À partir de ce 14 mars et jusqu’au 29 mars, le festival BANAD, qui célèbre sa dixième édition, invite à découvrir des lieux magnifiques, des chefs-d’œuvre d’Art nouveau, d’Art Déco et de modernisme, égrenés un peu partout dans la capitale. De quoi ravir les amateurs d’architecture et d’art… mais aussi, en décevoir plus d’un : le succès du rendez-vous est tel que la majorité des visites n’est déjà plus accessible. « Nous avons enregistré plus de 15 000 connexions sur notre plateforme le jour même de l’ouverture des réservations, alors que nous disposons de presque 20 000 entrées », nous avoue Amaury De Smet, directeur de la programmation et de la communication chez Explore.Brussels – qui regroupe plusieurs associations comme Arau, Arkadia, Bruxelles Bavard, pro Vélo…-, qui organise le festival.
Que celles et ceux qui n’ont pas obtenu de sésame pour l’événement se rassurent : tout au long de l’année, il est possible de visiter plusieurs de ces bâtiments, notamment par l’entremise d’Explore.Brussels. « Tous les premiers samedis du mois, nous ouvrons deux bâtiments, un Art nouveau, un Art Déco, pour permettre au public d’accéder à ces lieux en dehors du festival. Certains lieux sont publics, comme des écoles, des églises… qui et sont accessibles toute l’année, mais durant nos visites, nous nous efforçons de les aborder sous le prisme de l’architecture », précise notre expert.
S’y ajoutent aussi des lieux culturels – musées et galeries, entre autres – et des maisons privées. « En général, nous organisons chaque premier samedi du mois, dans chaque lieu, deux visites francophones, une anglophone, et le mois suivant, deux visites francophones et une néerlandophone, pour essayer d’offrir à tous les publics la possibilité d’y accéder. Et certains troisièmes samedis du mois, nous travaillons aussi en collaboration avec l’Hôtel Solvay. »
Les coups de cœur
Il est évidemment difficile de poser un choix parmi la multitude de trésors que Bruxelles abrite. Il y a évidemment des grands classiques que l’on peut visiter toute l’année, même en dehors des visites guidées proposées par l’association. C’est le cas des musées comme celui des Instruments de Musique (les anciens magasins Old England), du Musée et des jardins van Buuren – « un des plus beaux écrins Art Déco de la ville » –, le Centre Belge de la Bande Dessinée (installé sur le site Art nouveau des anciens magasins Waucquez), la Villa Empain, la Maison Hannon…

Mais aussi des galeries, comme la The Palm Beach Gallery, hébergée dans la Maison Averbouch, très belle maison Art Déco, ou La Loge, ancienne loge maçonnique Le Droit Humain muée en centre d’art contemporain, ou encore l’hôtel van Eetvelde, qui abrite le LAB• AN, un espace de promotion de l’Art nouveau belge, bruxellois et international… Autre bâtiment remarquable, ouvert au public toute l’année : la Basilique Nationale du Sacré-Cœur à Koekelberg – le plus grand édifice Art Déco du monde –, dont l’entrée est libre (seul l’accès au dôme est payant).

Et puis, il y a les maisons privées, qui ne se visitent que sur rendez-vous. C’est le cas de l’Hôtel Max Hallet – « le seul hôtel particulier de Victor Horta qui est encore habité par une seule et même famille » - ; la maison Marit, la maison van Bruystegem… Ou encore, la méconnue Maison de le Court : « Notre découverte de l’année, logée dans le parc Jean-Félix Hap. »
Vous qui passez sans me voir…
Il y a aussi, ci et là dans la ville, quelques bâtiments, devant lesquels on passe sans même plus les regarder, parce qu’ils sont ancrés dans le paysage, parce qu’ils ont un nouvel usage depuis des lustres, et qui pourtant, restent des vestiges remarquables de l’époque. « Ils sont en effet nombreux, sourit l’expert. Les exemples les plus populaires sont la gare Centrale, qui fut dessinée par Victor Horta ; le paquebot Flagey sur la place du même nom, moderniste à l’extérieur, Art Déco à l’intérieur ; le Palais des Beaux-Arts - Bozar –, un autre chef-d’œuvre de Victor Horta… »
Ceux dont les portes restent closes
Enfin, il y a ceux qui restent bien à l’abri des regards, parce que leurs murs sont privés, parce que le temps les a parfois abîmés. « On cite souvent le Palais Stoclet, mais on oublie de dire qu’il ne risquerait de ne pas résister à des visites trop fréquentes. C’est un peu comme les grottes de Lascaux : la seule présence des visiteurs pourrait les abîmer ; c’est une question de préservation du patrimoine. Il existe comme cela plusieurs bâtiments magnifiques mais ô combien fragiles. » Et puis, il y a les pépites, jalousement gardées par leurs propriétaires comme « la maison Titeca à Jette, la maison Descamps à Uccle. Il y a l’Hôtel Errera aussi, qui est la résidence du ministre-président flamand. Toutes ces maisons sont encore inaccessibles et on ne peut pas – encore- les visiter. » Et d’ajouter : « On pourrait citer aussi les Serres Royales de Laeken ; elles ouvrent évidemment leurs portes au public chaque année, mais on aimerait vraiment les faire découvrir sous l’angle purement architectural. »
Enfin, conclut notre interlocuteur : « Il y a toutes celles qu’on ne connaît pas encore, ces maisons privées et préservées, dont on ignore parfois même l’existence. L’année dernière, on a par exemple ouvert les portes d’une maison incroyable à Anderlecht : une œuvre d’art totale, qui était dans la même famille depuis 70 ans et qui n’avait pas bougé. On essaie de rester attentif aux annonces immobilières dans et espérons y voir apparaître l’une ou l’autre pépite ; ce sont les souvent nos plus belles découvertes. ».
BANAD jusqu’au 29 mars, visites guidées toute l’année via Explore.Brussels
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet













