
On ne sait pas si c’est nous qui devenons exigeants ou si Waze a vraiment perdu la main, mais depuis quelques mois, on ne se comprend plus. Avant, c’était ce pote magicien qui savait toujours comment contourner les embouteillages ou trouver le petit raccourci improbable. Aujourd’hui, il ressemble plutôt au copain trop confiant qui nous embarque pour « une petite rando » et finit par répéter qu’il ne reste « plus que 5 minutes » après chaque virage.
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Un soir, il nous fait slalomer dans les ruelles d’Uccle pour « gagner 2 minutes ». Résultat, on en a perdu 7. Le lendemain, il annonce fièrement une heure d’arrivée qui finit par gonfler à vue d’œil. Bref, le sixième sens de vieux taximan qu’il avait autrefois s’est transformé en boussole Kinder.
L’effet Waze : quand le plan B devient un bouchon
Pourtant, sur le papier, rien n’a changé : Waze, c’est du participatif. On signale un bouchon, ça réagit, ça recalcule. Génial… jusqu’au moment où la réalité s’en mêle. Un accident, un match, un cortège ministériel et l’appli perd les pédales. Ses prédictions « temps réel » s’effondrent à la première surprise. Et quand tout le monde suit le même plan B, on tombe dans ce qu’on appelle « l’effet Waze » : les raccourcis deviennent des bouchons, les villages se transforment en rocades, et tout le monde finit par klaxonner dans une rue à 30 km/h.
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Bugs, amendes et illusions perdues
À cela s’ajoutent les bugs, évidemment. Fin 2024, l’appli a reconnu un souci technique qui envoyait les gens faire des détours absurdes. Cet été, plusieurs automobilistes ont raconté avoir été « abandonnés » dans les ralentissements. Pour ne rien arranger, côté radars, une étude néerlandaise a révélé que compter trop sur les alertes de Waze diminue notre vigilance… et augmente le nombre d’amendes.
Un outil, pas un oracle
Alors, faut-il désinstaller Waze ? Non. Juste arrêter de le prendre pour ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un oracle, c’est un outil. Et un outil, ça se règle. Certains réflexes changent la donne : qu’il s’agisse de jeter un œil aux itinéraires alternatifs avant de partir, de désactiver « éviter péages » ou « carrefours difficiles », de regarder l’évolution horaire du trafic plutôt que d’espérer un miracle ou encore de garder notre bon vieux flair : si une ruelle sent le traquenard, mieux vaut rester sur l’artère, même si Waze boude.
Bref, Waze n’est pas devenu nul. C’est nous qui l’avions mis sur un piédestal. Il reste pratique, souvent efficace, parfois agaçant. Mais peut-être que la meilleure mise à jour, ce n’est pas celle de l’appli : c’est de rallumer notre bon sens... de l’orientation.
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