
Chaque début de mois de janvier, la même mécanique se met en marche. Des messages envoyés parfois à la chaîne sans personnalisation, des phrases répétées presque machinalement – « bonne année », « bonne santé », « meilleurs vœux » –, des animations fabriquées par l’intelligence artificielle en guise de cartes de vœux, et ce sentiment que le rituel de la bonne année est à la fois incontournable et un peu désuet. Mais alors, à quoi ça sert d’encore se souhaiter la bonne année ?
Accorder une petite attention à l’autre
Il y a tout d’abord l’envie de respecter une forme de bienséance. Souhaiter la bonne année, c’est reconnaître l’autre, lui accorder quelques secondes d’attention et lui prouver que l’on pense à lui dès les premiers instants de cette nouvelle année. Dans une société où les échanges se fragmentent et s’accélèrent, ce geste simple agit comme un code social rassurant et apaisant. On ne se souhaite pas nécessairement une année extraordinaire, mais on affirme, en creux, que l’autre compte suffisamment pour être salué.
Il y a aussi derrière ces vœux parfois convenus une dose de gentillesse, une qualité encore trop sous estimée aujourd’hui. Dire « bonne année », c’est formuler un souhait positif sans attendre un retour. Une manière douce d’envoyer un message bienveillant. Un acte plus que bienvenu dans un monde incertain et anxiogène.
Le spectre de la superstition
Et puis il y a la superstition qui n’est jamais très loin. Beaucoup continuent à croire, consciemment ou non, que les premiers jours de l’année donnent le ton de ceux qui suivront. On soigne ses mots, on évite les conflits, on veut commencer en étant doux avec les autres (et soi-même aussi). Pour certains individus, ne pas souhaiter les meilleurs vœux, ou la recevoir froidement, risquerait d’attirer la malchance. Ce réflexe, hérité de traditions anciennes, traduit un besoin de se rassurer face à l’inconnu qu’incarne toute nouvelle année.
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Fêter la bonne année marque aussi une frontière symbolique dans le temps. Le passage d’une année à l’autre offre un rare moment collectif de pause et de projection. Même si rien ne change radicalement le 1er janvier, le rituel permet de refermer un chapitre, de tirer un trait sur ce qui précède pour mieux aller de l’avant. Il donne l’occasion de repartir avec de nouvelles intentions, ou au moins de le prétendre.
Continuer à se souhaiter le meilleur peut sembler naïf, gentillet, mais c’est cette naïveté qui fait sa force et sa tendresse. On apprécie recevoir une notification sur notre téléphone mentionnant « bonne année », sans forcément un pavé de 10 lignes. Souhaiter la bonne année ne changera pas le cours du monde, nous n’avons aucun contrôle sur cela. Mais ce petit geste entretient quelque chose de précieux : un lien et une attention portée à l’autre. Et ça fait du bien.
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