Yuka : l’application est-elle vraiment efficace ?

Si il y a bien une application qui fait parler d’elle pour le moment, c’est Yuka. Cette application mobile permet d’obtenir des informations sur la composition d’un produit en un seul scan. Elle nous indique ensuite sa note sur une échelle de 0 à 100, une méthode simple et rapide qui plaît aux consommateurs ! Mais est-ce que ces rapports sont-ils vraiment fiables ?

CAMILLE BERNA. PHOTO : D.R. / Jenna Day on Unsplash |

Au moment d’aller faire les courses, certains ne jurent plus que par Yuka. Depuis son lancement en 2017, l’application a dépassé la barre des 15 millions d’utilisateurs. À l’heure où les consommateurs font de moins en moins confiance aux marques, Yuka s’impose comme une solution facile et rapide pour s’informer sur ce que l’on consomme. « Quel est le contenu des produits que je mange ? » « Est-ce bon pour ma santé ? ». Des questions fréquentes auxquelles l’application se dit pouvoir répondre. Mais que faut-il réellement penser de Yuka ? 

Un manque de précision 

De nombreux professionnels dénoncent le manque de fiabilité de Yuka. Son système de notation est accusé de se baser sur des données trop floues, en passant à côté de critères importants nécessaires pour évaluer un produit. Comme l'expliquent les développeurs de l'application sur leur site internet, 60% de l'évaluation d'un produit repose sur sa qualité nutritionnelle (calories, graisses saturées, sucres, sel, fibres et protéines...). Une note qui n’est pas totalement fiable étant donné que l’application simplifie la composition nutritionnelle des aliments. Prenons par exemple le fait que Yuka mentionne la quantité de graisses saturées, mais pas de graisses totales. Résultat ? Le consommateur pourrait scanner un produit avec peu de graisses saturées qui apparaîtra comme « bon » sur Yuka, alors qu’en réalité on aura affaire à un produit gras.

Autres inconvénients, l’application ne prend pas en compte l’origine du sucre (naturel ou artificiel) et ne donne aucune visibilité sur les vitamines et minéraux. Un point négatif étant donné qu’un aliment ne se résume pas seulement à ses calories, mais aussi à sa valeur nutritionnelle. Un camembert sera par exemple sûrement mal coté par l’application due à sa composition riche en sel et en graisses, alors qu’il vous permet d’apporter un bon apport en calcium à votre organisme. Il est important d’avoir une alimentation variée, de manger un peu de tout. Un équilibre sur le long therme que Yuka ne prend malheureusement pas en compte.

 

« En fait, le système de notation de Yuka est subjectif. Il ne se base pas sur le consensus scientifique, mais sur les études les plus alarmistes et les ingrédients qu’il est à la mode de pointer du doigt, comme le phénoxyéthanol en cosmétique par exemple » comme Sophie Strobel, biologiste et cosmétologue au magazine Glamour. 

Une prise de conscience 

Si l’application Yuka n’est pas parfaite, elle reste tout de même un moyen intéressant d’en savoir plus sur les aliments que nous consommons. C’est à nous, consommateurs, d’utiliser l’application comme une assistance, une aide pour faire nos achats, sans oublier que son utilisation a des limites. Depuis sa création, elle a permis à un grand nombre de personnes de prendre conscience de leur alimentation. Yuka a également conduit les industriels à améliorer leurs produits, comme Fleury Michon qui a fait part de sa volonté de diminuer certains additifs dans leurs produits. 

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