Qu’est-ce que le « brain rot » désigné mot de l’année par l’Université d’Oxford ? - « Brain rot » a été élu mot de l’année, mais que signifie-t-il au juste ? - La Rédaction

Qu’est-ce que le « brain rot » désigné mot de l’année par l’Université d’Oxford ?

En cette fin d’année, l’Université d’Oxford a tranché : « brain rot » est le mot de l’année 2024. Plus qu’une expression tendance, il illustre une époque marquée par l’obsession numérique, la saturation mentale et l’omniprésence de contenus instantanés.
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Qu’est-ce que signifie « brain rot » ?

Littéralement traduit par « cerveau pourri », le terme brain rot a pris son envol sur les réseaux sociaux, notamment parmi les jeunes générations. Elle décrit cet état de surconsommation de contenus, qu’il s’agisse de vidéos courtes sur TikTok, de threads Twitter sans fin ou de marathons de séries. C’est ce moment où l’on se rend compte qu’on a passé des heures à scroller sans véritablement retenir quoi que ce soit. L’expression oscille entre humour et autocritique. Elle se présente comme un constat lucide de notre dépendance numérique, avec un soupçon d’autodérision propre à la culture Internet.

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Pourquoi Oxford s’y intéresse ?

L’élection du mot de l’année par l’Oxford English Dictionary (OED) n’est pas qu’un simple exercice académique. Il se présente comme une prise de température linguistique. En choisissant brain rot, Oxford souligne un phénomène qui va au-delà de la simple trend : l’impact des technologies sur nos vies cognitives.« L’expression illustre une conscience collective croissante autour des effets délétères du numérique sur notre capacité de concentration et nos habitudes de pensée, » expliquent les linguistes de l’OED. Contrairement à des mots plus neutres ou descriptifs, brain rot porte une dimension critique, voire alarmiste, tout en restant ancré dans le langage courant.

Le mot d’une ère saturée

Ce choix reflète également une année où les débats sur la santé mentale, le burnout numérique et la décroissance technologique ont fait parler comme jamais. Les appels à « déconnecter », à limiter le temps passé devant les écrans ou à privilégier des contenus plus qualitatifs sont désormais omniprésents. Un désir qui se confronte bien souvent aux mécanismes addictifs des plateformes, rendant la prise de recul difficile.

D’ailleurs, si brain rot a rencontré un tel succès, c’est parce qu’il résonne bien au-delà des jeunes générations. Parents, professionnels et même seniors reconnaissent ce phénomène. Tout le monde ou presque a vécu cette dérive : une heure passée sur YouTube qui en devient trois, un flux constant de notifications qui grignote la journée. Ce mot transcende ainsi les catégories, devenant le symptôme d’une époque où l’information, la distraction et l’épuisement sont constamment mêlés.

Une prise de conscience salutaire ?

L’élection de brain rot invite donc surtout à réfléchir. Devons-nous accepter cet état comme une fatalité ou en faire un point de départ pour repenser notre rapport au numérique ? Il ne s’agit pas seulement de mettre les mots sur nos maux numériques, mais d’enclencher une prise de conscience collective qui se transformera en action. Ce phénomène, aussi connu sous le nom de « dopamine loop » exploite les failles de notre cerveau pour nous maintenir dans une quête constante de gratification immédiate. Une réalité qui ne fait pas que rogner sur notre temps libre, mais qui affecte aussi notre attention, notre capacité à réfléchir et même notre bien-être mental selon certains experts.

L’élection de ce mot met également en lumière une tension sociale : d’un côté, nous critiquons ces pratiques, mais de l’autre, nous continuons à les alimenter. Au point que l’on peut se demander si les campagnes de sensibilisation et les outils de gestion du temps numérique seront réellement suffisants pour inverser la tendance ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, cependant, c’est que ce terme cristallise une époque en quête d’équilibre entre fascination pour le numérique et besoin de se reconnecter au réel. Parce qu’il faut bien le dire : même en sachant qu’on y perd parfois un peu de notre âme, difficile de détourner le regard de cet écran qui nous appelle, encore et toujours.

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