
On veut toutes des ongles jolis et solides cet hiver. Mais entre tous les avis et recommandations qu’on nous dégaine, il était temps de faire un grand tri. Deux Camilles au rapport : Camille Roussel, manucuriste chez HB Clinic, et Camille Naud, PR & Influence Manager chez Manucurist.
La manucure inversée : la tendance qui intrigue le monde de la beauté
L’ongle ne respire pas
« Un ongle, ça ne respire pas, c’est de la matière morte », annonce Camille Roussel sans détour. Pas de poumons sous vos cuticules, donc. Mais un équilibre à entretenir : avec l’âge et le mode de vie, la texture change, les stries apparaissent, les ongles s’affinent. « Ça tient autant de la génétique que des habitudes. Le zinc, les vitamines, les bases protectrices, tout ça joue un rôle dans la qualité de la kératine. »
Naud, elle, parle d’un phénomène de skinification : On soigne et on maquille en même temps. « Nos vernis-soins contiennent des actifs qu’on retrouve en skincare — AHA, extraits de fruits, huile d’amande douce, parfois collagène. » Des vernis « embellisseurs » donc, qui font briller tout en renforçant.
Gel ou semi permanent ?
« Le gel abîme », tranche Roussel. Non parce qu’il « étouffe » l’ongle, mais parce qu’on lime la plaque pour qu’il tienne. « C’est abrasif, et à la dépose, l’ongle fait peur. » Le semi-permanent, un peu plus doux, reste malgré tout fragilisant : on ponce moins, mais on doit le renouveler plus fréquemment. Naud complète le tableau : « Le vrai problème, c’est la formule et la dépose. L’acétone, la ponceuse mal utilisée… si on enlève trop de kératine, ça repousse, mais c’est long. »
La fameuse « pause » entre deux poses
Deux écoles. « Ça ne sert à rien », affirme Roussel. Puisque l’ongle ne respire pas, autant le protéger avec une base fortifiante plutôt que de le laisser nu vu son mauvais état. Naud nuance quand à elle : « Une pause fait du bien, surtout si on met du soin et qu’on laisse passer un peu de lumière naturelle ». L’ongle aime la lumière naturelle, dix minutes par jour suffisent.
Les cuticules, on coupe ou pas ?
Dossier sensible. « Je coupe parce que le rendu est net sur du gel », assume Roussel, tout en rappelant la règle d’école d’esthétique : on ne coupe pas, car elles protègent la matrice de l’ongle contre les infections et les bactéries. La pro préfère adapter en fonction de chaque profil : « Chez une personne âgée ou une personne diabétique, je ne coupe pas. La priorité, c’est la sécurité. » Si vous coupez chez vous, stop au moindre saignement. Seules les peaux mortes et sèches qui dépassent peuvent être coupées très prudemment avec une pince, sans aller trop près de l’ongle
La polémique des lampes UV
Les vidéos alarmistes sur les lampes « cancérigènes » ont fait trembler plus d’une manucure. Les deux Camilles se rejoignent pour dédramatiser. « On travaille surtout en LED, plus rapide que les anciennes UV », note Roussel. Naud précise : « Le spectre et la puissance n’ont rien à voir avec une cabine de bronzage. On parle de quelques minutes d’exposition par main toutes les deux à trois semaines. Les études disponibles ne montrent pas de risque avec cet usage. » Vous voulez quand même jouer la prudence ? Crème solaire, gants anti-UV, personne ne vous juge, et ça ne change rien au protocole.
À la maison : empowerment ou massacre ?
Roussel a l’anecdote qui pique : « Ma mère a voulu retirer son semi toute seule avec ma ponceuse. Une catastrophe. » Sans formation, la ponceuse, c’est un grand non. En face, Naud défend le DIY sécurisé : kits LED « clean », dépose sans acétone, protocole simple… Idéal pour les femmes pressées et les budgets serrés, tant que l’on accepte que le résultat soit parfois moins « Instagrammable » qu’un salon expert.
Tendances 2025 (et ce qui arrive)
Côté couleurs, la mode reste caféinée : les mocha et coffee nails squattent encore les mains les plus stylées. En automne, reviennent les terracottas, bordeaux, prunes, tandis que le rouge classique marque une pause. La grande tendance ? Le soft/naked : des ongles courts, rosés, ultra-glossy, l’air nu mais travaillé.
À l’opposé, les chromes argentés et paillettes font leur grand retour sur les podiums des Fashion Week. Manucurist, fidèle à son ADN minimaliste, préfère le nail art minimaliste au bling-bling. Leur angle malin : des outils qui rendent le nail art accessible à la maison, du Mani Stamper pour tracer une French en un geste au Mani Anchor pour poser droit. L’ère du trait tremblant est révolu.
Voici comment vous devriez appliquer votre parfum pour le faire tenir toute la journée :
Le grand ménage du vernis
Les nouvelles normes européennes ont secoué le secteur. « J’ai dû jeter des caisses de vernis », confie Roussel. « Mais c’était nécessaire. » Naud confirme : « Les formules clean sont désormais la norme. C’est plus long à développer, mais beaucoup plus sûr. » Une petite révolution silencieuse, mais salutaire : des produits plus sains, moins irritants, et des ongles qui en redemandent
Verdict ?
Pour la team béton, place au gel. On l’aime pour sa tenue record (jusqu’à 4 semaines) et brillance miroir, mais attention au ponçage agressif et à la dépose. À confier à des mains expertes. Pour la team juste-milieu : le semi-permanent. 2 à 3 semaines de brillance, tenue honorable et dégâts limités, à condition de soigner. Pour la team chill, place au vernis classique. Aucun risque, aucun stress. Doux, rapide, parfait pour les esprits volages qui aiment changer de look.
Et plus la team pressée ? Le DIY LED clean. Pour celles qui veulent tout faire, tout de suite, mais sans tout ruiner. Les kits sans acétone et sans ponçage, c’est l’avenir, à condition de suivre les règles. Alors, plutôt team mocha froid ou mini-french nude ?
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