
Dix ans que cela dure. Et ce n’est pas près de s’arrêter, tant le projet ne cesse de grandir, de repousser les frontières de la mode wallonne (liégeoise plus spécifiquement), mais sans se perdre en chemin. En septembre prochain, Justine God fêtera la première décennie d’Imprévu, le label qu’elle a créé à Liège, mue par une passion familiale – une grand-mère couturière et une maman qui l’habillait – pour le beau vêtement et boostée par un bouillonnant esprit entrepreneurial. « Cela faisait un petit temps que je cogitais sur ce projet, alors que j’étais acheteuse dans le textile, ce qui m’avait permis de découvrir les coulisses des marques de ‘moyen de gamme’. Mais j’étais assez frustrée parce que je passais beaucoup de temps à sélectionner les pièces pour les boutiques et c’était un cercle sans fin. Je me sentais un peu noyée dans la masse de produits. »
De ce désagrément naît chez Justine une envie d’aller plus loin : produire moins mais mieux, entièrement en Europe. « C’est commun aujourd’hui de dire qu’une marque de vêtements produit 100 % en Europe mais, à l’époque, il y en avait très peu. J’ai donc commencé à réfléchir à une marque à part entière. J’avais 30 ans, pas d’enfant. J’ai proposé mon idée à mon boss qui a gentiment décliné. Mais comme j’avais vraiment envie de tester mon idée, j’ai démissionné et je me suis lancée seule. » Seule dans son cosy showroom liégeois qui abrite déjà les pièces de la prochaine saison, Justine God l’est aussi le jour où elle nous reçoit. Néanmoins, elle très bien entourée pour gérer la présence de sa marque dans 120 boutiques dans le monde (la majorité en Wallonie et en Flandre), jusqu’à Dubaï et Tokyo.
« Pourquoi moi et pas les autres ? »
De ce début d’aventure pas balisée naît le nom de sa marque Imprévu, « parce que je n’avais rien calculé. J’ai commencé par contacter des ateliers en Italie, pour réaliser quelques premières pièces de vêtements assez simples comme des petites vestes, des ensembles, en petit stock. Mon réflexe a été de directement contacter, en Wallonie, des boutiques multimarques pour vendre ces créations. Ma chance c’était... (...)
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