
Si vous avez traîné sous votre couette ce matin, savourant la douceur des draps avant de vous arracher à votre cocon, alors félicitations : vous avez pratiqué le hurkle-durkle. Ce mot imprononçable est en réalité tout droit sorti du lexique écossais du XIXe siècle. Concrètement, il désigne l’art de rester au lit bien après l’heure « officielle » du réveil. Un acte de rébellion douce contre la tyrannie du « rise and grind » (ou « lève-toi et brille » en français).
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De l’ombre à la lumière grâce à TikTok
Personne ne parlait de hurkle-durkling jusqu’à ce qu’Internet, et plus particulièrement TikTok, s’en empare. C’est l’actrice Kira Kosarin qui a, la première, lancé la tendance. La jeune actrice américaine l’a partagé comme son « mot du jour » en expliquant avec humour : « Je hurkle, je durkle, et une fois mon dernier hurkle-durkle accompli, je me lève ».
Le concept a rapidement conquis les réseaux. Des vidéos de personnes enroulées dans leur couette, un livre à la main ou simplement en train de paresser dans une lumière matinale filtrant à travers les rideaux, ont fleuri. Une Écossaise a même résumé l’essence du hurkle-durkle ainsi : « Ce n’est pas de la paresse, c’est un rite de passage ancestral ! ».
Le hurkle-durkle, un self-care assumé
Attention à ne pas confondre le hurkle-durkling avec le « bed-rotting ». Si ce dernier renvoie plutôt à un état d’épuisement ou de burnout, le hurkle-durkle, lui, est une expérience sensorielle bienveillante. Un moment de plaisir matinal, une parenthèse de douceur que l’on s’accorde en toute conscience, sans déraper vers une apathie prolongée. Un peu comme le hygge danois, mais en version sous le plaid.
Et si on en croit la science, cette pratique a tout bon. Des études montrent que dormir un peu plus longtemps quelques jours par semaine réduit le risque de crise cardiaque ou d’AVC de 63 %, surtout chez celles et ceux qui manquent de sommeil en semaine.
Pourquoi avons-nous besoin de donner un nom à la paresse assumée ?
Derrière ce succès linguistique se cache une réalité plus profonde. Dans une société qui glorifie la productivité, le repos est souvent perçu comme un luxe coupable. D’après Kristin Wilson, psychologue, des termes comme hurkle-durkle permettent de légitimer ce besoin fondamental et de déculpabiliser celles et ceux qui s’y adonnent. Finalement, hurkle-durkler, c’est reprendre le contrôle sur son temps, réhabiliter la lenteur et s’offrir une pause sans se justifier. Alors, demain matin, ne résistez pas à l’appel de la couette. Vous ne traînez pas au lit, vous hurkle-durklez. Et ça n’a rien à voir.
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