Nicolas Colsaerts : «The Belgian Bomber» nous raconte son parcours en tant que golfeur belge pro entre puissance et résilience - Anissa Hezzaz

Nicolas Colsaerts : «The Belgian Bomber» nous raconte son parcours en tant que golfeur belge pro entre puissance et résilience

Surnommé The Belgian Bomber pour la puissance de son drive, Nicolas Colsaerts reste avant tout un amoureux du jeu. Derrière l’image du prodige du golf belge se cache un sportif en perpétuelle réinvention. C’est ce qui l’a notamment poussé à rejoindre la famille Rolex en 2001. Un homme qui a connu la gloire mais aussi le doute, la maladie, et qui s’ancre désormais dans la transmission. Rencontre au micro dans le Dictaphone de So Soir.
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Découvrez notre entretien complet avec Nicolas Colsaerts en podcast audio :

Le golf était-il une évidence familiale ?
« Chez nous, le sport a toujours été une histoire de transmission. Mon père a longtemps joué au hockey, mais quand il a arrêté, il s’est mis au golf. Et moi, à 6 ans, j’ai suivi. C’était parfait : après l’école, je passais une heure au practice ou sur un petit parcours 9 trous. Pour un enfant, c’est idéal : tu es dehors, tu te défoules, et tu apprends sans t’en rendre compte. Le lien avec le hockey est logique : dans les deux cas, c’est un sport instrument-balle. Sauf qu’au golf, tu peux le pratiquer toute ta vie. Si ce n’avait pas été ce sport-là, ça aurait été un autre. Mais sans mon père et cet héritage sportif, je n’aurais probablement jamais fait carrière. »
Ton premier déclic ?
« Vers 12-13 ans, j’ai réalisé que je faisais les choses différemment. Je tapais plus loin, je prenais plus de plaisir que les autres. À 14 ans, je gagne mes premiers championnats juniors. À 15-16 ans, je commence à jouer avec les adultes. Ce sont des étapes qui te font comprendre que tu as peut-être quelque chose à faire. Mais je ne l’ai jamais vécu comme une obligation : ça restait un jeu, un terrain de liberté. C’est ça qui m’a donné envie de continuer. »
Pourquoi devenir pro si jeune ?
« L’école ne m’a jamais passionné. J’étais distrait, ailleurs. J’avais ce besoin d’apprendre autrement, dans l’action. Le vrai déclic, c’est un article que j’ai lu sur Bernhard Langer, golfeur professionnel allemand, qui avait quitté l’école à 14 ans pour se consacrer au golf. Ça m’a ouvert les yeux : on pouvait tracer son propre chemin, même en sortant des cases. À 18 ans, j’ai pris cette décision : devenir professionnel. Ce n’était pas un pari fou, mais une évidence intérieure. »
Quelle est la rencontre qui a changé ta vie ?
« J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours soutenu, même si je n’étais pas un ado «classique». Mais la personne qui a compté le plus, c’est mon coach Michel Vanmeerbeek. Je l’ai rencontré à 9 ans, et il m’a accompagné jusque dans ma trentaine. Il m’a appris le golf évidemment, mais surtout le mental, la patience, la résilience. Sans lui, je ne serais jamais allé aussi loin. »
Nicolas Colsaerts : «The Belgian Bomber» nous raconte son parcours en tant que golfeur belge pro entre puissance et résilience - Photo News - Anissa Hezzaz
Nicolas Colsaerts pendant le Soudal Open, tournoi faisant partie du DP World Tour en mai dernier. - Photo News
Quelles sont les vraies valeurs du golf ?
« La première, c’est l’honnêteté. Le golf est l’un des rares sports où tu es ton propre arbitre. Si tu commets une faute, tu dois l’annoncer, même si personne ne l’a vue. C’est une école de droiture : tricher, c’est impossible, je ne pourrais pas dormir avec ça. Et puis il y a la patience. Ce sport est impitoyable : un jour tu es au sommet, le lendemain tout s’écroule. Il faut accepter ce côté fragile, aléatoire. Ça t’apprend l’humilité. »
En 2012, tu deviens le premier joueur belge sélectionné pour participer à la Ryder Cup, le sommet absolu dans une carrière de golfeur. Comment l’as-tu vécu ?
« J’ai vu ma première Ryder Cup à 9 ans à la télé. J’ai été happé par l’intensité, par cette ambiance incroyable. Y participer, des années plus tard, c’était un rêve d’enfant devenu réalité. Imagine : 12 Européens contre 12 Américains, devant des tribunes pleines à craquer, parfois dans une ambiance de stade de foot. La pression est folle, mais la fierté de représenter ton continent dépasse tout. C’est vraiment l’événement ultime pour un golfeur. »
Tu as connu aussi les épreuves…
« Oui, on m’a diagnostiqué une maladie auto-immune des reins. Pour quelqu’un comme moi, qui n’avait jamais rien eu, c’était un choc. Me retrouver hospitalisé, branché, ce n’était pas moi. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir mon épouse à mes côtés, elle connaît bien le milieu médical. Mais le plus difficile a été après, dans ma tête : est-ce que j’avais encore envie de continuer à ce niveau, de repartir sur les routes ? Cette épreuve m’a changé : j’ai appris à relativiser, à moins juger les autres. Ça remet les choses à leur place. »
Aujourd’hui, partager son quotidien est devenu presque obligatoire pour un sportif : comment tu abordes cet équilibre entre authenticité et communication ?
« Je ne suis pas dans une stratégie millimétrée. Je fonctionne au feeling. Je ne suis pas du genre à poster ce que je mange, ça ne m’intéresse pas. Mais partager un moment fort, une compétition, un instant de vie avec mes enfants, ça oui. Par exemple, les 24h de Spa, c’est un événement que j’aime partager, car ça fait partie de ma culture belge. Je pense que les réseaux sont utiles quand ils servent le sport, ou quand ils permettent de montrer une vraie authenticité. »
Tu as signé très jeune avec Rolex, qu’est-ce que ça représente pour toi de porter une marque prestigieuse comme cela au poignet ?
« J’ai signé avec Rolex à 18 ans. C’était fou, parce que choisir ma première Rolex, ça avait un peu le goût d’une première voiture : un symbole de passage, une reconnaissance. Cette maison incarne la précision, l’exigence, des valeurs qui collent parfaitement au golf. Plus qu’un sponsor, c’est une famille. Je suis fier de faire partie de cette histoire. »
Et ta vie de famille dans tout ça, justement ?
« Être la femme d’un sportif de haut niveau, ce n’est pas simple. Quand tu rentres après une tournée ratée, tu n’es pas le plus agréable à vivre. Quand tu pars, la vie continue sans toi. Ma femme Rachel a fait du haut niveau en natation et en saut en hauteur, donc elle comprend ce que ça implique. Mes enfants, eux, sont déjà mordus de sport. Le petit, Oliver, adore le golf sans que je l’aie poussé. L’aîné, Jackson, comprend déjà mes absences. Ce que je veux surtout leur transmettre, ce n’est pas le golf à tout prix, mais l’importance de l’effort, du dépassement. »

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Nicolas Colsaerts en bref

Son vrai luxe ? « Acheter quelque chose de beau, de qualité, qui dure et dont on profite vraiment. »

Son refuge ? « Mon fauteuil chez moi… ou une journée en Écosse, à me perdre dans ses vallées. »

Sa journée parfaite hors compétition ? « Me réveiller chez moi, emmener mes fils à l’école, passer du temps avec mon épouse, puis les récupérer l’après-midi et aller au parc. Simple, mais parfait. »

Son autre destin ? « DJ. Depuis toujours, j’ai toujours adoré la musique électronique, elle fait partie de moi. »

Retrouvez notre entretien complet dans Le Dictaphone de So Soir, le podcast signé So Soir. Disponible sur toutes vos plateformes préférées, dont Apple Podcast et Spotify.

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