10 janvier 2016, deux jours après la sortie de son dernier album, « Blackstar », une étoile du rock s’éteignait. David Bowie nous quittait à 69 ans, laissant derrière lui un héritage immense. Musical avant tout, cinématographique également, mais aussi esthétique. Car, plus qu’un musicien accompli, David Bowie était un artiste complet, qui a, à son époque, bousculé les codes, tissé des liens étroits entre les disciplines, entre la mode et la musique en particulier, abordant le look comme une partie indissociable de son identité. À travers ses métamorphoses, il a fait du vêtement un langage en soi, capable de raconter une histoire, une époque, de questionner les normes, d’ouvrir des portes… Il y a eu un avant, un pendant et un après Bowie !
Ziggy Stardust et Aladdin Sane, les 70’s flamboyantes
David Robert Jones aka David Bowie se fait un nom avec un premier tube « Space Oddity », où déjà, il incarne un personnage, Major Tom, qui reviendra de manière récurrente. Mais c’est surtout en 1972 qu’il affirme sa volonté de faire exploser les frontières entre les arts. Chevelure rouge vif, combinaisons moulantes, textures colorées et brillantes… David Bowie se mue en Ziggy Stardust, un ego excentrique, une rock star androgyne tout droit sortie d’une soucoupe volante. En lien logique avec l’album : The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars. Les premiers costumes, inspirés de l’univers du théâtre japonais, sont alors signés Kansai Yamamoto, puis ceux dessinés par Freddie Burretti, vont participer à faire de Bowie/Stardust la figure de proue du mouvement glam rock. À ce jour, les tenues portées par Bowie à cette époque restent parmi les plus emblématiques.
En 1973, David Bowie « tue » pourtant Ziggy Stardust sur scène. Une façon cohérente de clore un chapitre et d’en ouvrir un autre, avec Aladdin Sane et l’album du même nom. Les tenues sont plus graphiques, jouent avec les couleurs, les lignes. Mais le symbole fort de cette période, sans cesse revisité depuis, restera l’éclair bicolore peint sur son visage. Un visuel qui a assurément marqué la culture Pop !
Seconde moitié des 70’s : controverses et dépouillement
Autre projet, autre métamorphose. Pour « Station to Station » en 1976, David Bowie incarne cette fois « The Thin White Duke », rompant avec l’extravagance glam pour adopter un look épuré : costumes bien coupés, chemises immaculées, chevelure platine gominée… Un look qui rappellera le personnage d’extraterrestre qu’il joue la même année dans « The Man who Fell to Earth », élégant et froid. Un personnage controversé, car manquant d’empathie et aux propos critiques, mais stylé, dont la silhouette influencera le tailoring masculin. Hedi Slimane (qui habillera David Bowie au début des années 2000), entre autres, avouera avoir été influencé par sa sobriété et son élégance froide dans son approche du costume pour Saint Laurent.
Suivra une période berlinoise plus dépouillée. Avec un look est plus neutre, presque austère, en phase avec son travail de musicien, tourné vers plus d’expérimentation. C’est à cette époque qu’il crée des pièces maîtresses comme « Heroes » ou « Low ».
Les années 80 seront des plus fastes pour l’artiste, qui signe quelques-uns de ses plus grands tubes : « Ashes to Ashes » ou « Under pressure » en duo avec Freddie Mercury. Côté look, l’artiste continue à se mettre en scène, avec plus de retenue, mais toujours en cohérence avec sa musique, adoptant tantôt le costume XXL, les tenues néoromantiques, tantôt plus brutes voire expérimentales.
Avec encore et toujours des collaborations avec de jeunes créateurs, comme en 1997, un certain Alexander Mc Queen. Pour lui, David Bowie adopte à nouveau la teinture de Ziggy Stardust et enfile une veste « Union Jack » pour accompagner l’album « Earthling ».
À noter qu’en 1992, son smoking de mariage (avec le top model Iman) était signé Thierry Mugler.
Les années 2000 et le sacre de l’élégance
David Bowie produira peu d’albums au cours du XXIe siècle. Côté look, l’homme s’est assagi, mais reste une icône. Sa sobriété, son élégance, ses costumes bien coupés et raffinés lui valent d’être élu « Homme le mieux habillé de l’histoire britannique » en 2013 par un panel d’historiens et d’experts de la mode dans le « BBC History Magazine ».
S’il se fait plus rare, son influence est, elle, par contre bien palpable. Chez les créateurs, on pointe Jean Paul Gaultier qui, en 2011, pour sa collection de prêt-à-porter printemps-été, coiffe et maquille ses mannequins façon Ziggy Stardust. Et en 2013, il propose une combinaison asymétrique et bariolée rappelant Aladdin Sane.
Et les Belges ne sont pas en reste : en 2011, Dries Van Noten s’inspirera du Thin Whiste Duke pour une collection de costumes aux coupes larges et sombres, laissant apparaître des chemises blanches. Quant à Walter Van Beirendonck, grand admirateur de l’artiste, sa collection été 2016 « Electric eye-themed » était inspirée de la chanson « Moonage Daydream ».
Les héritiers
Coté mode, l’influence de David Bowie reste immense. On la retrouve chez de nombreux créateurs (comme Céline et Balanciaga, entre autres), mais également chez de nombreux musiciens, chanteurs, chanteuses. Parmi les plus célèbres, Lady Gaga, Janelle Monae, Harry Styles, Benson Boone... revendiquent cette même liberté de porter ce que l’on veut, de bousculer les normes de genre, d’oser l’extravagance. En somme, d’être libres !
Lucky Love : un autre artiste qui marie mode et musique
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