Sir Paul Smith : « La vie est trop courte pour ne pas profiter de chaque minute »
À l’occasion de la sortie de la nouvelle Mini customisée par ses soins, le créateur britannique le plus célèbre – et adorable – du monde, nous a reçus dans son QG londonien.
ParMarie Honnay,
PhotoMini.
Londres, un lundi soir de novembre. Nous arrivons à 8 h tapantes au QG de Paul Smith. Le designer britannique est déjà là. Mieux que ça : c’est lui qui se tient, tout sourire, à la place de la réceptionniste derrière le comptoir en bois huilé. « Paul Smith n’est pas là », nous lance-t-il en guise de boutade. « Je suis son frère ; beaucoup plus beau, ça va sans dire ! ». Le ton est donné. Programmée à quelques semaines de Noël, cette rencontre sera chaleureuse et pleine d’humour. Un antidote contre la sinistrose ambiante, mais aussi un regard éclairé et bienveillant sur le monde qui nous entoure.
Qu’est-ce qui vous a le plus séduit dans l’idée de collaborer à nouveau avec MINI, une icône du design britannique au même titre que votre marque ?
L’héritage british est, comme tous les héritages, de plus en plus difficile à cultiver. Aujourd’hui, globalisation oblige, tout se ressemble. Et puis, cette voiture a déjà une identité forte ; une base que vous ne pouvez pas transformer. Comme pour toutes mes autres collaborations (avec Evian, Leica ou encore Pinarello), je fais en sorte de respecter le produit, son héritage, mais d’y ajouter de l’humour et cette touche de fantaisie qui constitue ma marque de fabrique…
… Et dont nous avons tellement besoin !
Pour ce projet, je suis allé à l’essentiel en cherchant avant tout à créer la surprise. J’ai choisi de partir du vert MINI (baptisé Nottingham Green, comme ma ville de naissance) combiné à un blanc qui n’en est pas vraiment un ; plutôt un crème qui évoque les années 60, une décennie qui m’est chère. Le mélange des deux donne un résultat un peu étrange. À l’intérieur, nous avons intégré de petits détails cachés. Lorsque la porte s’ouvre, le conducteur est accueilli par un « Hello » projeté sur le sol. Ma devise : « Every day is a new beginning » est inscrite sur le seuil de la porte. Enfin, le dessin stylisé d’un lapin s’invite sur le tapis de sol. Contrairement à ma première collaboration avec MINI qui s’est écoulée en quelques jours seulement, cette voiture n’est pas proposée en édition limitée. Tout le monde pourra la conduire. Pour moi, cet aspect des choses c’est important.
On retrouve aussi vos rayures iconiques, mais intégrées de manière assez subtile.
Elles apparaissent en effet sur le tableau de bord en version ton sur ton, ainsi qu’au niveau du volant et des appuie-tête. Parfois, il faut casser les codes.
MINI et Paul Smith, la rencontre d’un double héritage british, entre tradition et fantaisie. - MINI