
C’est bien simple, en ce moment, la planète n’a plus qu’un seul prénom à la bouche : Céline. Comme on l’attendait, son grand retour a pris des allures de raz-de-marée absolu. Évidemment, pour ses retrouvailles avec la scène parisienne après six ans d’absence, la diva n’a pas fait les choses à moitié.
Le 25 septembre dernier, face aux 35.000 spectateurs en transe de la Plenitude Arena, Céline Dion est apparue dès les premières notes de son tube On ne change pas, moulée dans une création sur mesure Dior signée Jonathan Anderson. Chaque apparition de la chanteuse est désormais attendue comme un statement mode ausculté sous toutes les coutures. Et cette fois encore, ça n’a pas loupé.
Au premier coup d’œil, une longue colonne de mousseline noire minimaliste. Une coupe qui épouse parfaitement la ligne de la star avant de basculer dans le spectacle : d’imposants éventails de crin plissé noir et gris clair, entièrement rebrodés de cristaux et de perles, viennent sculpter la taille.
Sur le côté, une basque théâtrale vient casser la verticalité pour offrir à la pièce ce mouvement fascinant, oscillant entre fleur géante et pièce d’architecture. Presque sage de face, infiniment plus audacieuse de profil. Pas besoin d’une traîne de dix mètres ni d’une orgie de strass pour régner sur l’arena. Ici, la puissance réside dans la construction.
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Jonathan Anderson fouille dans les archives Dior
Pour concevoir cette pièce, Jonathan Anderson est allé fureter dans les archives du 30 Avenue Montaigne, exhumant la robe Francis Poulenc, chef-d’œuvre haute couture dessiné par Christian Dior pour sa collection printemps-été 1950 (la mythique ligne Verticale).
76 ans plus tard, Anderson extrait le concept du plissé poétique et la silhouette florale, mais dépoussière l’ensemble : les volumes deviennent asymétriques, la palette se resserre sur un duo noir et gris souverain, et la jupe ample cède sa place à une colonne acérée, presque graphique. Ce jeu de miroir avec le passé est d’ailleurs devenu la marque de fabrique du Dior de Jonathan Anderson. Le créateur irlandais est passé maître dans l’art de télescoper patrimoine et tension contemporaine.
Céline et Dior, une vieille histoire
Alors sur Céline Dion, l’exercice prend presque une dimension mythologique. Car l’histoire d’amour entre la star québécoise et la maison parisienne est une suite ininterrompue de coups d’éclat. À commencer par les Oscars 1999, lorsqu’elle osait le smoking blanc porté à l’envers par John Galliano. Un coup de poker moqué par la presse à l’époque, et devenu aujourd’hui un moment d’anthologie.
Au milieu des années 2010, Céline Dion opère l’un des virages stylistiques les plus réjouissants de la pop culture. Avec Law Roach aux commandes, ses sorties parisiennes deviennent des mini-défilés sauvages. Elle enfile une robe Balenciaga vert acide signée Demna, du Off-White de Virgil Abloh, des cuissardes, des silhouettes couture impossibles à porter pour le commun des mortels.
Au Met Gala de 2019 consacré au « camp », elle ne se contente pas de comprendre le thème, mais l’avale tout cru. Oscar de la Renta lui confectionne une spectaculaire silhouette de showgirl inspirée des Ziegfeld Follies, ruisselante de franges perlées, coiffée d’un couvre-chef de plumes pesant près de dix kilos.
De la tour Eiffel à la Plenitude Arena
Dior, pendant ce temps, n’a jamais été très loin. On la retrouve en total look de la maison au premier rang de la haute couture dès 2016, puis en Christian Dior Resort dans les rues de Paris en 2017. Mais leur autre grand rendez-vous reste évidemment juillet 2024. Pour chanter L’Hymne à l’amour depuis la tour Eiffel lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, Maria Grazia Chiuri imagine pour elle une robe Dior en georgette de soie blanche entièrement brodée, prolongée de 500 mètres de franges constellées de milliers de perles argentées. Plus de 1.000 heures de travail pour quelques minutes devenues instantanément historiques.
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