L’e-Car belge prête à prendre la route

L’Ecar333 fut l’une des stars du Salon de Bruxelles et 50 exemplaires sont d’ores et déjà vendus. Rencontre avec son concepteur, aussi passionnant que son véhicule.
Par Stéphane Lémeret. Photos DR. |

Au Salon 2015 déjà, les visiteurs avaient pu découvrir un prototype de l’Ecar333, un projet de voiture 100 % électrique et 100 % belge, que son concepteur mûrit depuis 2008. Le véhicule avait alors fait son petit buzz mais, avouons-le, la Belgique n’étant a priori pas une terre propice à ce genre de start-up (qui, souvent, disparaissent aussi vite qu’elles apparaissent), peu nombreux étaient ceux qui imaginaient revoir l’Ecar333 en 2017 dans sa version finale, prête pour la route et même… déjà commercialisée. Pourtant, elle est là, pour la plus grande fierté de son concepteur !

L’Ecar se caractérise tant par son esthétique, que par la personnalité de Xavier Van der Stappen,
co-fondateur de l’entreprise Ecar, et par l’approche très durable  des administrateurs de la société. Ici, on ne trouve pas de financiers qui visent le bon coup avec le développement de la mobilité électrique. Pas de businessman opportuniste ! Tous ceux qui investissent aujourd’hui dans le développement d’Ecar le font déjà dans les domaines des énergies renouvelables, des solutions du futur et des changements sociétaux. Xavier Van der Stappen, qui se qualifie d’autodidacte, a quanr à lui, roulé sa bosse avec comme objectif, de son travail avec Médecins Sans Frontières en Afrique à son activité de conférencier environnemental, de rendre le monde meilleur. 

Un jour, en tant que conférencier, on m’a demandé de parler de mobilité propre. C’est à partir de là, avec l’aide de personnes plus compétentes que moi, que j’ai commencé à fabriquer des véhicules électriques. Très artisanaux, à l’époque. Avec ces engins, je suis allé de Copenhague au Cap, de Dakar à Bruxelles et en chemin, je m’arrêtais pour participer à des actions de sensibilisation. Ca m’a donné l’occasion de constater que les populations étaient déjà convaincues que le pétrole et son exploitation provoquent pollution, guerres, problèmes de santé publique, et qu’il fallait en sortir, trouver autre chose.

Toutes les compétences nécessaires réunies au niveau local

Le Belge se lance alors le défi de prouver qu’un véhicule électrique peut être économiquement viable s’il est conçu avec des produits locaux.Les Occidentaux vont partout dans le monde, en Afrique, en Asie, pour expliquer que le changement de comportement en matière de transport est crucial. Mais nous-mêmes sommes incapables de lancer ces changements. C’est pourquoi j’ai voulu commencer à mon échelle, par la Belgique. Nous avons en main toutes les clés du changement et il est temps que nous nous en servions.

En effet, la trop modeste petite Belgique dispose de toutes les compétences et de toutes les richesses nécessaires pour le développement d’un projet comme l’Ecar. Nous sommes technologiquement à la pointe, avons d’excellents programmateurs, une main-d’œuvre hautement qualifiée et les connaissances en matière d’électromécanique.

La douce utopie belgo-belge prise au sérieux

Nous, petit pays avec beaucoup de moyens et le confort de la réflexion, nous pouvons et devons être à la pointe du changement. D’autant que nous formons des ingénieurs de haut vol qui aimeraient ne pas être forcés de partir exercer ailleurs, affirme le concepteur de l’Ecar. D’ailleurs, depuis le Salon de Bruxelles 2015, la douce utopie belgo-belge est prise au sérieux. Des investisseurs ont sorti les chéquiers, l’ASBL est devenue une entreprise à part entière, les équipes se développent et depuis un an et demi, tout le monde travaille d’arrache-pied pour lancer la production de la voiture le plus vite possible. Même les acheteurs sont au rendez-vous, puisque les trois véhicules qui étaient exposés à Bruxelles sont déjà vendus, respectivement à un Flamand, un Wallon et un Bruxellois. Beau symbole !

Cette année, nous étions au Salon pour trouver les 50 premiers acheteurs qui nous permettrons de lancer une première vague de production et, ce faisant, de mettre au point les outils qui conduiront à une réelle industrialisation avec des partenaires. Et ceux-ci ne manquent pas. Je pense à tous ces sous-traitants très compétents qui ont subi les fermetures de Caterpillar, d’Opel Anvers, de Ford Genk…

Xavier Van der Stappen peut avoir l’air d’un doux rêveur, mais il est bien plus que cela. À l’heure de rédiger ces lignes, nous ignorons si ces 50 clients ont été trouvés, mais nous espérons que c’est le cas. Alors que d’autres projets tout aussi louables partaient mal, nous avons en effet la conviction que celui-ci a de l’avenir.  

www.ecar333.be