Victoria Bardiau : comment le sport a changé sa vie (podcast)
Connue sur les réseaux sociaux sous le nom de @milavictoriayoga, Victoria découvre le yoga presque par hasard il y a plus de dix ans. Aujourd’hui professeure, cette passionnée de mouvement puise chaque jour ses ressources dans différentes disciplines. Plus qu’un simple hobby, le sport a agi pour elle comme un véritable déclencheur : une renaissance, un fil rouge dans sa reconstruction personnelle.
ParAnissa Hezzaz,
Découvrez notre entretien complet avec Victoria Mila en podcast audio :
Victoria Mila enchaîne les postures de yoga sur Instagram, partage ses entraînements intensifs, et se montre plus souvent en leggings qu’en tailleur. À première vue, on pourrait croire qu’elle passe sa vie à transpirer. Et on n’aurait pas tout à fait tort : yoga, running, Hyrox, natation, renforcement musculaire… elle s’entraîne plusieurs fois par jour. Mais cette discipline n’a rien de superficiel : elle est le reflet d’un long cheminement. Rencontre avec une femme pour qui bouger est devenu vital.
Comment devient-on accro au sport ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans le yoga ?
En 2015, alors que j’étudiais le graphisme, tout s’est effondré dans ma vie. Je traversais une rupture amoureuse très douloureuse, j’étais complètement déconnectée de mes émotions, de qui j’étais vraiment. On me disait souvent que j’étais “trop parfaite”, “trop lisse”, mais je ne comprenais même pas ce que cela signifiait. Cette confrontation a provoqué un électrochoc.
Un jour, une amie m’a proposé de l’accompagner à un cours de yoga. Sans le savoir, elle m’a tendu la main vers la reconstruction. J’avais toujours été sportive – enfant, je faisais de la danse, du tennis, de l’équitation… – mais le yoga, c’était autre chose. C’était un espace intérieur, un refuge, une forme d’intimité avec soi-même.
C’est à cette époque que tu te rebaptises Mila ?
Oui. C’est cette même amie qui m’a surnommée Mila, un mot inspiré du terme « papillon » dans la langue lakota. Ce symbole de transformation résonnait parfaitement avec ce que je vivais. Inconsciemment, j’ai aussi commencé à transformer mon apparence : moi qui étais très coquette, toujours en robe et talons, je suis passée aux baskets et aux leggings. C’était un changement en profondeur.
Aujourd’hui, tu ne te limites plus au yoga. Tu cours, tu nages, tu fais des triathlons... Comment le sport est-il devenu central dans ta vie ?
Le yoga, qui était mon refuge, est devenu ma vocation : je l’enseigne aujourd’hui. Mais paradoxalement, plus je l’enseignais, plus j’ai ressenti le besoin de trouver un espace rien qu’à moi. C’est comme ça que j’ai commencé le running, puis les triathlons. Au-delà du bien-être, je pense que ces disciplines répondent à un manque de repères dans notre époque. Avant, la religion jouait un rôle communautaire fort. Aujourd’hui, nos rituels se déplacent : le cours de yoga du mardi soir, la sortie running entre amis deviennent nos nouvelles formes de spiritualité. Le running m’a apporté beaucoup : j’y ai rencontré mes meilleurs amis, mon compagnon, mes associés. C’est une vraie famille. J’y retrouve les valeurs qui me portent : l’engagement, le dépassement de soi, l’entraide.
Concrètement, combien d’heures par semaine consacres-tu au sport ?
Je donne cinq heures de cours de yoga par semaine, ce qui est déjà physique en soi. En plus, je cours entre trois et cinq fois par semaine, entre 7 et 15 kilomètres selon les périodes. Je fais aussi une à deux séances de renforcement musculaire, comme du hyrox ou spinning et j’essaie de m’offrir deux séances de yoga pour moi-même. Donc, oui, c’est un rythme assez soutenu.
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans le running ?
Il y a deux ans, je ne savais pas courir. Vraiment. Et je dirais que je commence à peine à apprécier ça. Apprendre à bien courir, ça ne s’improvise pas. Ce n’est pas juste enfiler des baskets et partir. Courir 5 km, ça s’apprend. Et je pense que ça fait un peu plus d’un an que je cours de manière consciente. On me demande souvent pourquoi je continue à me lancer des défis comme un Ironman ou un marathon. En réalité, je n’ai encore jamais couru de marathon, celui de Copenhague sera mon premier. J’ai un objectif en tête, bien sûr, mais mon seul vrai but, c’est de le terminer. Survivre, comme je dis souvent. Le reste, c’est du bonus.
Tu te décris comme une “fausse extravertie”. Est-ce que le sport t’a aidée à mieux t’assumer ?
Mon parcours est fait de ruptures, de reconstructions, mais aussi de vulnérabilités assumées. Toute cette transformation a touché tous les pans de ma vie : la manière dont je mange, dont je vis, dont je suis en lien avec les autres. Le sport m’a aussi permis de retrouver une vie sociale saine. J’ai recommencé à sortir, à créer du lien. Pendant plusieurs années, je ne buvais pas d’alcool, je ne sortais pas, je n’avais jamais fumé… Aujourd’hui, j’ai trouvé un équilibre, sans pour autant renier ces parts de moi.
Une dernière chose que tu aimerais nous confier ?
Je me suis souvent demandé si je devais changer ma bio Instagram. Et puis je me suis dit que, pour être vraiment honnête, je devrais peut-être l’écrire comme ça : « Yogi triathlète qui fume des clopes et boit des Spritz » ! (rires).
Pour en savoir plus sur son parcours, écoutez notre rencontre avec Victoria Mila dans Le Dictaphone de So Soir, désormais disponible sur toutes les plateformes de podcast.
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