
Chaque année, même rite de passage. Le coffre plein, cap plein sud sur l’A7, on débarque très exactement dans le même bled du Sud de la France, la même semaine de juillet, parfois dans le même camping ou la même location avec le même volet qui grince. La boucle est bouclée. Pourquoi ce besoin de rejouer la même partition ? Pour faire parler d’elle en plein pic de l’été, l’entreprise d’assurance voyage InsureandGo a posé la question à la psychologue britannique Dr Sandi Mann. Décryptage.
Voici les destinations à privilégier pour des vacances reposantes :
Le « boomerang holiday »
Ce phénomène d’aller-retour perpétuel possède son propre surnom scientifique : le boomerang holiday (vacance-boomerang). D’après une étude menée par InsureandGo auprès de plus de 1 000 voyageurs, près de deux personnes sur cinq (39 %) ont l’habitude de retourner obstinément au même endroit année après année.
Par manque d’inspiration ? Non, plutôt par économie d’énergie cérébrale, nous raconte l’étude. « Quand nous retournons dans un endroit ou un hôtel familier, nous réduisons considérablement les demandes faites à notre cerveau, en particulier concernant la prise de décision », analyse la psychologue Dr Sandi Mann. Autrement dit, opter pour la répétition, c’est liquider d’un trait la corvée de choisir, cette fatigue décisionnelle qui nous colle au train le reste de l’année.
Deuxième levier encore plus puissant : la mémoire affective. « Aller dans un endroit associé à des moments joyeux passés déclenche notre mémoire émotionnelle et fait resurgir d’autres souvenirs positifs », poursuit l’experte. Bref, comme le cerveau repère vite ses marques, il n’a pas à forcer. On débranche aussitôt qu’on a coupé le moteur.
Le confort a un prix
Sauf que cette tranquillité d’esprit se paie coûtant. D’après l’étude, un habitué sur deux finit par l’avouer : chaque été sur place a un goût un peu plus frelaté que le précédent. C’est ce que les économistes et les psychologues appellent la « loi des rendements décroissants » : plus on répète un stimulus, plus la récompense perçue diminue. En snobant l’inconnu, on se prive donc sciemment de la seule chose qui vaille : le fameux shot de dopamine que procure la nouveauté. « Les êtres humains sont câblés pour rechercher la nouveauté », prévient le Dr Sandi Mann. À force de jouer la sécurité, les vacances finissent par ressembler au reste : un truc plat, poli par l’habitude, dont la saveur s’évapore sans qu’on réussisse à dater le début de la rengaine. Sans qu’on comprenne où l’on a foiré.
La peur de rater ses vacances (et comment feinter son cerveau)
Si l’on y retourne par dépit, c’est qu’au fond, plus d’un voyageur sur deux (55 %) cherche surtout une béquille. Le Dr Sandi Mann l’explique très bien : la peur de l’inconnu nous fait dramatiser le moindre imprévu potentiel tout en nous persuadant qu’on est d’une incompétence crasse dès qu’il s’agit de gérer un imprévu.
Faut-il pour autant balancer toutes ses petites habitudes ? Pas forcément. L’experte suggère plutôt de pirater sa routine de l’intérieur, en y injectant une dose de nouveauté sans renoncer au lieu qu’on aime : on teste une adresse inédite, on décale son séjour hors saison ou l’on embarque une autre bande de potes. Pour celles et ceux chez qui le flippe du changement persiste, on opte pour une transition douce : une côte voisine, un coin qui ressemble au nôtre, mais avec un accent légèrement différent. Vous pouvez aussi assumer la rengaine, mais ne venez plus vous plaindre que le rosé à le même goût que l’an dernier.
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














