
Le journaling fait un carton depuis quelques années. Sur TikTok et Instagram, l’écriture intime revient en force. Entre carnets impeccablement illustrés et conseils bien-être. Mais pourquoi s’y mettre, et surtout, comment s’y tenir ? Jessica Garel, psychopraticienne spécialisée, nous décrypte cette pratique à mi-chemin entre introspection et apaisement.
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Qu’est-ce que le journaling, exactement ?
À la base, le journaling, c’est simple : un carnet, un stylo, et l’envie de poser sur le papier ce qui nous traverse l’esprit. « C’est un espace pour écrire tout ce qu’on pense ou ressent, sans filtre, explique Jessica Garel. On vide son sac, on s’ouvre à ses émotions, on fait de la place dans sa tête ». Si la pratique est ancienne, elle a pris une tournure plus structurée ces dernières années, avec les carnets de gratitude, les journaux introspectifs et les listes d’objectifs.
Pourquoi l’écriture est-elle si thérapeutique ?
Les mots ont un pouvoir énorme : élevateurs ou destructeurs, ils influencent directement nos émotions. Selon la psychopraticienne, le journaling agit comme un anti-stress naturel : « En écrivant, on diminue l’anxiété, on prend du recul sur nos difficultés. Cela peut même nous aider à clarifier nos idées, à identifier ce qui ne va pas et à envisager des solutions. » Et ce n’est pas tout : en se reconnectant à soi, on s’offre un véritable moment d’amour-propre, un « beau cadeau ».
Attention, avertit Jessica Garel, écrire ne remplacera jamais une bonne discussion avec un professionnel. « Le journaling, c’est un outil complémentaire. Il permet de décharger ses émotions entre deux rendez-vous, mais cela ne remplace pas l’écoute d’un psy. Cette dernière représente 80 % du processus guérison. En effet, le fait d’être écouté et validé dans ce que l’on vit est très puissant. Le journaling ne remplace pas cette écoute active ». Bref, les deux vont de pair.
Par où commencer ?
Se lancer dans le journaling, c’est comme démarrer une nouvelle habitude : il faut y aller progressivement. « Débutez avec une seule phrase par jour, suggère Jessica. Le matin, notez votre « météo du cœur » (grand soleil, nuageux…). Le soir, résumez votre journée en quelques mots. Le but, c’est de rendre ce moment simple et agréable ». Pour éviter le syndrome de la page blanche, choisissez un carnet qui vous inspire. « Un joli cahier et un beau stylo peuvent transformer cette pratique en petit rituel réconfortant. Et pourquoi ne pas ajouter des stickers ou utiliser des feutres, si cela vous parle ? »
Comment s’y tenir ? La clef, c’est l’intégration dans votre quotidien. « Associez l’écriture à une routine déjà en place, comme le café du matin ou le brossage de dents. Placez votre carnet à portée de main, sur la table de chevet par exemple. Et souvenez-vous : il faut environ 21 jours pour qu’une habitude s’ancre durablement. »
Qu’écrire dans son journal ?
Il y a trois méthodes. Vous pouvez essayer l’écriture automatique : « Posez sur le papier tout ce qui vous passe par la tête. Ne vous jugez pas, laissez simplement les mots couler. Cela peut révéler des émotions enfouies qui risquent de vous surprendre. Vous vous retrouverez peut-être à rire de votre production, ou au contraire vous vivrez une décharge d’émotions ». Selon la psychopraticienne, le journaling va permettre une prise de recul, et une compréhension de ses émotions : est-ce que je vais bien ou pas ? Si pas, qu’est-ce que je peux mettre en place derrière ?
Vous pouvez aussi pratiquer la gratitude, en notant trois choses positives de votre journée. « Lorsque le taux de cortisol est élevé, on ressent beaucoup de stress et d’anxiété, et on a du mal à prendre du recul. Rédiger ce qu’il s’est bien passé dans notre journée va nous permettre de voir que tout n’est pas tout noir ou perdu ». Finalement, il y a les listes introspectives. Réfléchissez à ce que vous voulez laisser derrière vous, ou aux personnes que vous voulez laisser derrière vous. Il ne s’agit pas ici de se créer une liste d’objectifs plus contraignante qu’autre chose bien sûr. Mais plutôt de déterminer vers où l’on souhaite se diriger.
Quels effets concrets ?
C’est comme pratiquer la pleine conscience en quelque sorte. « Grâce à cet exercice, on est présent ici et maintenant. On est pleinement ancré dans le présent ». De quoi également développer une meilleure concentration, si l’on le pratique assez longtemps. On observe ensuite une diminution des ruminations mentales. « En couchant les mots sur le papier, on décharge son cerveau et on installe un calme intérieur ». C’est aussi une bonne façon de prendre du recul sur les événements. « Il a véritablement un côté méditatif. On se sent beaucoup plus léger par la suite. »
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Et pour celles et ceux qui préfèrent le digital, il existe des applications de journaling. Faciles d’accès, elles conviennent bien aux jeunes ou à celles et ceux toujours en mouvement.
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