Des coulisses feutrées des musées liégeois aux lumières blafardes de l’Amérique de Crewdson, la saison s’annonce électrique dans les musées belges. Voici les cinq escales indispensables pour un shot d’adrénaline artistique.
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1. Bachelot & Caron au BPS22
Si vous pensiez que la porcelaine était un truc de grand-mère, préparez-vous à avoir un petit choc thermique. Le duo Bachelot & Caron investit le BPS22 pour un parcours immersif intitulé Porcelaine et faits divers, qui convoque mythes, images dérangeantes et formes hybrides pour explorer les zones d’ombre de l’âme humaine. Anciens scénographe et costumière, ils ont travaillé ensemble pour Le Nouveau Détective, et ont décidé de mêler leurs univers pour transformer le crime en opéra baroque. Résultat ? Désir, violence, beauté et transgression s’entremêlent au fil des œuvres.
Entre banquets dévoyés, formes hybrides et humour noir, les deux artistes transforment la violence en une fête, et la céramique un objet de transgression. À la fois fascinant, dérangeant, parfois à la limite du malaise esthétique, au plus proche de ce que notre époque tait.
Quand ? Jusqu’au 3 mai 2026.
2. Gregory Crewdson au Musée de la Photo
À quelques encablures de là, le Musée de la Photographie accueille la superstar américaine Gregory Crewdson. Au menu ? Une trilogie réalisée entre 2012 et 2022 (dont les séries Cathedral of the Pines et An Eclipse of Moths) dans laquelle le photographe dévoile le portrait d’une Amérique qui regarde son propre épuisement dans le blanc des yeux. C’est beau comme un film d’Edward Hopper réalisé par David Lynch. Des rues désertées, des lumières blafardes et une angoisse sourde qui suinte de chaque pixel. Donnant aux visiteurs l’impression que le temps s’est figé juste avant une catastrophe. Sublime.
Quand ? Jusqu’au 17 mai 2026.
3. Kengo Kuma à la Fondation Folon
Changement radical d’atmosphère à la Fondation Folon qui invite le maître japonais Kengo Kuma. L’exposition nous plonge dans l’architecture de la légèreté de Kuma. Ce dernier utilise le bois, la transparence et la lumière pour reconnecter l’humain à la nature. On déambule dans un dialogue entre les structures géométriques de l’architecte du stade olympique de Tokyo et l’univers poétique de Folon. Pourquoi on y va ? Pour tester notre propre sensibilité à l’espace et au vide. Et pour ce petit détail sensoriel : l’odeur subtile du bois et les jeux de transparence qui transforment la lumière en matière première.
Quand ? Du 18 avril au 13 septembre 2026.
4. La Boverie célèbre son 10ème anniversaire

À Liège, La Boverie souffle ses dix bougies. Pour l’occasion, ils ont décidé d’ouvrir les placards. Et quels placards ! Au casting : Picasso, Magritte, Van Gogh, Matisse, Ensor... Au-delà des 250 œuvres des maîtres les plus célèbres de l’histoire de l’art, l’expo nous emmène en coulisses : restauration, analyses scientifiques, montage… On nous explique enfin comment on conserve des chefs-d’œuvre sans les faire tomber. Après tout, voir un Van Gogh à Liège, c’est quand même plus sexy que de faire la file au Louvre.
Quand ? Du 29 mai au 23 août 2026
5. Dimitri Pichelle au DHAM
On finit à Durbuy, la «plus petite ville du monde», pour une rétrospective musclée de Dimitri Pichelle. Trente ans de création qui oscillent entre l’abstraction et une figuration haptique (qui concerne le toucher). C’est organique, ça résiste, c’est incarné. Et surtout, c’est interactif. Pichelle veut abolir la distance, notamment grâce à certaines pièces qui engagent directement le corps. On est dans la confrontation pure avec la matière. On sent la rugosité de la matière sous les doigts et sentir le poids des sculptures. On en profite pour choper l’artiste lors d’une visite guidée le 4 avril.
Quand ? Jusqu’au 26 juillet 2026
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