
Les Diables rouges nous ont fait vivre des montagnes russes hier soir lors de leur 16e de finale de la Coupe du monde face au Sénégal. Les hommes de Rudi Garcia se sont imposés 3-2 au terme d’un match rocambolesque, avec en apothéose, une remontada inespérée.
De ce 16e de finale, on retiendra le score final et la qualification pour le prochain tour face aux États-Unis (ce mardi 7 juillet à 2 h du matin), mais aussi le magnifique maillot des joueurs belges. La vareuse – portée pour les matchs extérieur – se distinguait sur le terrain du stade de Seattle par sa couleur bleu ciel, ainsi que ses cercles et bandes roses, faisant presque penser à des petites bulles de chewing-gum version arty. Si l’on va dans les détails, on remarque à l’intérieur du col une petite écriture sur laquelle on peut lire « ceci n’est pas un maillot ». Une phrase qui n’est pas sans rappeler les célèbres « ceci n’est pas une pomme » et « ceci n’est pas une pipe » du plus célèbre des peintes belges : René Magritte.
Un maillot imposé en 16e de finale
Car le maillot belge rend en effet hommage à l’artiste à qui l’on doit des chefs-d’œuvre comme Les Amants (1928), Golconde (1953), Le Fils de l’Homme (1964), sans oublier La Trahison des Images où il est inscrit le fameux « Ceci n’est pas une pipe ».
La vareuse s’inspire du mouvement surréaliste dont René Magritte est l’un des pionniers et son tableau La Voix des Airs (1931) réalisé à la peinture à l’huile en 1931 et conservée dans la collection Peggy Guggenheim à Venise. La Fédération Internationale de Football (Fifa) a d’ailleurs obligé les hommes de Rudi Garcia à porter leur maillot « Magritte », au lieu de leur traditionnelle tunique rouge, afin d’améliorer la visibilité pour les personnes daltoniennes.
La Fifa prend des mesures pour rendre l’expérience du football accessible au plus grand nombre, dans les stades comme à la télévision. Concernant le déficit de la vision des couleurs, le daltonisme rouge-vert est la forme la plus courante et représente la très grande majorité des cas. La fédération internationale de football, comme l’UEFA, interdit donc les confrontations entre des maillots rouges et verts pour garantir une expérience footballistique inclusive. La pelouse verte rendrait par ailleurs la situation encore plus difficile pour les personnes atteintes de ce type de daltonisme. Le problème s’était déjà posé lors du match opposant la Norvège au Sénégal, pendant la phase de groupes.
Critiqué en Italie et en Angleterre
Oui mais voilà, ce maillot extérieur des Diables rouges suscite la polémique. Certains saluent le choix de couleurs pastel à l’instar du défenseur Thomas Meunier qui a déclaré dans les colonnes du Het Laatste Nieuws : C’est un maillot artistique et c’est aussi pour cela que je l’aime autant. Il est important de se démarquer. Notre maillot classique est évidemment beau aussi, mais celui-ci est vraiment spécial ».

« Un pyjama pour enfants »
La chaîne américaine ESPN est également fan du maillot « Magritte » en le classant à la neuvième place des plus beaux maillots de la Coupe du monde : « Le design présente un motif abstrait rose pastel et bleu, qui intègre à la fois le ‘B’ de l’emblème et les sphères argentées de Magritte. Magnifique ». Toujours aux États-Unis, le New York Times « espère que le maillot sera sorti du placard plus d’une fois ». Chez nos voisins français, le vêtement a également séduit. 20 minutes le décrit comme étant « vraiment exceptionnel » et « vraiment réussi ».
Si certains s’extasient devant le maillot extérieur, d’autres ne sont pas tendres du tout. Les médias britanniques et italiens se montrent particulièrement virulents à l’image de The Observer qui compare la vareuse… à un « pyjama pour enfants ». Première balle perdue. Pire, le vêtement serait « un horrible plastique à bulles psychédélique ». Deuxième balle perdue. La Gazetta parle également de « pyjama » et de « bulles de savons » cette fois-ci. Le média va plus loin écrivant qu’il s’agit d’une « œuvre d’un designer en proie à des hallucinogènes de première qualité. » Troisième balle perdue.
Du côté de The Mirror, on salue le côté accrocheur et coloré du maillot, mais il manque un petit supplément d’âme selon le journal . « Il présente beaucoup de similitudes avec le design précédent ». Difficile de contenter tout le monde donc. Mais n’est-ce pas le propre de la mode de susciter des débats sur des choix de coupes, de couleurs, des messages cachés… ?
Ce n’est pas la première fois que le maillot des Diables rouges rend hommage à la culture belge. Avant Magritte, des clins d’œil ont été faits à Tintin, Tomorrowland, ainsi qu’au cyclisme. Quel sera le thème mis à l’honneur pour la Coupe du monde 2030 ? Réponse dans quatre ans.
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