Depuis plus années, les maisons de mode investissent l’univers du design d’intérieur. Dès 1988, Fendi Casa lançait déjà une ligne d’ameublement, qui transposait l’opulence romaine de la maison dans les intérieurs du monde entier. Au début, elle édite des coussins et accessoires textiles reprenant les fameux dessins géométriques qui font l’identité de la maison., mais très vite, elle étoffe l’offre mobilière jusqu’à faire son entrée au célèbre Salone del Mobile de Milan au début des années 1990. Cette initiative pionnière d’une maison de mode a ainsi installé l’idée qu’une griffe pouvait façonner un intérieur autant qu’une silhouette. Au tournant des années 2000, le phénomène s’est accéléré : on voit notamment Armani Casa décliner l’esthétique de Giorgio Armani dans les intérieurs à coups de lignes pures, matières nobles, atmosphère feutrée.
D’autres maisons ont suivi. On pense à Hermès, qui met en lumière l’excellence artisanale et les matériaux d’exception, du cuir sellier aux bois rares ; à Louis Vuitton et à ses iconiques Objets Nomades, ou encore à Gucci Decor et Versace Home. Dior Maison pour sa part perpétue l’élégance classique de la Maison à travers des objets et meubles réalisés avec des artisans d’exception. Ce glissement du podium au salon traduit une envie de façonner un univers complet. Pour les consommateurs, c’est la possibilité « d’habiter » une marque autant que de la porter. Aperçu des récentes créations de quelques maisons et stylistes…
Les souvenirs de voyages de Kris Van Assche
« ll ne s’agit pas tant de remplacer la mode par le design d’intérieur, mais de permettre à une discipline de compléter l’autre », précise Kris Van Assche, Ancienne figure clé chez Saint Laurent, Dior Homme et Berluti, qui « après un long monologue de mode », se sentait prêt pour le passage à l’acte. C’est ainsi qu’est née avec Serax la collection Joséphine, hommage à sa grand-mère, des vases, des bougies parfumées, puis Rosamar, une interprétation d’un village côtier espagnol où il a passé des vacances, alors qu’il était enfant.

Les envies d’architecture de Carolina Castiglioni
Chez Serax toujours, Carolina Castiglioni signe sa première collection design : les accessoires d’intérieur Silos et une gamme de bougies parfumées, mettant en valeur sa passion pour les formes, matériaux et couleurs uniques. L’héritière de Marni, et créatrice de la marque Plan C, hante les brocantes. « La mode et le design d’intérieur sont interconnectés. Ces deux outils d’expression personnelle cherchent à enrichir le quotidien et à transmettre une identité »… Ses bougeoirs et mini-vases, entre Bauhaus et Memphis, s’inspirent des réservoirs d’eau industriels. Tandis que les contenants cylindriques des bougies parfumées sont dotés de poignées massives et géométriques.

Le raffinement du Japon par Armani Casa
La dernière collection de papier peint Armani Casa, éditée par Jannelli & Volpi, met en scène des éléments graphiques et des matériaux précieux. Exploration de l’Extrême-Orient, le dessin Rebun reprend les lignes verticales du motif iconique en forme de cannetille. La surface est composée d’une micro texture avec un support en raphia, appliqué sur une feuille d’argent, puis imprimé pour créer le motif. L’encre opaque en relief définit le trait fin.

Poésie marine chez Hermès
Algues gorgées d’eau fraîche et coraux aux teintes éclatantes composent le jardin des mers du nouveau service de table « Natures Marines » d’Hermès, inspiré par les planches des botanistes anglais du XIXe siècle et la flore marine du Pays de Galles : 34 pièces orchestrées par Charlotte Macaux Perelman, Alexis Fabry et l’illustratrice Katie Scott. Sans oublier le savoir-faire des peintres sur porcelaine posant 30 teintes vibrantes et un filet d’or.

Etro sous Influence bohème chic
Après sa collection Woodstock, qui se décline aussi dans une version outdoor, la marque Etro Home Interiors continue son exploration textile avec des sièges tapissés et rembourrés. Le fauteuil Opus de la ligne Ornementa réinterprète le capitonnage classique, avec une touche de passementerie, un pompon apportant une note de sophistication, une structure en bois tourné. À noter aussi, le modèle Jumbo, aux influences orientalistes et décor naturaliste.

Les racines méditerranéennes de Roberto Cavalli
Dans l’univers de Roberto Cavalli Home Interiors, un riche mélange de marbres et de pierres naturelles aux tonalités variées, associé à des bois aux teintes chaudes, des tressages géométriques en cuir, des éléments métalliques ponctuant les formes de touches lumineuses, des pièces sculpturales évoquant les reflets de la mer. Dans cet esprit, le fauteuil cocon Eivissa, doté de pieds en bois sculpté, soutient un cocon enveloppant le corps.

La table surréaliste de Dior
La collection Trompe-l’œil de Dior Maison réinterprète un art du XVIIe siècle à travers une ligne d’objets en céramique plus vrais que nature : noix, croissant, asperges ou œufs… « Cette parfaite métaphore du commencement », chère à Jonathan Anderson, choisie pour orner l’invitation de son tout premier défilé Dior, compose un jeu d’illusions. Les assiettes s’associent aussi avec le livre Dracula de Bram Stoker.

Vuitton entre Art déco et expérimentations
Les Objets Nomades de Louis Vuitton sont de vrais défis techniques. La réédition de la coiffeuse, en ébène laqué, de Pierre Legrain, collaborateur de la maison dans les années 1920, rivalise de virtuosité avec le cabinet Kaléidoscope, aux 500 facettes de cuir exotique, issues des stocks existants, et la Jungle box en marqueterie de cuir d’Estudio Campana, la table Aqua en marbre noir incurvé de Franck Genser ou le fauteuil cosmique du studio Raw Edges.

Références au vestiaire masculin pour Gianfranco Ferré
La collection Gianfranco Ferré Home représente l’évolution naturelle de l’édition de l’année dernière tout en évoluant vers une expression plus essentielle et plus élevée. L’innovation se manifeste par de nouvelles finitions et techniques de construction, toujours guidée par une qualité supérieure et un savoir-faire artisanal. Le clin d’œil au monde de la mode s’exprime à travers des détails vestimentaires, comme sur le fauteuil Wallen.

K comme…
Le deuxième chapitre de la Wellen Collection de Karl Lagerfeld Maison élargissant sa collaboration avec le designer Toan Nguyen, s’enrichit de douze pièces inspirées de la forme de la lettre iconique « K » : buffets, consoles, miroirs, tables, étagères et assises, créent un dialogue harmonieux entre lignes essentielles et matériaux sophistiqués. L’acier confère une forte identité esthétique, en phase avec la vision futuriste du célèbre couturier.

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