Saint-Sébastien cité des Arts

Capitale européenne de la culture cette année, la cité balnéaire basque espagnole revitalise son patrimoine tout entier. La preuve en six prétextes pour y aller.
par Chloé duez photos san sebastián tourism & convention bureau |

1 Le titre de capitale culturelle  

Pendant toute l’année, Donastia2016 – Donastia, c’est Saint-Sébastien en basque – a multiplié les événements et installations. Et cette fin d’année n’en manque pas. Ainsi l’œuvre imaginée par l’artiste Victor Goikoetxea, dans le tunnel piétonnier existant de Miramar, promet une expérience hypertechnologique et sensorielle autour des mondes sous-
marins. Car c’est toute l’idée de la ville. À l’inverse d’autres capitales culturelles européennes comme Glasgow ou Marseille, aucune nouvelle construction n’est sortie de terre à l’occasion du titre de Capitale culturelle, explique Benat Doxandabarata, porte-parole de Donastia2016. L’accent est porté sur la culture locale et le patrimoine comme outils pour favoriser la coexistence. D’ailleurs, l’ancienne caserne des pompiers, conçue en 1931 par l’architecte municipal Juan Rafael Alday – également père d’un emblème de la ville, le garde-corps de la baie de la Concha –, a été restaurée pour devenir le siège de Donastia2016. C’est là qu’on déniche toutes les infos.

43 Easo Kalea (2e étage), http://dss2016.eu/fr

 

2 L’esprit balnéaire d’autrefois

Saint-Sébastien est l’une des stations balnéaires les plus chic d’Espagne, la faute à sa baie splendide, certes, mais aussi à ses lieux historiques témoins de la Belle Époque, comme l’hôtel de ville dans les murs du Gran Casino qui a dû fermer ses portes en 1945 ou l’Hôtel Royal María Cristina prisé par Coco Chanel. Autre icône de la ville, le travail du sculpteur et graveur Eduardo Chillida, dont l’œuvre majeure Peine del viento (Peigne du vent) ponctue la promenade, au bout de la plage d’Ondarreta. Trois sculptures d’acier de neuf tonnes sont posées sur des roches balayées par les vagues. Des profondeurs émerge un orgue d’air et d’eau, qui crée des sons et des geysers lors des marées hautes.

Paseo de Eduardo Chillida.

 

3 La convivialité gourmande

La Route des pintxos est une étape obligée pour palper le pouls de la ville. Au fil des cent quarante adresses qui constituent ce parcours gustatif, du spot le plus populaire au plus tendance, les tapas basques se réinventent. Ici, c’est un sport national : un verre, un pintxo, et on change de bar.

Dans la Vieille Ville (Barrio Romantico).

 

4 L’art contemporain plutôt que les cigarettes

L’ancienne manufacture de tabac (de 1913 à 2003), construite autour de quatre grands patios, a été reconvertie en centre international de la culture contemporaine, la Tabakalera, et s’affiche comme LE projet de reconversion majeur de la ville. Son apogée date des années 20, quand elle occupait plus d’un millier de personnes, en majorité des femmes. Dans les années 70, les cigarettes Ducados et Davidoff y ont remplacé les cigares Farias. Racheté en 2004 par les autorités, le bâtiment a commencé sa mue sept ans plus tard pour s’achever fin 2015 sur 37 000 m2. Les artistes y viennent en résidence, les expos temporaires s’y succèdent et l’ascenseur qui mène au toit-
terrasse offre une vue panoramique sur Saint-Sébastien. 

1 Plaza de las Cigarreras, www.tabakalera.eu

 

5 La gastronomie version XXL

La ville est l’une de celles qui comptent le plus d’étoiles Michelin au mètre carré au monde. Autant dire que l’affaire est prise avec sérieux. Ouvert en 2011, le Basque Culinary Center, ou l’Université des Sciences de la gastronomie, a lancé ses premières classes dans le parc technologique de Miramón. Le bon plan : en semaine, le public peut profiter d’un lunch à 12 € dans la cafétéria, préparé par les étudiants de la licence en gastronomie et arts culinaires. 

101 Paseo Juan Avelino Barriola. Réservations via www.bculinaryclub.com/cafeteria

 

6 La communion avec la nature

Très justement surnommée “plus belle baie d’Europe”, la baie de la Concha, avec ses monts Urgull à l’est et Igueldo à l’ouest, et avec sa micro-île de Santa Clara, a pensé son architecture pour la fondre dans ce cadre naturel. C’est le cas du très beau musée d’histoire basque San Telmo. Aménagé dans un couvent dominicain du XVIe siècle, il s’est doté depuis peu d’une extension et d’une façade grise perforée, créées par le réputé bureau Nieto Sobejano Arquitectos, pour intégrer le musée entre la Vieille Ville et la colline d’Urgull. Ce projet relève d’un souci constant de la ville de prendre soin de son environnement naturel et de l’intégrer dans son quotidien, pointe l’architecte Laura Menendez. Ces paysages sont aussi des thématiques récurrentes chez les artistes basques, tant impressionnistes, surréalistes que contemporains, et chez les sculpteurs. On retrouve tout cet esprit basque dans les collections du musée, avec une sélection ethnographique d’objets, mais aussi des toiles de Zuloaga, Tintoretto, El Greco, Alonso Cano ou Sorolla.   

1 Plaza Zuloaga, www.santelmomuseoa.com