La Red Panther Ambre Ballenghien : « Ce serait bien d’avoir de la reconnaissance en dehors du monde du hockey »
Son rêve, elle nous l’affirme haut et fièrement en souriant, est de « gagner la Coupe du monde ». Ce sera peut-être l’occasion pour son sport d’être « plus médiatisé en dehors de l’aspect purement sportif et de la performance », espère-t-elle. Ambre a la détermination de la championne qu’elle est, sur et en dehors du terrain. Cette Coupe du monde, c’est aussi l’occasion d’en savoir un peu plus sur notre championne.
ParCharlotte Vanbever,
PhotoTess Meurice
Ce jour-là, environ deux mois avant la Coupe du monde de hockey, elle a le sourire, Ambre Ballenghien. Il y a de quoi : avant l’été, elle a remporté avec son équipe de la Gantoise un septième titre de championne de Belgique. De bon augure pour cette Coupe du monde. Et une double motivation pour l’une des stars – même si ce statut-là, on en discutera avec elle, a du mal à dépasser les frontières de son sport – des Red Panthers qui cherche aussi, par la performance, « à développer des partenariats » et, ainsi, davantage « professionnaliser le hockey. Avec de bons résultats, tu as accès à plus de choses ».
Ambre voit grand et plus loin que son sport. Et elle a raison : elle a le sens de la balle, et de l’objectif... et ça l’a déjà menée loin. Entre une vie à Bruxelles, des entraînements en club à Gand et le QG anversois de l’équipe nationale, elle conserve sa détermination, sous une aura positive. Le positif, c’est un cercle vertueux, nous glisse-t-elle dans la salle de sport du Mix Bruxelles où elle s’entraîne et entretient ce corps tracé, musclé qui fait aussi sa fierté. Elle sourit, encore : elle ne va pas se priver de porter un top court, histoire d’afficher ses abdos. « On travaille pour ça toute l’année, et je devrais m’en cacher ? ». A 25 ans, petit à petit, elle construit une autre image de l’athlète de haut niveau, et tente de faire éclater les cases de la joueuse de hockey. Elle se demande, à juste titre, pourquoi les marques la sponsorisent sur un terrain, et pas, comme c’est le cas pour l’élite d’autres sports, en dehors. Parce qu’Ambre, elle, envisage l’avenir rayonnant du hockey bien au-delà des limites du gazon, et de la Coupe du monde.
Ambre, quand vous avez commencé à jouer au hockey sur gazon, on ne peut pas dire qu’il y avait une aura autour de ce sport…
J’ai commencé quand j’avais 7 ans. Ma maman m’a inscrite au hockey parce qu’elle avait des amis dont les enfants jouaient à Uccle Sport. Avant, surtout, c’étaient des grandes familles, de génération en génération, qui jouaient au hockey. C’était alors un sport assez élitiste et pas très développé en Belgique.
Vous comprenez alors rapidement que vous entrez dans un cercle fermé ?
Quand tu es jeune, tu ne fais pas vraiment attention à ça. Moi, je m’amusais, j’adorais les sports de balle, et le côté social du sport d’équipe. Mais je suis quelqu’un de couleur et quand j’ai commencé à grandir, vers 12–13 ans, je me suis rendu compte que j’étais la seule. Je regardais autour de moi et je ne voyais presque personne de couleur. Ce n’est pas un cliché, c’est la vérité. Tu te dis que c’est particulier quand même…
Et pourquoi ? Parce que ce sport s’est popularisé tout de même ces dernières années…
Je pense que même s’il y a de plus en plus de monde qui joue au hockey, vu que la représentation de personnes de couleur est très petite, les gens ne se sentent pas forcément à l’aise de mettre leurs enfants dans ce sport-là, dans ce club-là, pour ne pas qu’ils se sentent exclus. Parfois aussi, quand tu n’y connais rien de l’extérieur, il y a certaines idées reçues comme le fait que ce soit un sport de riches…
Ça ne l’est pas ?
Non, il y a bien pire comme sport de riches, honnêtement ! Même si le hockey n’est pas le plus démocratique, si on regarde le prix de l’affiliation à un club de foot. Pour l’instant, on est encore dans un entre-deux. Mais je vois chez les plus jeunes, dans certains clubs, de plus en plus de gens métissés, de couleur.
C’est une bonne chose selon vous, ou il faudrait un autre statut pour des sportifs professionnels qui, comme vous, arrivent en demi-finale aux JO ?
Clairement, c’est le plus haut niveau qu’on peut atteindre dans le sport et quand tu es aux Jeux olympiques, tu es à côté de stars mondiales. Je pense que ce serait pas mal d’avoir de la reconnaissance en dehors du monde du hockey, qui reste au final petit. Quand tu sors de certains endroits, on te demande encore si c’est du hockey sur glace ! (sourire)