
Elle est bruxelloise, sportive passionnée mais pas professionnelle, et a gagné, à 33 ans, son ticket pour les championnats du monde, en octobre prochain, d’Ironman, à Hawaï. Ginger Jesson-Macduff s’est mise à la course à pied – de manière intensive – en entamant ses études supérieures. « J’ai choisi ce sport par élimination. Il me fallait trouver une alternative à l’équitation », qu’elle pratiquait intensivement durant sa jeunesse. Il y a trois ans, avec cinq ou six marathons déjà dans les pieds, elle est gagnée par la fièvre du triathlon. Mais dans un premier temps, sans Ironman en ligne de mire. « Je n’avais même pas de vélo ! C’est une copine, la triathlète professionnelle Eleonore Hiller, qui m’a prêté un de ses anciens vélos. Ma première sortie, ça a été 70 km jusqu’à Louvain avec un pote. Et nager, c’était ma phobie d’école ! », dit-elle aujourd’hui. « C’est ça qui me plaisait : me dire que je n’y connaissais rien et voir ensuite comment je me débrouillerais ».
D’emblée, force est de constater que Ginger se débrouille… très bien. Elle commence les entraînements pour les trois disciplines du triathlon en janvier 2024 et, en septembre de la même année, s’inscrit déjà au semi-Ironman de Knokke (1,9 km de nage en eau libre, 90 km de vélo et 21,1 km de course). « De base, j’avais considéré ça comme un test. Mais j’ai donné corps et âme à mes entraînements. Je me suis entourée, j’ai appris des expériences et des récits de ceux qui se sont déjà lancés dans pareilles aventures. J’ai pris des cours de natation, et un coach de triathlon ». L’envie de performer semblait bel et bien là… « Déjà sur les marathons, je prenais des coachs. C’est essentiel selon moi car ça évite tout doute sur ta programmation d’entraînement quand, à côté, tu as un job à plein temps (elle est project manager au Mix de Bruxelles, en charge de son expansion). Si tu dois te coacher toi-même, tu as tendance parfois à ne pas y aller, ou, comme c’est mon cas, à trop en faire à l’entraînement. Ça évite les blessures aussi ».
C’est pourtant blessée que Ginger a foulé le bitume. « J’ai été diagnostiquée d’une chondropathie du genou juste après le semi de Knokke. J’étais déjà inscrite à mon 1er Ironman et deux chirurgiens orthopédistes m’ont dit que je devais arrêter la course à pied car je n’avais plus de cartilage, que j’étais en train de creuser un nid-de-poule ». Elle se lance pourtant dans son premier Ironman à Copenhague, et réussi à gérer la douleur. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Deux semaines avant son deuxième Ironman, il y a quelques mois à Tours, elle revoit son médecin. « Il me dit que j’ai donné tort à la médecine. Qu’il n’y a pas eu d’aggravation. Et qu’il faut peut-être apprendre au corps à gérer autrement »…
Son baptême de feu
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