Êtes-vous un vampire shopper ?

Au Royaume-Uni, les achats en ligne se multiplient la nuit. Une emplette sur quinze est réalisée sur Internet entre 1 h et 6 h du matin. C’est 23 % de plus sur un an. Le phénomène du vampire shopping va-t-il frapper la Belgique ?

Par Pascale Laroche. Photo : on Unsplash. |

Les Anglais ont-ils compris qu’il fallait veiller la nuit pour ne pas rater la bonne affaire ou sont-ils tous insomniaques?

Selon une étude réalisée par les magasins John Lewis, nos voisins, dès la nuit tombée, vampirisent la toile tels des zombies boulimiques d’offres en tout genre, faisant saigner leurs cartes de crédit pour des housses decouettes,des ordinateurs portables,des téléphones mobiles, des congélateurs et surtout, des séjours de vacances et des billets d’avions. Outre-Manche, les achats en ligne s’envolent dès 22 h avec un trafic à son apogée autour de minuit. Et les Belges, sont-ils, eux aussi, des vampire shoppers ? Selon le socio-économiste Marc Vandercammen, il n’y a pas, en Belgique, d’étude sur les moments d’achat. "Mais on sait que certaines marques proposent des deals aux heures creuses pour être certaines de vendre plus vite ". Ainsi, Sophie, Bruxelloise, 31 ans, passe toutes ses commandes de préférence après minuit. C’est une façon de gagner du temps. Après une grosse journée de travail, la nuit, c’est plus tranquille. Même son de cloche auprès de Salomé, de la région liégeoise, qui fouine les promotions dès la nuit tombée. Après tout, sur la Toile, les boutiques sont ouvertes 24h/24. Martine Clerckx, de l’agence Wide, un institut stratégique sociétal, tempère un peu : " Le Belge n’est pas un acheteur compulsif. Il achète des choses utiles ". Et comme nous sommes 27 % à consulter notre smartphone avant d’aller dormir (selon une étude sur le Global Model Consumer), nos emplettes concernent souvent du mobilier pour la chambre ou des achats programmés qu’on n’a pas eu le temps de finaliser. " Si le vampire shopping est so British, c’est parce que, dans les pays anglo-saxons, les gens travaillent beaucoup plus que chez nous ", explique Martine. " Et parce que les trajets pour aller travailler sont plus longs. Conséquence : ils manquent de temps et utilisent la nuit pour faire les choses qu’ils n’ont pas pu faire la journée ".

Mutation dans les deux ans 

Sommes-nous donc à l’abri d’une transformation en chauve-souris ? Pas vraiment, quand on sait que le Belge passe de plus en plus de temps dans les embouteillages et qu’au boulot, il a de moins en moins de moments pour lui. C’est une question sociétale d’organisation du temps de travail. "Même s’il est moins flexible que ses voisins européens, le Belge adopte, comme eux, de plus en plus vite, les comportements venus d’ailleurs ", explique Martine, qui conclut Nous pourrions donc, nous aussi, devenir des vampire shoppers, dans les deux années à venir. On rappellera qu’en Angleterre, face à ce phénomène, les associations ont la dent dure. The Money and Mental Health Policy Institute avertit : notre capacité à contrôler notre envie de dépenser et résister à la publicité se réduit avec nos heures de sommeil. Nous serions, la nuit, moins résistants à certaines pulsions. Sors donc de ce corps, Dracula !

 

 

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