
La Croisette, le cinéma, le soleil, les stars : ce cocktail ultra-désirable ne fait penser qu’à un seul événement : le Festival de Cannes. Mais derrière la magie du moment, une question revient chaque année : pourquoi le dress code imposé aux hommes est-il si (ou de plus en plus) strict ?
Les organisateurs utilisent le terme : « Tenue correcte exigée ». Pour les hommes : l’éternel smoking noir, chemise blanche et chaussures de ville sont exigés. Pour les femmes : robe de soirée et talons obligatoires. Depuis des décennies, la réglementation refuse de plier, et aucun geste d’ouverture de la part des organisateurs ne semble à l’ordre du jour. Depuis l’édition de 2025, les organisateurs ont interdit les robes transparentes (Naked dressing) en dernière minute avec comme explication : « Pour des raisons de décence, la nudité est interdite sur le tapis rouge, ainsi que dans toute autre zone du festival ». Bella Hadid et d’autres devaient dès lors revoir complètement leur look.
Et chez les hommes ? Une autre option s’offre aux stars masculines, mais elle est toujours aussi classique : costume bleu marine ou gris, pour un côté très traditionnel, voire ennuyeux. Certaines personnalités jouent avec ce protocole en apportant un côté moderne, comme Paul Mescal l’édition passée, s’amusant avec l’image du pantalon de costume en le portant en taille haute, et avec une réinvention de la cravate, version foulard par Gucci.

Mais même si les coutumes n’évoluent pas, la mode, quant à elle, est bien différente de celle de 1946. Même si les dernières Fashion Weeks ne présentaient pas une palette de couleurs très nuancée, on s’attend à voir de la nouveauté et un peu d’audace devant le Palais des Festivals… Alors ?
À l’époque…
Si le protocole cannois est si strict, c’est avant tout parce qu’il reflète l’écosystème luxueux qui entoure l’événement. Le festival ne vit pas en autarcie : il est indissociable des grands palaces de la Croisette, comme le Carlton ou le Majestic, qui imposent eux-mêmes depuis toujours des codes vestimentaires très rigoureux à leur clientèle fortunée. Le smoking noir et la robe de cocktail y sont la norme, pas l’exception… comme sur le tapis rouge.
Cette exigence commence dès la première édition du Festival. À l’époque, le Palais des Festivals n’existait pas encore et les projections se déroulaient au casino municipal. Le festival a donc immédiatement adopté les codes de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie qui fréquentaient ces cercles de jeux : il fallait voir et être vu dans ce que la haute couture faisait de mieux et surtout pour se différencier de la Mostra de Venise.
Pour garantir le glamour et l’élégance de l’événement à travers les années, les organisateurs ont conservé ces règles strictes. Mais aujourd’hui, ces codes liés au luxe posent question quant à l’évolution de la mode, son importance sur les réseaux sociaux et les mentalités évoluant avec leur temps.
Des stars qui osent le pari

Même si le dresscode est strict, certaines stars n’ont pas peur de franchir le pas et de détourner les règles pour créer des looks viraux. Depuis quelques années, le tapis rouge se transforme parfois en Fashion Week ou en défilé du Met Gala. Le but ? Être tendance sur les réseaux sociaux et plaire aux grandes maisons de luxe, partenaires majeurs de l’événement.
L’an dernier, lors de l’avant-première de The Phoenician Scheme, l’acteur Alexander Skarsgård s’est fait remarquer avec un détail mode audacieux : une paire de cuissardes en cuir signée Anthony Vaccarello, le créateur belge à la tête d’Yves Saint Laurent. Comme quoi, une seule pièce peut faire tout un look !

On peut aussi penser au chanteur et influenceur Bilal Hassani qui, en 2023, avait marqué les esprits en arrivant dans une longue robe Alexander McQueen, restant fidèle à son style tout en respectant le protocole à sa manière. Pour finir, Omar Sy, en 2024, quant à lui, avait sorti le manteau large noir, à l’anglaise, signé par Alexandre Mattiussi de la maison AMI.
Des sorties de route qui n’ont pas de conséquences en soi, la seule sanction encourue étant de se voir refuser l’accès aux marches. Julia Roberts a pu les monter pieds nus… Alors ?
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