Pourquoi les chaussures moches cartonnent - Parmi les nouvelles chaussures moches fraîchement arrivées sur le marché, la collaboration entre Havaïanas et Zellerfeld dont l’objectif du modèle est de « repousser les limites de la tong » - Sigrid Descamps - Journaliste

Pourquoi les chaussures moches cartonnent

Disproportionnés, surchargés, revisités… Depuis plusieurs années, au rayon des chaussures, les modèles surprenants se multiplient. Décriés, ils sont pourtant vite adoptés par des célébrités, ils inondent les réseaux sociaux et leurs ventes décollent. On décrypte.
Sigrid Descamps Journaliste
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Instagram : havaianaseurope

Tongs à talons, sandales à froufrous, sabots de jardin revisités, sneakers aux proportions exagérées, boots pantoufles… Au cours des dernières années, on a vu se multiplier les modèles de chaussures à l’esthétique douteuse. Pourtant, dès leur apparition sur les réseaux et dans la presse spécialisée, ces chaussures affolent les modeux et modeuses, qui ne rêvent que d’une chose : les acquérir, les porter, et surtout être vus avec elles ! Dernières en date : les tongs sculpturales nées de la collaboration entre Havaïanas et Zellerfeld ; un modèle pensé pour « repousser les limites de la tong » (disponible en magasin en septembre). Car aujourd’hui, on ne se moque plus de la chaussure moche, on l’adule ! Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce phénomène…

La nécessité de surprendre

La fascination du monde de la mode pour le « moche », ou du moins pour tout ce qui sort de la norme, ne date pas d’hier. C’est même l’un de ses fondements : la mode se nourrit de nouveauté, de surprise… L’inventivité n’est pas une qualité bienvenue, elle est primordiale.

Pour tout créateur, amener quelque chose d’inattendu, de décalé… est une façon d’exister et de se démarquer. C’est en partie pour cela que des maisons renommées ont associé leur nom avec des marques de chaussures peu flatteuses. On pense à Balenciaga et Swarovski qui ont travaillé avec Crocs, à Manolo Blahnik et Dior qui se sont associées à Birkenstock…

La fonction avant l’esthétique

Dans le cas de nombreux modèles, l’argument invoqué par ceux qui les adoptent est tout simplement le confort. Si, voici quelques années encore, il était impensable de s’afficher à une soirée ou à un événement avec des chaussures sabots, ces modèles ayant été entre-temps validés par des marques haut de gamme, il n’y a désormais plus aucune gêne à les porter.

Un acte de rébellion

Certains y voient enfin une forme de rébellion. Tout ce qui sort du cadre est synonyme de créativité, de transgression des règles, et au final, d’une forme de liberté. Porter une tenue ou un accessoire qui heurte le regard est vu comme un acte de provocation ou d’affirmation de soi, de sa volonté de sortir du lot.

Si moche que ça devient presque joli

Tout ce qui, au départ, nous semble bizarre ou moche, à force d’être répété, encensé, porté par des célébrités influentes, devient « normal », voire carrément désirable. Ce principe ne s’applique d’ailleurs pas qu’aux chaussures, comme en attestent la désormais incontournable tradition des pulls de Noël ou le récent succès des poupées Labubu.

En parlant des Labubu, découvrez en vidéo pourquoi les blind box connaissent une folle success-story :

Reste à voir si, sur la longueur, à force de rentrer dans la norme, tous ces objets – en particulier les éditions spéciales et autres fruits de collab’ – ne vont pas tout simplement finir dans le placard… pour être remplacés illico par le nouvel objet à la mode, encore plus moche !

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