C’est fin janvier, à l’issue d’un match incroyable contre Chelsea que nous avons eu l’occasion de rencontrer Erling Haaland. Nous avons une demi-heure en comité restreint de quelques journalistes, après le match. Le sportif nous rejoint en survêtement bordeaux, il ne porte pas de bijou ou d’accessoire, juste trois élastiques autour du poignet gauche, les mêmes que ceux qui retiennent son épaisse chevelure blond platine.
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Au poignet droit brille toutefois la montre de son sponsor, une sublime Premier Chronograph Tourbillon, sur un bracelet en alligator marron. Une montre qui contraste un peu avec le reste de sa tenue, bien qu’il semble la porter avec une aisance incroyable, il la retire et la fait tourner pour nous faire admirer l’esthétique Breitling. Lui aussi est souriant, il nous demande également en préambule si nous avons apprécié le spectacle, avec une pointe de fierté dans la voix.
La consigne imposée par son agent est claire : pas de question sur sa stratégie de jeu, sur son contrat, ni même sur sa vie privée, mais cela ne nous empêche pas de l’interroger sur ses valeurs, sur ce qui l’anime, et surtout, sur son rapport au temps et à l’exploit.
Quelle a été votre première montre ? Et quel souvenir cela évoque pour vous ?Mon grand-père déjà, portait une Breitling, une Navitimer. Il s’appelait Erling et on m’a prénommé Erling en hommage à cet homme, ce qui a créé un rapport particulier entre nous et cette montre est un souvenir chargé d’émotion. Au fil du temps, je me suis intéressé à l’univers des montres et je suis devenu un véritable fan. Quand je suis en déplacement, Je profite de mes temps libres pour lire et en apprendre toujours plus sur les montres, je suis devenu un grand amateur. C’est une des premières choses que j’observe quand je rencontre quelqu’un. Aujourd’hui j’ai plusieurs montres de la marque, et plusieurs modèles que j’adore, évidemment, mais la Navitimer reste spéciale, elle est celle qui me rappelle, chaque fois que je tourne le poignet pour la regarder qu’il fut un temps où je rêvais de m’en offrir une. Une belle montre est un objet qui traverse le temps et c’est quelque chose qui me parle.Quelle est votre relation avec le luxe ? Qu’est-ce que cela représente pour vous ?Pour moi, le luxe, en dehors de ce que cela évoque chez tout le monde quand on prononce ce mot, c’est avant tout un « day off », une journée rien que pour moi. C’est une chose simple, mais avec les horaires d’entraînement, le planning qui est le nôtre, ce qui me comble vraiment, c’est d’avoir juste une soirée avec mes amis et de pouvoir penser à tout sauf au football (rires). Ce sont des petites choses évidentes, mais c’est ce qui compte le plus pour moi. Après, si on veut parler de luxe de manière plus littérale, porter une montre comme celle-ci alors que je n’ai que 24 ans est un luxe que j’apprécie et dont je mesure le côté exceptionnel…Que diriez-vous à des jeunes qui se demandent comment atteindre une telle réussite ?Parfois je dois me pincer pour réaliser tout le chemin parcouru et les opportunités qui m’ont été offertes, donc je sais que la chance fait partie de l’aventure, mais j’ai juste envie de leur dire de se concentrer sur le planning. Il faut se fixer des objectifs et organiser sa vie pour les atteindre. Quand on sait ce qu’on veut dans la vie, tout est plus clair. Et parfois, il suffit de petits objectifs, que l’on se fixe sans en parler à tout le monde, mais qui ne sont que pour soi. Et chaque réussite vous pousse en avant. Avant de réussir quoi que ce soit, on doit avant tout bien identifier ses objectifs et s’y consacrer pleinement, et faire les choses vraiment bien. Si c’est pour faire les choses à moitié, alors ce n’est pas la peine…Vous avez pourtant toujours un air assez détaché, vous avez exercé pas mal de sports différents avant d’opter pour le football…Mes parents m’ont transmis la passion du sport. Ma mère est aussi une ancienne athlète et mes frères et sœurs sont aussi très sportifs ; nous avons toujours été très actifs. J’ai exercé pas mal de sports différents, j’ai même joué au golf, et je suis heureux de l’avoir fait parce que cela permet de développer d’autres compétences. Depuis que j’ai 5 ans, je joue au foot et c’était comme une évidence pour moi, c’était simple. Quand on aime ce que l’on fait, on a envie d’en faire toujours plus, et de s’entraîner davantage, et cela n’est alors pas ressenti comme un effort. Plus je fournissais de l’énergie, plus je parvenais à progresser et à avancer. Mon père était un joueur de talent et cela m’a motivé, je voulais devenir un meilleur joueur que lui, c’était mon objectif ! (Rires).Quel est votre moment préféré dans un match ; celui où vous appréciez le plus d’être sur le terrain ?Je dirais que je n’aime pas les moments avant le match, je suis trop nerveux à ce moment-là. J’aime le moment du dernier coup de sifflet, du moins quand, comme aujourd’hui, le résultat nous est favorable (rires). Mais en fait, je pense que c’est quand je marque que tout s’arrête, j’ai quelques instants où j’oublie tout, et où le temps s’arrête pour un moment. Mais vous savez, on oublie la notion du temps quand on fait ce qu’on aime. Passer un bon moment avec mes amis me procure aussi cette sensation d’oublier un peu le temps.Et quels sont vos moments préférés en dehors des terrains ?J’aime être à la maison, jouer aux jeux vidéo… et bien manger. J’adore manger, et je suis vraiment heureux quand j’arrive à combiner de bons repas et le mode de vie sain que je me suis promis de mener. J’aime passer de bons moments, simples, profiter du temps et penser à autre chose qu’au football. C’est une chose que j’ai aussi envie de dire aux jeunes : il est essentiel de profiter. Dans notre monde, on oublie parfois de prendre du plaisir et de ne pas trop s’en faire, on en oublie de profiter de tout ce qui nous donne le sourire. C’est un conseil facile à prodiguer, mais difficile à tenir, je le sais…