Festival de Cannes : en marge des marches, ces cadeaux exclusifs faits aux stars - Charlotte Vanbever

Festival de Cannes : en marge des marches, ces cadeaux exclusifs faits aux stars

De cette 79e édition du Festival de Cannes, on a vu et retenu, comme chaque année, les tenues éclatantes, les faux-pas fashion et les sourires – francs ou laissant transparaître une certaine appréhension. Mais seules les stars ont vu l’envers du décor. Dans une des suites d’un palace cannois, une profusion de « sacs cadeaux » très exclusifs qui leur étaient destinés. On vous dit, entre autres, ce qu’ils contenaient.
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Au Festival de Cannes, il y a ceux qui défilent sur le tapis rouge, sous les flashs crépitants. Puis, ceux qui se succèdent, plus discrètement, entre les quatre murs d’une luxueuse suite. Depuis 21 ans, un événement majeur – puisqu’il attire les stars – se joue en marge de la quinzaine, dans un palace cannois. Cette année, c’est au JW Marriott (5*). Ici, on ne disserte pas sur la Palme à venir, on écoute des jeunes entrepreneurs, des créateurs émergents et autres représentants de marques installées vanter les mérites de leurs produits, leur exclusivité puisque personne – ou presque – n’y a encore eu accès. C’est le principe d’une « suite cadeaux », un concept créé par une Franco-Américaine au milieu des années 2000. Depuis, qu’ils s’appellent Charlize Theron, Richard Gere ou encore Isabelle Adjani, – n’en jetez plus, tant le name dropping est interminable ! –, le passage par le « salon cadeaux » géré par Nathalie Dubois est incontournable, pour peu de vouloir être chouchouté.

Festival de Cannes : en marge des marches, ces cadeaux exclusifs faits aux stars - Photo News - Charlotte Vanbever
Derrière les portes du JW Marriott Cannes, une suite de cadeaux très exclusifs. - Photo News

Car dans la suite réservée par l’agence de stratégie marketing DPA lors des événements majeurs du 7e art (et de la musique), la star est - encore plus – roi (ou reine). « Comme on leur offre des cadeaux, ils m’adorent tous ! », sourit la businesswoman, rencontrée l’année dernière alors qu’elle gâtait actrices et acteurs quelques jours avant la cérémonie des Césars. Nathalie Dubois fait un métier de l’ombre, auprès de ceux qui attirent toute la lumière. Sur les rares photos d’elle qui ont filtré sur le net, on la voit poser avec Sharon Stone (« c’est véritablement elle qui a lancé le succès de ces suites »). « C’est parti comme un accident. En 2003, je devais produire un film avec David Carradine, et on était venus à Cannes. À l’époque, il y avait de gros showrooms de marques françaises pour nous habiller pour la montée des marches. J’ai trouvé ça pas mal et j’ai gardé ça en tête.

Du corset au voyage en Polynésie

Puis, en 2005, alors que j’organisais des grosses fêtes aux États-Unis – j’ai même pu travailler pour Michael Jackson à Neverland –, un client qui faisait des bijoux de perles haïtiennes, m’a demandé que je m’occupe de ses relations presse pour faire connaître ses créations. Je n’étais pas sûre, mais l’idée a germé et j’ai repensé aux showrooms du Festival de Cannes. À l’époque, à Los Angeles déjà, on commençait à offrir des petits gift bags (sacs cadeaux) aux célébrités. Six mois plus tard, je me suis lancée pour les Golden Globes. Et j’ai commencé avec des gift bags qui valaient chacun 38 000 dollars, dedans j’avais notamment mis ces fameuses perles de Tahiti. Les actrices de Desperate Housewives, sont venues, Paula Abdul… Et les gens me demandaient : ‘Mais tu viens d’où ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu fais quoi pour les Oscars ?’ Et trois semaines plus tard, je recommençais pour les Oscars. On est passé à des cadeaux de 38 000 à 75 000 dollars. Après ça, je me suis lancée à Cannes. Mais je ne pensais pas que je ferais plus de 20 ans de « suite cadeaux » ! »

Des bijoux Niara High Jewelry - DR
La collection Chic Pluie de Pascal Piveteau - DR
Du Champagne du Domaine de Nuisement - DR

Revoici donc cette année Nathalie Dubois à Cannes, la besace remplie, telle Mary Poppins, de surprises – plus glamour et bling-bling tout de même qu’un porte-manteau et un sirop qui « aide la médecine à couler – pour les (déjà) riches et célèbres. Dedans, en vrac – et la liste est non-exhaustive : des perles noires de la maison tahitienne Miliani ; des pièces de haute joaillerie d’exception de la maison Niara High Jewelry ; la collection Chic Pluie, en cuir stretch, du Français Pascal Piveteau ; des corsets de la créatrice Mary Antoinette ; le parfum L’Entropiste de Bertrand Duchaufour ; des masques pour les jambes et les bras de Masqly ; une petite trousse « tapis rouge » contenant des produits pour le visage de Glow by me ; ou encore un champagne d’exception du Domaine de Nuisement, accompagné d’un caviar estonien de Nova Caviar ; un séjour dans un hôtel 6 étoiles, Le Taha’a by Pearl Resorts, en Polynésie française et un autre aux… Bains de Spa (si, si…) !

Le juste prix

Le montant du sac cadeaux offert cette année ? On ne le connaîtra pas. Cela fait des années que la businesswoman ne fait plus officiellement les comptes. « Tout simplement parce qu’à un moment, une loi qui est sortie aux États-Unis où ils voulaient taxer les salons cadeaux. Ça a été panique à bord et on a donc arrêté de donner le prix des cadeaux ». Mais pourquoi, direz-vous, offrir à ceux qui n’en ont vraiment pas besoin ? Pour le plaisir, d’abord, que cette cinéphile trouve dans ces rencontres. « Ce qui m’impressionnait, c’était de rencontrer une Adjani, une Deneuve, un Harry Belafonte… Avant, je travaillais pour Studio Magazine. J’ai créé le bureau de Studio à Los Angeles, j’ai été journaliste pendant 7 ans. Je suis partie vivre aux États-Unis super jeunes, j’étais d’abord en fac d’histoire. Après ça, j’ai fait de la promotion dans les clubs, puis j’ai commencé à organiser des fêtes etc. Ce que je voulais devenir c’est productrice, mais ça ne s’est pas encore fait ».

Ensuite, moins égoïstement, il y a le défi : faire émerger une jeune marque, lui donner de la visibilité en conquérant le cœur des stars. « On a déjà travaillé avec de grands noms comme Chopard, Dior… Mais en même temps, ce qui fait le charme de la suite, c’est toutes ces petites marques plus de niche. Ces gens ont déjà tout mais ils savent, quand ils viennent ici, qu’ils vont trouver le nouveau truc très qualitatif. Ils savent que c’est unique et qu’il y a des histoires derrière chaque jeune marque. Et c’est comme ça qu’on a pu lancer des carrières de couturier par exemple… Ma fierté, c’est quand je vois les clients de la suite faire quelque chose des produits qu’on leur a offerts ». Les chiffres donnent raison au discours de la Franco-Américaine. « Lors des Oscars, les données pour ces marques, au niveau d’Instagram, peuvent grimper de 150 %. Et ça fait augmenter les ventes ».

Festival de Cannes : en marge des marches, ces cadeaux exclusifs faits aux stars - DR - Charlotte Vanbever
Nathalie Dubois, amie discrète des stars. - DR

Nathalie Dubois sait qu’à chaque festival, qu’à chaque cérémonie de prix, elle remet son intégrité en jeu. « Je me dois d’être fidèle et transparente. Je ne fais jamais de compromis pour de l’argent. Mon intégrité, c’est d’offrir des produits en lesquels je crois, que je porte, que j’utilise, que j’ai testés ou suis allée moi-même chercher ». C’est ça, dit-elle, qui fait la différence avec la concurrence. Et ce petit truc en plus aussi : sa double culture. « J’ai bâti mon carnet d’adresses à l’international. Par rapport aux autres agences américaines, je suis la seule à faire ça à l’international. Au début, ça a été très dur avec les Français, parce qu’ils n’ont pas cette mentalité. Je n’ai jamais fait un gift bag identique aux États-Unis et en France. Déjà, on n’utilise pas les mêmes couleurs aux États-Unis qu’en France. Il y a plus de métallique, plus de bling-bling, de show off chez les Américains, alors que les Français sont plus classiques. Je joue à l’Américaine ici mais en connaissant le marché français. Et c’est pour ça que ça marche très bien pour moi à Cannes parce qu’il y a 40 % d’Américains, 40 % de Français et le reste est international. Et en plus on a ouvert un bureau au Japon… ». Quand elle a ouvert sa première « suite cadeaux » à Cannes, il y a 21 ans, c’était au Nikki Beach. Assurément, elle avait de la « suite » dans les idées.

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