Si vous ne savez pas qui est Violette Dorange, c’est que vous êtes en détox digitale depuis le mois de novembre, la jeune Rochefortoise de 23 ans, vient en effet de boucler son premier Vendée Globe, cette course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, aussi surnommée l’Everest des Mers… Elle n’est pas la toute première à réaliser cet exploit, on se souvient en effet d’Ellen Mac Arthur, qui était arrivée en seconde place de la même course en 2001 alors âgée de 24 ans à peine, mais elle a réussi à créer autour de son personnage un phénomène médiatique inattendu.
En vidéo, on vous emmène 48h à Anvers :
Un vent de fraîcheur dans le milieu de la voile et au-delà
Et elle force l’admiration, quand on pense qu’elle était à peine majeure quand elle a annoncé à ses parents qu’elle partirait pour affronter cet impitoyable tour du monde, car il faut en effet quatre ans de préparation sportive, des millions de sponsorings et un imposant programme de courses qualificatives pour espérer se retrouver sur la ligne de départ. Tout ce travail de l’ombre dont on n’a pas conscience est déjà un exploit en soi.
En fait, le phénomène Violette Dorange va au-delà de l’exploit sportif. Elle n’est pas seulement la plus jeune navigatrice de l’histoire du Vendée Globe, celle qui a affronté les mers les plus hostiles de la planète. Ce qu’on aime chez elle, c’est le vent de fraîcheur qu’elle fait souffler sur un monde peu connu du grand public. Avec sa queue-de-cheval et sa voix haut perchée, sans complexe et surtout sans aucune arrogance, elle est venue dépoussiérer ce sport trop longtemps hanté de vieux loups de mer, à la mine sombre, aux habitudes peu causantes perpétuant un univers dominé par une masculinité un peu hirsute à la Jean Le Cam (pourtant devenu son ami et mentor).
En l’espace de 90 jours sur la mer, elle a donné rendez-vous quotidiennement à des centaines de milliers de followers et raconté son quotidien, ses petites joies, ses galères et ses peurs. En quelques semaines, le compteur de ses fans a explosé pour plafonner juste en dessous des 700.000, soit presque dix fois plus que Charlie Dalin, arrivé premier de la course mythique le 14 janvier dernier.
Les observateurs présents le long du chenal pour son arrivée ont même noté qu’il y avait au moins autant de monde pour l’accueillir le 9 février dernier que pour célébrer le vainqueur… Ce qu’on admire chez elle ? Ses vidéos postées en mer depuis le 10 novembre dernier, où elle se montre à la fois souriante et ultra-authentique, ne cachant pas ses doutes, ses peurs ou ses efforts. Mais aussi sa passion, ses sourires et une incroyable humilité. Elle a tout raflé, à mille lieues du décorum habituel de la course au large, à qui l’on peut reprocher d’être souvent excluant pour le grand public…
Pourquoi elle casse les codes ?
Parce qu’elle démontre qu’il ne faut pas se comporter comme un homme pour réussir dans leur monde. Parce qu’en restant elle-même, elle a gagné le cœur des gens et amené un coup de projecteur sur une discipline qui a pourtant désespérément besoin de visibilité dans les médias, quand on sait que pour une telle course, les budgets se chiffrent en millions d’euros et sont assurés exclusivement par des sponsors, à qui les skippers n’ont rien d’autre à offrir en retour que des articles de presse, et des remerciements…
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














