
Couloirs feutrés, compartiments exigus et routes interminables. Le train de nuit a longtemps traîné l’image d’un mode de voyage un peu suranné, presque oublié par une Europe devenue accro aux vols courts et aux city-trips express à prix cassés.
Pourtant, en 2026, le train de nuit revient sur le devant de la scène. Moins comme une simple lubie nostalgique ou un fantasme romantique que comme une réponse concrète à l’envie de voyager autrement : plus lentement et plus durablement, sans renoncer à l’évasion pour autant.
Une nouvelle carte publiée par le réseau Back-on-Track recense ainsi l’ensemble des liaisons nocturnes régulières prévues en Europe en 2026. Au menu ? Cinq nouvelles liaisons déjà en service ou annoncées pour cette année.
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Paris-Berlin : le retour d’une liaison emblématique
Parmi les nouveautés les plus attendues, la liaison Paris-Berlin fait figure de symbole. Après l’arrêt du Nightjet exploité par ÖBB et SNCF Voyageurs, European Sleeper a repris la ligne depuis le 26 mars 2026. La compagnie belgo-néerlandaise propose trois allers-retours par semaine.
Une renaissance qui illustre à elle seule le regain d’intérêt pour les trains de nuit en Europe, alors même que plusieurs lignes historiques ont récemment disparu.
Bruxelles-Milan : s’endormir en Belgique, se réveiller en Italie
Autre annonce majeure : la future liaison Bruxelles-Milan, également portée par European Sleeper. La ligne doit relier la Belgique à l’Italie en passant notamment par Cologne, en Allemagne, et par la Suisse.
Sur le papier, difficile de faire plus séduisant : fermer les yeux en Belgique, les rouvrir en Italie. Le genre de promesse qui redonne au train ce que l’avion lui a longtemps volé : le goût du voyage.
L’Europe centrale accélère
La Pologne occupe également une place importante dans cette nouvelle carte européenne des trains de nuit. Plusieurs dessertes internationales sont annoncées, notamment entre la Pologne, Prague et Munich.
Une nouvelle liaison nocturne Prague-Przemyśl, dans l’est de la Pologne, près de la frontière ukrainienne, a également été lancée par les chemins de fer tchèques. Elle dessert notamment Cracovie.
Une coopération entre PKP et Deutsche Bahn prévoit aussi de nouvelles relations entre l’Allemagne et la Pologne, notamment Berlin-Przemyśl, Berlin-Chełm et Munich-Przemyśl.
Autant de lignes qui montrent que l’Europe centrale et orientale devient l’un des principaux moteurs du développement des trains de nuit sur le continent.
Une renaissance encore fragile
Pas que des bonnes nouvelles au programme de cette édition 2026 de la carte Back-on-Track néanmoins .Pas moins de dix lignes ont disparu par rapport à l’édition précédente. Parmi elles, plusieurs liaisons Nightjet très fréquentées, mais aussi la relation Stockholm-Narvik, longue de 1 456 kilomètres et considérée comme l’une des plus longues lignes de nuit d’Europe. Certaines dessertes ont également été raccourcies, comme celle qui reliait auparavant Bratislava à Split et qui part désormais de Vienne.
La carte 2026 est donc contrastée : le train de nuit séduit de plus en plus de voyageurs et continue de gagner du terrain, mais son développement reste encore fragile, faute d’investissements. Bref, entre nouvelles liaisons qui font d’emblée rêver et suppressions de lignes, l’Europe ferroviaire avance, certes, mais à son rythme.
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