
Ce jeudi 13 novembre est consacrée à la journée internationale de la gentillesse. L’occasion d’être doux, bienveillant, courtois envers les autres et soi-même. La gentillesse est une qualité, mais une qualité sous-estimée, voir moquée. Pour certaines personnes, un individu gentil est un peu niais, bonne poire, sans caractère. Une personne lisse qui passerait presque inaperçue. Mais la gentillesse se révèle bien plus précieuse et essentielle qu’il n’y paraît.
Dans une interview accordée au Soir en avril 2023, le comédien François Damiens déclarait : « La gentillesse est la plus belle des qualités. Cela demande un vrai effort ». Mais pourquoi n’est-elle pas considérée à sa juste valeur ? En 2025, la société valorise la performance, la réussite, mais aussi l’affirmation de soi. La gentillesse peut alors paraître en décalage. Pour faire écho aux propos de François Damiens, la gentillesse demande en effet un réel effort intérieur. Être gentil, ce n’est pas dire oui à tout. C’est choisir de ne pas céder à l’agressivité, à la rancune ou à l’indifférence. Il faut aussi savoir faire preuve d’empathie même quand la situation ne s’y prête pas. La gentillesse relève de la maîtrise de soi, une sorte courage tranquille qui ne cherche pas à briller mais à apaiser.
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Trop fake ou trop niais : les stéréotypes de la gentillesse
Un service rendu sans rien attendre en retour, un petit mot attentionné, un simple sourire, la gentillesse se traduit de 1001 manières, tout en douceur et tout en discrétion. Des petites attentions aux grands effets. Elles permettent de créer du lien, d’établir une relation de confiance, de savoir qu’on peut compter l’un sur l’autre. La gentillesse soude les individus sans qu’on le remarque.
Les stéréotypes autour de la gentillesse sont pourtant toujours tenaces. Être gentil, c’est être faible. Une personne gentille ne sait pas s’imposer, mais peut être ferme sans être dure et autoritaire, comme elle peut être bienveillante sans tomber dans la complaisance. La vraie gentillesse repose sur une solide estime de soi : elle vient de ceux qui n’ont pas besoin d’écraser les autres pour exister. Un autre préjugé à la dent dure : une personne trop gentille ne serait pas sincère et cacherait un vice. Trop de gentillesse tuerait la gentillesse.
Être gentil rend heureux
Le regard sur la gentillesse est cependant en train de changer notamment grâce au développement d’une psychologie plus positive et bienveillante où l’on essaie de comprendre et de se mettre à la place de l’autre sans jugement. La science l’a également démontrée : être gentil nous rend plus heureux.
Dans une étude menée en 2023, des scientifiques ont divisé au hasard différentes personnes souffrant de dépression légère, d’anxiété ou de stress en trois groupes distincts. L’un de ces groupes a accompli trois actes de gentillesse par semaine pendant cinq semaines. Un autre groupe a été invité à être plus sociable et le dernier groupe a suivi une forme écrite de thérapie cognitivo-comportementale. Résultat : les scientifiques ont constaté que les actes de gentillesse avaient le plus grand effet sur l’humeur et réduisaient l’anxiété et la dépression.
Le psychiatre et le psychothérapeute Christophe André répondait en avril dernier à une question d’une petite fille de 10 ans. Dans le cadre de la chronique Les Petits Bateaux sur France Inter, elle lui demandait « à quoi cela sert d’être gentil ? ». Il expliquait : « On a tendance à admirer les gens brillants, les premiers de la classe, les plus forts dans tel ou tel domaine, qui font des choses qu’on remarque, et pas assez ceux qui sont juste tranquillement gentils, qui font du bien aux autres ». Il ajoutait : « L’idéal, c’est d’être gentil, mais si on me marche sur les pieds, je dis : ‘Stop, je suis gentil, mais je ne suis pas idiot, je ne veux pas que tu abuses de ma gentillesse. Plus je vais aider les autres, plus je vais faire des trucs sympas pour les autres, mieux je vais me sentir. Alors que quand on dit ou qu’on fait des petites vacheries, on se sent moins bien que quand on a été sympa ». Des paroles à se rappeler à l’occasion de la journée internationale de la gentillesse. Et tous les autres jours de l’année.
En vidéo, découvrez notre rencontre avec Clémentine Galey, la créatrice du podcast Bliss Stories, qui nous parle de sororité :
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