
En pleine canicule, cette poudre blanche à quelques euros le kilo est devenue le tuyau anti-chaleur que tout le monde s’arrache. Pas parce qu’elle fait des miracles, mais parce qu’elle répond à un problème devenu brûlant : des logements qui n’ont tout simplement pas été prévus pour encaisser de telles températures.
Pourquoi cette pièce de la maison est en train de disparaître en Belgique :
La poudre de grand-mère devenue star de l’été
Il y a encore quelques semaines, personne ou presque ne se serait battu pour un pot de blanc de Meudon. C’était le genre de produit inconnu au bataillon que l’on croisait en droguerie. C’était sans compter sur la canicule. Lorsque nos appartements ont commencé à cuire, les réseaux ont flairé le filon. Et soudain, cette poudre de carbonate de calcium, proche de la craie, est devenue le must-have des rayons bricolage.
Le principe est d’une simplicité confondante : on mélange un peu de blanc de Meudon avec de l’eau pour obtenir une pâte ou un lait blanc, puis on l’applique sur les vitres exposées au soleil. Résultat ? La fenêtre devient opaque, renvoie une partie des rayons et limite l’effet serre à l’intérieur. Elle ne refroidit pas la pièce comme une clim, mais elle empêche efficacement le soleil d’entrer.
C’est là que ça devient intéressant d’ailleurs. Le blanc de Meudon joue sur l’albédo, cette capacité d’une surface claire à réfléchir la lumière. Une vitre nue laisse passer une grande partie du rayonnement solaire, alors qu’une vitre blanchie le bloque.
Pourquoi tout le monde se l’arrache
En prime, le blanc de Meudon est peu cher, simple à appliquer, naturel, visuel, et donne l’impression très satisfaisante de reprendre le contrôle. Pas étonnant que l’on assiste dès lors à une ruée sur le produit dès le seuil des 30 ºC dépassé. Tous les médias relaient le même phénomène : rayons vidés, références indisponibles dans certaines enseignes, internautes en quête de plans B…
Efficace, mais pas magique
Mais est-ce vraiment efficace ? Oui, dans une certaine mesure. Pierre Deroubaix, ingénieur à l’Ademe interrogé par BFM, confirme que le principe peut aider à limiter l’entrée du rayonnement solaire. Pascal Lenormand, ingénieur et designer énergétique cité par plusieurs médias, évoque même un blocage important du rayonnement dans certains cas. Mais il faut garder la tête froide, même quand l’appartement ne l’est plus : le blanc de Meudon ne promet pas systématiquement moins dix degrés dans le salon. Il peut faire gagner du confort, ralentir la montée en température, rendre une pièce plus supportable. Ce qui, en pleine canicule, est déjà beaucoup, il faut bien l’avouer.
L’astuce fonctionne surtout sur les fenêtres très exposées, plein sud ou plein ouest, quand on n’a ni volets, ni stores extérieurs, ni brise-soleil. L’idéal est de l’appliquer à l’extérieur, car mieux vaut bloquer le soleil avant qu’il ne chauffe la vitre. À l’intérieur, cela peut aider un peu, mais une partie du rayonnement a déjà traversé le vitrage.
Mode d’emploi
Côté application, rien de sorcier. Il suffit de dépoussiérer la vitre, de mélanger la poudre avec de l’eau, puis d’étaler au chiffon, à l’éponge ou au rouleau. Petit conseil : mieux vaut éviter de le faire en plein soleil, quand la vitre est brûlante, sous peine de voir le mélange sécher trop vite et laisser des traces. On préférera le matin tôt ou en fin de journée. Ensuite, quand la vague de chaleur passe, un jet d’eau ou une éponge humide suffit généralement à tout retirer. Mieux vaut éviter de gratter à sec : la poudre peut se disperser et irriter les yeux ou les voies respiratoires.
Évidemment, chaque avantage a ses inconvénients. Une vitre blanchie, surprise, ne permet plus vraiment d’admirer la vue. Elle assombrit aussi la pièce, et la pluie peut délaver le tout. Le blanc de Meudon n’est donc pas une solution propre, chic et permanente, mais plutôt une parade utile, temporaire et pas chère en moment de crise.
Rupture de stock ? Les plans B
Introuvable ? On peut se rabattre sur du blanc d’Espagne ou de la craie blanche mélangée à de l’eau, avec une tenue plus aléatoire. Films réfléchissants, draps blancs, couvertures de survie, stores ou végétation peuvent aussi aider. Le but reste le même : empêcher le soleil de taper directement sur les vitres, avant que murs, sols et meubles n’emmagasinent la chaleur pour la recracher toute la nuit.
Au-delà de l’emballement sur TikTok, le phénomène révèle surtout des logements mal préparés aux canicules. L’Ademe le répète : fermer les volets avant que le soleil ne tape, garder les fenêtres closes le jour, aérer la nuit, limiter les appareils qui chauffent. Encore faut-il avoir des volets. Dans beaucoup d’appartements urbains, il reste surtout du charme, de la lumière… et une fâcheuse tendance à se transformer en hammam dès 14 heures.
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