dans ses grottes le moine phoque de Méditerranée, l’un des mammifères marins les plus menacés au monde. Il n’en reste qu’environ 700 sur toute la planète, et une soixantaine d’entre eux a choisi Alonissos pour se cacher. Autour de lui gravitent dauphins, tortues caouannes, faucons d’Eléonore, et parfois un cachalot égaré.

Seule île habitée de l’archipel, Alonissos joue la carte de la discrétion. Villages de pêcheurs, sentiers de rando, et pas la moindre folie architecturale à l’horizon, mis à part ces façades blanches et bleues. On y vient pour plonger, observer, ralentir et laisser, pour une fois, la nature fixer le tempo du voyage plutôt que l’inverse.

Liepāja, « la ville où naît le vent »

En Lettonie, Karosta, le quartier nord de la ville de Liepāja, fut construit par l’Empire russe à la fin du 19ème siècle pour abriter une base navale ultra-secrète, avant que l’URSS n’en hérite et n’en fasse son fief. Ici, tout tournait en circuit fermé. Une centrale électrique, des écoles, et une cathédrale orthodoxe que les Soviétiques, athés jusqu’au bout des bottes, ont transformé en cinéma. Jusqu’à 30.000 soldats et leurs familles ont vécu dans ce huis clos, soit un quart de la population de Liepāja à l’époque. Les troupes tireront leur révérence en 1994, du jour au lendemain.

Depuis, les casernes de briques rouges se fissurent lentement au milieu des arbres, dans le silence. La cathédrale, elle, a retrouvé ses fidèles. Mais Karosta n’est qu’une facette de Liepāja, qui a aussi sa plage et des cafés rock. De quoi comprendre pourquoi elle s’apprête à devenir Capitale européenne de la culture en 2027. Un comble, pour une ville qu’on a longtemps voulu faire taire.

Le Dalsland, le pays des mille lacs

« La Suède en miniature », dit-on d’elle. Et pour une fois, le slogan touristique ne ment pas vraiment. Cette province de l’ouest du pays compte plus de mille lacs, reliés par un canal du XIXe siècle qu’on cite volontiers parmi les plus beaux d’Europe. Le Dalsland, c’est 253 kilomètres de voies navigables, dont douze seulement ont été creusées ou dynamitées, le reste n’étant qu’un système lacustre laissé tel quel par la nature. À Håverud, un aqueduc ferroviaire enjambe la rivière avec une élégance presque déplacée pour de l’ingénierie du XIXe siècle.

Ici, certaines communes ne comptent que sept habitants au km2. Autant dire que l’on peut pagayer des jours entiers sans croiser personne, observer un castor au crépuscule ou encore cueillir des fraises des bois sans se presser. D’ailleurs, pas mal d’Allemands et de Néerlandais s’y sont installés pour tenir un camping ou une boulangerie, conquis par une promesse aussi simple qu’irrésistible : de l’eau, de la forêt et rien qui ne pourrait presser le temps.

Ces quatre lieux forment à eux seuls une promesse : celle de s’y rendre avant que tout le monde n’en parle. Parce qu’un jour, la foule finira par les trouver et ces destinations auront, elles aussi, leur fontaine de Trevi et une queue de trente mille personnes par jour. En attendant, le monde n’est pas encore complet, et il reste, quelque part entre le Caucase et la Mer Baltique, une place pour vous. Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.

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